L'Université : les années 80

En 1978, le chantier du premier et unique campus est amorcé, tandis que les premiers enseignements en capacité de droit commencent à être dispensés. Le projet manque d’ambition et déjà les locaux semblent exigus...

S’inscrire ou enseigner à l’Université de Corse, constitue véritablement un acte militant lors de cette tant attendue année 1981. 700 étudiants étudient désormais dans les locaux fraichement construits. Au mois de novembre, le Professeur Jacques Brighelli est nommé administrateur provisoire de l’Université de Corse par Pierre Mauroy, alors Premier Ministre.

Le 26 octobre 1981 sous la pluie, l’Université de Corse ouvre de nouveau ses portes encore pour quelques jours sous la présidence de Pascal Arrighi.

Depuis 1983, l’Université de Corse compte quatre DEUG dont le DEUG de Corse, un DUT de Gestion, des licences de Droit, LEA, Lettres modernes, une maîtrise de Sciences et Techniques et enfin le DEA d’Etudes corses. En 1986, le Ministère octroie de nouvelles filières. En 1987, JacquesHenri Balbi est élu Président. Une nouvelle ère de recherche s’ouvre. L’Université s’affirme comme un outil de recherche indispensable.

Dès 1982, l’Université rentre dans une phase revendicative liée à l’exigüité des locaux, au manque d’enseignants. Pendant ce temps Jacques Brighelli est élu Président. Pourtant, le contexte reste tendu et l’université reste sur la sellette. L’année 1983 se clôture par la venue de François Mitterrand et de Gaston Deferre venus constater l’édification de la jeune université.

1986. En France, d’imposantes manifestations d’étudiants et de lycéens contestent le projet de loi du ministre Alain Devaquet. La droite, de retour au gouvernement a pour ambition de réformer en profondeur l’enseignement supérieur en instaurant l’autonomie financière et pédagogique des universités. Rejetant une mise en concurrence des universités entre elles au profit des grands établissements, une privatisation de l’enseignement supérieur et de la recherche et une sélection des étudiants à l’entrée de l’université, la mobilisation étudiante aura raison du projet de loi. En Corse également, les étudiants de la CSC s’opposent à cette réforme. Ils dénoncent par ailleurs le refus d’habilitation de la Maîtrise et du DEA d’Etudes Corses par le ministre et le gel par l’Assemblée de Corse des crédits alloués à l’Université : l’Université est en grève, le Rectorat occupé…

Dans la première moitité des années 1980, les étudiants pionniers de l'université de Corse se mobilisent pour réclamer de nouveaux logements, l'ouverture de plusieurs filières, la création d'un diplôme d'études corses et un statut particulier.

En 1988, le Ministre de l’Education nationale, Lionel Jospin, se rend à l’Université de Corse. Il tente de répondre aux difficultés d’une filière Langue corse au pied du mur : sans moyen, sans habilitation de son DEA et surtout sans CAPES. C’est la deuxième fois que celleci reçoit un ministre (Alain Savary était venu en 1981). Il annonce la mise en place d’un CAPES de langue corse. Il note les progrès qu’a accomplis l’Université depuis 10 ans et encourage son expansion, le nombre d’étudiants s’est multiplié par 10, on compte 130 enseignants, une soixantaine d’administratifs, des nouveaux bâtiments et des cycles supplémentaires d’enseignement, notamment le troisième cycle. La décennie se clôt avec l’arrivée sur le marché de cadres formés à l’Université de Corse. Le rapport Arrighi de Casanova rend son verdict en faveur d’un nouveau contrat plan Etat / Région.