L'Université de Corse : les années 60 et 70

La génération d’étudiants des années 60 insuffle un courant de pensée nouveau. Réunis au début des années 60 dans l’association l’Union corse, ces jeunes se rassemblent pour partager des moments d’entraide et de festivité. Cependant, rapidement, ses membres ne craignent pas de s’engager dans le débat politique par le biais de leur organe de presse : la revue l’Union Corse.

En janvier 1961 à Paris, est créée l’Association des Etudiants corses, présidée par Dominique Alfonsi. En juillet 1962 à Vivariu, cette association se mue en l’UNEC, Union Nationale des Etudiants Corses. Elle sera présidée jusqu’en 1965 par Dominique Alfonsi. Si cette dernière a une vocation festive comme toute association étudiante, elle s’engage très rapidement dans des problématiques plus politiques. Ainsi dès 1962, Dominique Alfonsi fait dresser un premier dossier pour l’ouverture d’une université en Corse.

L’UNEC soutient diverses manifestations, grèves ou marches. En 1965, lors de la fermeture de la mine de Canari, les étudiants dépêchent une délégation. Le football devient un moyen de communication de cet esprit de revendication. Ce souffle revendicatif aboutit en 1966 à Corte, à la fusion entre des diverses associations dont l’UNEC , à la naissance du Front Régional Corse, qui se scindera et donnera naissance a l’ARC.

Dès 1968, les étudiants corses de Nice « enterrent la défunte UNEC » et lancent des mouvements revendicatifs plus politisés. Dans ce contexte, le discours des étudiants corses se radicalise.

Dans les années 70, le bouillonnement culturel conduit au « Riacquistu ». L’histoire, la culture et la langue sont au coeur des préoccupations des fameuses « universités d’été » qui ne sauraient cependant remplacer une université en Corse. Celleci est désormais une revendication de tous les instants.

Rédigé en langue corse, ce panneau retrace l'histoire de la Cunsulta di i Studienti Corsi (CSC), née à Nice en 1974 : ses mouvements, ses champs d'actions etc.

Dans les années 1970, les revendications pour la réouverture de l’Université de Corse se font de plus en plus fortes, portées par la Cunsulta di i Studienti Corsi

En 1973 est mis en place un « groupe de réflexion et d’action pour l’université de Corse (GRAPUC). Quelques jours après, le gouvernement annonce en Corse la création d’un établissement autonome d’enseignement supérieur. En 1974, Pierre Messmer, Premier Ministre, confirme la mise en place d’un premier cycle. Pourtant rien ne bouge...

En octobre 1974, la SOFRES réalise un sondage d’opinion : 92 % des Corses veulent une université, 48 % souhaitent qu’elle soit implantée à Corte. Malgré les hésitations et le manque d’enthousiasme des élus, le conseil régional décide à une faible majorité qu’elle sera implantée à Corte. En 1975, Pascal Arrighi devient le premier président ade l’Université de Corse. Pourtant, l’ouverture reste émaillée d’obstacles...

 

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