L'Université : les années 90

La Corse dans les années 90 est en crise. La scission des mouvements nationalistes a conduit à de nombreux affrontements qui ont des répercussions sur l’Université. La scission en deux syndicats en 1992 (GP  CSC) était l’un des prémices de ces tensions. Un nouveau syndicat se crée aussi à cette période (Università Viva). Pendant ce temps, le contexte est lourd entre les diverses organisations étudiantes. En 1992 est élu comme Président de l’université François Bernardini contre JeanYves Coppolani dans un contexte lourd tandis qu’un incendie la veille à touché une salle de cours. En 1998, le meurtre de Christophe Garelli, militant ANC, Ghjuventù Paolina illustre ce climat d’affrontements fratricides.

L’année 94 est marquée par une série de manifestations et de violences. Deux professeurs sont victimes d’attentats. La communauté universitaire choquée se met en grève. Les tensions sont vives aussi à l’IUFM entre autres par rapport à l’attribution des bourses. Des manifestations violentes ont lieu. Face à ces difficultés, le Président Bernardini préconise l’élaboration d’une charte d’éthique. Celuici sera aussi victime d’un attentat.

Les années 90 marquent l’ouverture de l’Université sur l’espace Méditerranéen . Celleci s’étend et double ses locaux. Enfin, dernière innovation, la Collectivité Territoriale s’implique dans un partenariat avec l’Université.

Ce panneau présente un ensemble de documents illustrant le développement de l'université de Corse dans les années 1990.

A partir de 1991, le but de l’Université est d’effectuer sa mutation et de s’inscrire comme un organe de formation scientifique avec notamment le Centre de Recherches Corses Incontournable et le CRITT pour les Sciences. A cette époque, l’adéquation des enseignements aux besoins locaux est une priorité. Un conseil de perfectionnement en adéquation avec les décideurs insulaires est mis en place pour décider de la carte des formations.

En juin et mai 1988 le Nouvel Observateur publie deux numéros sur le « Palmarès des Universités », tout le monde est stupéfait. L’Université tant décriée, souséquipée, se classe honorablement dans les 5 disciplines enseignées à Corti (Droit, Sciences Eco, LEA, Sciences A et Sciences B). Le plus petit centre universitaire français entre alors dans l’âge adulte.

Au milieu des années 90, les revendications autour de la Langue et des locaux deviennent récurrents. Des grandes manifestations en faveur de celleci sont organisés. Pourtant, l’université est entrée selon le mot du Président Bernardini dans une phase de consolidation. De nouvelles filières et de nouveaux départements ouvrent (IUT). La recherche se structure. L’Université fait ses preuves. Sous la houlette de JeanYves Coppolani, l’équipe cortenaise de Droit se classe 3ème au concours des Droits de l’Homme. Des locaux nouveaux sont édifiés. Et enfin, une grande réflexion est engagée sur l’enseignement de la langue corse.