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Présentation  du corpus

Les manuels de géographie de la France

Sur la période 1833-1938, les éditions de manuels scolaires se développent parallèlement aux progrès de l’instruction et à ceux de l’imprimerie.

Dans notre corpus, les ouvrages les plus anciens remontent au début de la monarchie de Juillet, régime qui introduit une importante réforme de l’école avec la loi Guizot.  En effet, selon J.Y Mollier, il n’existe pas de marché du livre élémentaire avant 1833 [1]. Souvent anonymes ou signés uniquement par des initiales, sans illustration ni cartographie, ces premiers manuels paraissent d’un abord assez austère. Classés par grandes régions, les données géographiques présentées aux scolaires, si elles peuvent paraître assez modestes, sont pourtant loin d’être exemptes d’intérêt.

Sous le Second Empire, quelques progrès sont notables. Les manuels sont signés et leurs auteurs revendiquent leurs liens avec la sphère scolaire, qu’ils soient professeurs, proviseurs ou membres de l’inspection académique. Les ecclésiastiques sont encore nombreux parmi les auteurs de manuels et leurs ouvrages ne sont pas utilisés que dans les établissements privés. C’est le cas de l’abbé Claude Drioux chez Belin à partir de 1844[2]. Mais, selon Claval, la géographie ne joue toujours qu’un rôle restreint à l’école primaire, le souci essentiel demeurant d’apprendre à lire et à compter [3].

C’est évidemment la IIIème République avec la nouvelle législation scolaire et la libéralisation du monde du livre qui signe l’apogée de l’édition des manuels scolaires. Ces nouveaux livres scolaires sont alors officiellement estampillés manuels et suivent les programmes officiels. Ce développement est aussi le résultat de l’intérêt croissant que les Français portent à leur région[4] et prend sa place dans l’apprentissage de l’amour de la patrie à l’époque de la Revanche.

Sur la forme, la cartographie est plus présente et devient même la norme au début du XXe siècle. Les illustrations gagnent aussi en importance.

La longueur des présentations de la Corse varie selon les auteurs de manuels. D’une manière générale, les contenus se développent et l’on voit apparaître des paragraphes  décrivant les mœurs et les coutumes des populations.  La production de manuels s’accélère au début du XXe s et les nouveaux programmes de 1902 entraînent un effort de modernisation sensible[5].

Dans l’entre-deux guerres, par contre, la géographie connaît un temps de pause. Le nombre de publications diminue, le marché devenant moins attractif.

 


Les auteurs de manuels sont souvent de grands noms de l’histoire ou de la géographie 


 

Couverture Duruy

 

Agrégé d’histoire, ministre de l’instruction publique sous le Second Empire, de 1863à 1869, il invite les professeurs « à s’inspirer pour leur enseignement, de ce patriotisme éclairé qui met l’honneur et l’intérêt du pays au-dessus de toutes les questions »[6]. Il rend l’enseignement de l’histoire obligatoire à l’école primaire en 1867.

Normalien, agrégé en 1854, il devient professeur de lycée avant d’entrer au collège de France en 1868. En 1871, il dresse avec Auguste Himly un tableau de l’enseignement de l’histoire et de la géographie. Ce projet aboutit en 1890 aux Instructions officiels qui donnent à la géographie l’ambition d’apprendre aux élèves la partie visible et de l’associer au récit historique afin de donner cops à l’âme française.[7]

Joanne

Journaliste, à la suite de voyages, il entreprend la publication des Guides Joanne chez Hachette, contenant des renseignements historiques et géographiques.

 Jules Michelet (1798-1874)

Sous la monarchie de Juillet soucieuse de s’engager dans le financement public de la recherche, il obtient la direction de la Section historique des Archives.

Docteur en lettres, il est l’auteur de plusieurs manuels historiques : un Tableau chronologique de l'histoire moderne (1825), un Précis de l'histoire moderne (1828), qui devait être suivi d'un Précis d'histoire de France (1833). Partisan d’une philosophie de l’histoire, il démontre dans un style romantique, le processus d’unification au cours duquel la France se constitue, acquiert sa personnalité.

Présentation  du corpus > Les manuels dédiés à la Corse


 

[1] Mollier, (Jean-Yves), Louis Hachette, Fayard, 1999, p. 125

[2]Garcia, Leduc, L’enseignement de l’histoire en France de l’ancien régime à nos jours, p 80

[3]Claval, (Paul), Histoire de la géographie française, Nathan université, 1999, p. 45

[4]Claval, idem,  p 54

[5]Claval, idem, p 63

[6]GARCIA, LEDUC L’enseignement de l’histoire en France de l’ancien régime à nos jours, Armand Colin, 2003, p 53

[7]DELACROIX,DOSSE,GARCIA, Les courants historiques en France, 19e-20esiècle, Armand Colin, 1999, p 84-85.