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La place de l'industrie corse  dans les manuels scolaires

Victor Duruy, dans son cahier de géographie historique à l’usage des collègues en 1840, écrit à la page 103 : « si une population plus industrieuse habitait cette île, elle deviendrait la plus belle possession de la France car elle renferme tous les genres de richesses, minérales, agricoles, et tous les moyens d’arriver à une grande prospérité ».

Le bilan général sur l’industrie renvoie directement aux analyses faites par les géographes français du XIXe siècle.

En 1883, D.M. Mancini indique dans son manuel : Géographie physique, politique, historique et économique de la Corse, page 88 : « l’industrie et le commerce ont fait en Corse plus de progrès que l’agriculture ; on trouve presque partout des artisans et des négociants ».

L’auteur insiste sur la présence dans l’île de conserveries, de pâtisseries, de salaisons, d’armureries (on fabrique de très bons pistolets à Cervioni et à Pietralba) ; il mentionne trois imprimeries à Bastia, deux à Ajaccio et une à Corté ; les industries métallurgiques sont citées à Toga, Folelli et Stazzona ; les draperies ne sont pas oubliées ; l’implantation des fabriques de pâtes est précisée : Volpajola, Sartène, Olmeto, Bastia… ; il parle également des minoteries.

Photographie issue de la Bibliothèque Municipale d'Ajaccio

Enfin, D.M. Mancini met en lumière la prééminence des importations sur les exportations : 33 millions de francs contre 14 millions.

Quelques années plus tard, Chiappini analyse la situation industrielle différemment : « l’industrie manufacturière est à peine naissante ».

En revanche, il met l’accent sur les productions traditionnelles issues de l’agriculture : « partout, on fait des huiles, des vins, des fromages ; dans bien des endroits, on voit des poteries, des tuileries ».

Il met en exergue le rôle central de la place de Bastia en matière économique : « des tanneries, des fabriques de bouchons, des confiseries de cédrats fonctionnent à Bastia ».

Enfin, il fait allusion aux transformations du bois : « quelques rares scieries débitent nos bois », mais aussi aux richesses minières de l’île susceptibles de connaître des fins industrielles.

Cependant, Chiappini comme la plupart des auteurs de manuels ne met pas en relation les constations faites sur le potentiel de l’île avec les contraintes inhérentes à l’insularité. Par ailleurs tous s’accordent sur le caractère précaire des tentatives industrielles en Corse, ce qui ne traduit pas exactement la réalité du dynamisme entrepreneurial industriel dans la deuxième moitié du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle.

Globalement on peut également constater l’absence de la Corse dans la cartographie consacrée aux activités industrielles françaises.  Dans la majorité des ouvrages traitant de l’espace corse la thématique industrielle dans l’île est quasi absente ou du moins négligeable ce qui traduit au-delà d’une réalité perçue une grille d’analyse pour ce thème non transposable à des espaces marginaux.

Photo des cartes industrielles et agricoles chez Poncin, 1907.

 

 Etude des ressources économiques de l’île > La perception des corses