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Les voies de communications et les transports en Corse 

A travers les manuels scolaires, on constate une approche à deux niveaux afin de traiter de la question des voies de communication et en corollaire des transports. Le caractère insulaire de la Corse influe directement sur l’analyse des différents auteurs. Premièrement la problématique des liaisons maritimes avec la « Terre Ferme » est une préoccupation relativement constante.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, certains auteurs français mettent en avant les progrès réalisés grâce à l’action de la puissance publique française en matière d’améliorations des infrastructures portuaires, des liaisons maritimes…Par exemple Blanchart écrit dans son manuel de géographie pour la classe de première sur la France édité chez Belin : « Quoique insulaire la Corse a peu d’activité maritime. Cependant, l’occupation française en développant les relations avec l’extérieur a favorisé les villes littorales Bastia, Ajaccio. » En 1880, l’abbé Drioux dans son manuel pour les classes de quatrième, Nouveau cours de géographie, Géographie physique et politique de la France édité chez Belin aussi soulignait la qualité des ports principaux de l’île Bastia et Ajaccio et d’un point de vue géographique rattachait la Corse à la frontière méditerranéenne de la France (page 33).

La cartographie économique de l’île

En revanche, la cartographie à la fin du XIXe siècle  et au début du XXe siècle des manuels scolaires traitant de la Corse parmi les autres départements français omet très souvent encore de situer la Corse dans le bassin méditerranéen en ne faisant référence qu’au seul hexagone.

Photos des cartes pages 8, 11, 29, 32 du livre Cours de Géographie, La France et ses colonies d’Elicio Colin et Antonin Fraysse, Armand Colin, 1925

Ou bien lorsqu’elle est présente, elle est souvent mal située par exemple dans le manuel La France et ses colonies d’Elicio Colin et Antonin Fraysse édité chez Colin en 1925, on a la carte de la France sans la Corse, elle est absente des cartes thématiques sur l’agriculture française sur l’industrie française. Par contre on retrouve la carte de la Corse concernant la carte globale sur les transports en France. Par ailleurs le positionnement de la Corse sur les rares cartes ne correspond pas à la réalité géographique ce qui est un inconvénient pour les représentations des publics auxquels sont destinés ces ouvrages. Par exemple la Corse est située à proximité immédiate du département du Var. Ces manuels sont les outils de diffusion de l’iconographie nationale. 

Curieusement les deux auteurs corses principaux ne s’attardent pas sur le caractère maritime de la Corse et ne traitent pas de l’enjeu des liaisons maritimes avec le continent français, véritable cordon ombilical pour les échanges économiques de la population insulaire.

Ce n’est pas une priorité dans leur analyse ( D-M Mancini dans sa Géographie physique, politique, historique et économique de la Corse imprimée chez Ollagnier à Bastia en 1883 et Chiappini dans sa Géographie de la France : La Corse édité chez Guérin en 1892).

En revanche  l’accent est mis sur les transports intérieurs en faisant la part belle à l’innovation majeure en ce dernier quart du XIXe siècle dans l’île, la réalisation du chemin de fer, Mancini insiste sur le caractère nouveau de cette mise en chantier et Chiappini donne des précisions sur le projet et sur l’avancement des travaux.

 Il est à noter que l’évocation des transports ferroviaires est une constante dans tous les manuels scolaires en France et en Europe en raison des bouleversements économiques, sociaux et culturels liés au développement de ce mode de transport synonyme de révolution industrielle.

Etude des ressources économiques de l’île > La place de l'industrie corse  dans les manuels scolaires