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Éloge funèbre de M. Antoine Conti

Titre

Éloge funèbre de M. Antoine Conti

Alternative Title

ancien receveur général des finances

Sujet

hommage, Ajaccio, discours, funérailles, magistrature, agriculture, industrie, économie, Napoléon, Bonaparte, chemin de fer,

Description

Cet ouvrage comporte après une introduction de Louis Nyer, l'oraison funèbre prononcé par Corteggiani rendant un dernier hommage à Antoine Conti, magistrat, président de la société d'agriculture,
conseiller municipal de la ville d'Ajaccio. il met en avant ses différentes fonctions administratives, sa fidélité aux Bonaparte et ses actions dans le domaine économique.

Table Of Contents

Ajaccio, 30 mars 1864 de Louis Nyer
Discours de M. le procureur général Corteggiani

Créateur

Corteggiani
Nyer, Louis, avocat

Éditeur

Imprimerie de Paul Dupont, Paris

Date

1864

Contributeur

M3C

Droits

Domaine public

Format

application/pdf

Extent

text/pdf 1540 ko

Langue

français

Type

text

Identifiant

Identifiant sudoc : http://www.sudoc.fr/092246249

Couverture

Corse

Spatial Coverage

Bibliothèque de l'Université de Corse, fonds ancien

Temporal Coverage

19° siècle

Texte

r 80

L

\:'iCiD

RECE \"'El"R GÉ:\.ER.~ L DES FI~ \~E~

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DII'RDIE R I E DE P .\ t: L
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ÉLOGE FUNÈBRE

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1.11 1' 1\ 1.11 Ell IE

DE
186i

l' A l L IJlI'O :'\1'

.\j:'lct"io). le- 30 mars l&i.i.

Le 28 du courant, toutes les classes de la. population ajaccienne
rendaient les derniers devoirs à

)1.

Antoine- Gr~oire

Co~TI ,

cheva-

lier de la Légion d'honneur, ancien magistrat , ancien rece'·e u~ général de ce département, ancien président de la
i été d'agriculture,
sciences et arts, et ancien membre du Conseil municipal de la ville
d'Ajaccio. Les coins du poële étaient tenus par àl. le général vicomte
Tiburce _ 'bastiani, ) 1. le préfet Charles Géry, el deux neveux du défunt, ) 1. le docteur Frasseto et )1. Etienne Pugliesi. )1. le procureur
impérial Corteggiani, vieil ami dela famille, s'est rendu, sur la tombe,
l'interpète de la douleur publiqne, en même temps qu'il a esquissé

d'une voix émue et dans des termes parfaitement sentis , la v e de cet
i
homme de bien . Xous donnons ci-après ce discours et nous nous y
associons entièrement. Peu d'hommes , dans la limite du rôle que la

Providence leur a départi, ont mérité un pareil hommage. ) 1. Conti a
été un excellent citoyen, un homme bienveillant el bon, et le meilleur
éloge que l'on puisse faire de lui , c'es t que sa place demeure vide,

Sa vieillesse a été aussi agissante, aussi hardie dans ses espér-ances et
aussi sincère dans ses affections que SI l commençait àconnaitre le
monde, et son âme ne se possédait véritablement que lorsqu'elle

s'exerçait tout entière. Aussi quand nous entendions les dernières
paroles de l'honorable orateur de celle cérémonie funèbre, et que
nous remontions dans nos souvenirs à quelques années en arrière,

-

(-

Dons nou: demandions, avec un profond penseur, Soi ce n'est pas UDe

maxime inventée par l' envie et trop légèrement adoptée par les philosophes , qu'il ne faut point louer les hommes

.'=1

leur mort. -

Pourquoi . en effet, ue pas les louer pendant leur vie lorsqu'ils ont
mérité de rètre! et n'est -ce point pendant que leur vertu ou leers

L
1.Ient5 sont aux prises avec tous les sentiments inférieurs de notre
nature qu'il faut oser leur rendre témoign.age? Di"'ODS cependant à
l'honneur de notre cité que l'éloge de )1. Conti était depuis longtemps
gravé dans tous les cœurs. .
Louis X TER,
.\ vocat, ancien Bâtonnier .

ÉL OGE

F U~ÈBRE
'>E

M.

ANTOINE

CONTI

DI SCOURS
DE

) 1.

,

LE PHOCLItEUIl DIPÉRUL COR
TEGGL \l
L
- -- - --==-=- -- -

Depuis quelques ann ées, la mort fait de larges brèches
parmi les illustrations de notre île. Le prin ce Jérôme,
quia eu l'h onneur de monter sur un trône royal, était un
enfant d'Ajaccio. Le Garde des Sceaux Abbatucci mar-

-6-

chait à la tète des hommes dl~\at de la France, ct a laissé
tout un héri tage de bienfaits à ses enfants. Le premier
présiden t Colonna d' lstria était devenu r une des gloires
de la magistra ture française. Le marécha l d'Ornano a.
terminé sa brillante carrière comm e gouvern eur des
Invalides. Le sénateur Piétri a été enlevé dans la force
de l' âge. après avoir porté sur sa poitrin e le gra nd cordon de la Légion d'honn eur!

Aujourd'hui c'est le tour de :\1. Antoine CO:"Tl , qu i
eut l'honneur d' être r ami de ces personnages, qui les
suivit . il estvrai. de loin dans la hiérarchie sociale. mais
qui, doué d'émin entes qualités, a mérité aussi sa part de
reconnaissance et d'affection du pa:'s.

Cet immense cortè ge qui se presse aflligé autour de
son cercueil, avait besoin d' un interprète. Il aurait fallu
une de ces grand es voix qui savent si bien exprimer et
captiver : je trouverai mon excuse dans le sentiment qui
m'inspire ; j'acquitte une delle de reconnaissance si chère

il Illon cœu r.

,X é en tï94 ,

~l.

Conti appartenait à une des plus

notables familles d'Ajaccio, qui a toujours été dévouée
à celle des Bonaparte. A pein e arrivé au pouvoir, le
Premier Consul nomma son p ère chef du service des
finances du département; mais les désastres de Waterloo
devaient n écessairement amener sa révocation.
~l.

Antoine Conti distingua sa jeunesse par de fortes

études au prytanée de Saint-Cyr et au lycée Xapoléon . Il
emb rassa la car rière du barreau, et ses débuts furent
tellement remarqués que la magistrature ne tarda pas à
l'appeler dans: s rangs, comme organe du ministère
public,

~Ial heureusement ,

il avait sur lui, aux yeux de la

Restaura tion, le péché originel qui empêchait son avan cemen t. Bien j eun e encore , il se dégoûta d'une pareille
situation, et, en se mariant sur le continent , il se décida
à mettre son intelligence et son activité au service de l'industrie, C'était en 18:20 , à un e époque où l'industrie
languissait, parce que tout , dans l' ordre moral comme
dans l' ordre matériel , languissait alors en France. Il
avait le sentim ent de l' essor merveilleux que l'industrie nati onale devai t prendre avec le progrès de la civi-

- 8-

lisation cl de la libert é: il voulut y apporter sa part do

concou rs.
Séduit par l' heureux emplacement d'un hameau dénommé Bellerue , il Y acheta un vieux château, et employa ses capitaux à faire de nombreuses habitations.
Sous son impulsion active et éclairée, cette commune ne
tarda pas à prendre un développement rapid e, au point
de devenir une des localités les plus recherchées des en"irons de Paris. C'est là qu 'il occupa ses loisirs à concevoir et à publier le premier projet d'assurance sur la cie
et la do! des enfants. Celle grande idée a fait son chemin
depuis, et aujourd'hui c'est une des institu tions les plus
répandues en France ct en Angleterre , sans que sa
modestie ait jamais songé à revendiquer l'honneur d"

l' initiative.
Après avoir créé le premier service de navigation qui
ait existé sur l'Oise, il alla s'établir' à Bordeaux, où il
fut bien vi te en relation avec les sommités industrielles
et commerciales de cette grande cité. Là encore il aida à
des créations nouvelles qui firent app récier la haute portée de son esprit. cl donnèrent une véritahlc notoriét é à

son nom. Il fonda pour son propre comple un service de
bateaux à \'apeur sur la Girond e, qui acquit un e grande
prospérité.

La révolution de 1848 le trouva dans celte position. li
mit résolument toute son influence au service de l'idée
napoléonienne qu i fut le rêve de toute sa vie. Président
du comité électoral, il put cont ribuer à ce mouvemen t
mémorable qui por ta Louis- Xapol èon à la présid ence de
la république; il eut l' honneur d'ê tre en ra pport avec ce
gran d génie, qui devait prendre la place de son immortel
oncle, redonn er à la France la puissance, la grandeur.
la gloire, la stabilit é sociale. Aussi, Louis-Xapoléon, qui
a toujours eu la mém oire du cœur , le nomma receveur
général des finan ces dans ce département, par décret d u
1o février 1 50.
Antoine Conti don na un e impulsion nouvelle an
service important qui lui était confié ; il

~.

intro-

duisit de grandes améliorations q ui lui valurent la croix
de la Légion d'honn eur; mais sa vaste intelligence
«mbrassait il la fois toutes les questions économ iques pl

-

10 -

sociales qui se rattachaient à l'état de la Corse et à son
avenir.
Le conseil des ministres fut frappé d'u n mémoire,
aussi remarquable par l' él évation de son style que par la
profondeur des pensées, que ~I. Conti avait soumis à la
haute sagesse du Prince-Président , par l'intermédiaire
de ~I. le comte Baciocchi , de ce noble enfant d'Ajaccio.
dont la patriotique sollicitude ne fut jamais en défaut.
L'état alors si affreux de la Corse, ses malheurs et ses
besoins, y étaient indiqués avec cette fran chise qui ne
déguise point le mal et appelle le remède. C'est après
cela que fut nommée cette commission spéciale dont
le travail consciencieux posa les bases des mesures
SI

salu taires, je dirai même si providentielles • .aux

quelles la Corse est redevable de sa régénération morale
et matérielle.

Président de la, Société d'agriculture. sciences et arts
d'Ajaccio .

~I.

Conti déploya toutes les ressources de

son imagin ation dans l'in térêt de sa ville natale. Il prit
part à l'impulsion vigoureuse. jusque là inconnu e, qui

-

tl -

fut donnée à toutes les branches agricoles , industrielles
et commerciales du

pa~-s .

Combien d'idées utiles, d'idées

pratiques n'a-t-il pas mises en circulation ! Xous citerons
la question du colon, celle de l'éducation des vers à soie,
de la pêche du corail, qui ont été savamment traitées par
lui dans des écrits publiés, il y a déjà plusieurs ann ées,
dans le Journal de la Corse, Promoteur zélé de l'espri t
d'association , il fut heure ux de seconder la création,
dans cette ville, d'une caisse d'épargne, d'u ne société
de secours mutuels: il four nit au Crédit foncier un
Iraité complet pour l'établissement en Corse d' une
Banque agricole, si vivement réclamée par les besoins de notre agriculture ; il aida de

s~s

deniers et

de ses conseils toutes les socièté s industrielles int é-

ressautes.
Pers uadé que la prospérité d'Ajaccio doit venir de la
mer , J/. Conti conçut la pensée de fonder dans ce port
un chanti er de construc tions navales. Il avait compris
tout ce que cet établissement pourait acquérir de développement. par l' ouvertu re de l'isthme de Suez, dans

un pays qui possède dr- si magnifiques forets ~ des

-

t2 -

ports si sûrs, si heureusement situés, au çentre de cette
~lédi terranée

à laquelle les complications de l'Orient

promettent d'être, tôt ou tard, le théâtre de grands évé nements.
Ce fut pour lui une tâche bien r ude et bien difficile,
puisque les capitaux avaient toujours fui notre île; il n'y

parv nt qu'à force d'énergie et de sérieux sacrifices ; et
i
cette création, due entièrement à son initiative, fécondée
aujou rd'h ui par la haute expérience de

~l.

Arman et le

bienveillant patronage de ~l. le comte Baciocehi, estdestinée à devenir pour notre

pa~'s

une source de richesses

et de grandeur . Puis: - t-il en être ainsi, pour appeler
cette ville historique à une vie nouvelle , et pour perpé luer le souvenir de l' émin ent citoyen dont elle pleure
aujou rd'hui la perle.
~l.

Conti laisse après lui une gra nde idée qui, toute

prématurée qu'elle paraisse, est destinée à se réaliser,
parce qu'avec une nation comme la France et un 5OUYerain comme . ' apoléon Ill , la Corse est sûre d'obtenir
tous les bienfaits; je Yeux parler de 50n projet de chemin

.....
-

13-

de fer Sarde-Corse , qui reçoit déjà son application en
Sardaigne,
Quoique doué d'une constitution robuste .
avait déjà senti. il

~-

~I.

Conti

a trois ans . le besoin du repos; il

avait obtenu de se faire remplacer par son fil s aîné.
qui . après avoir acquis noblement dans l'armée le
grade d'officier supérieur. dirige maintenant la recette
générale avec distinction, C'est du jour de sa retraite
que date l'affaiblissement de sa santé . et , après de longues et cruelles souffrances qu'il a supportées avec la
plus admirable résignation ,

~I.

Conti s'est éteint à

l'âge de 69 ans. au milieu des larmes de sa famille.
dont les soins si tendres. le dévouement si affectueux,
faisaient le bonheur de ses vieux jours; il s'est éteint
dans la plénitude de ses facultés. dans les bras du
ministre de Dieu. le regard levé au Ciel, avec ce calme,
cette sérénité. qui n'appartiennent qu'aux natures vraiment chrétiennes ! Le passage de cette terre d'épreuves à
cette mystérieuse éternité qui impressionne tant les
hommes . n'a pas effrayé ~I. Conti, ni agité ses derniers
instants , parce que sa conscience était pure et que les

- H-

passions si vives, si variées, qui tourme ntent l'human ité.
n'avaient jamais trouvé accè s dans son âme,
Ai-je besoin de YOUS parler de ce cœur bon. généreux,
si sensible aux misères privées comme aux misères publiques, Vous avez tous connu cet homme vertueux .
affable, obligeant . noble dans son mainti en comme dans
ses actions. si loyal. si dévou éà l'amitié. dont toutes les
aspirati ons se portaient invariablement vers le bien. qui
sut le faire avec une rare modestie. et dont la vie a été
d'une grande utilité pour son pay:,_
Vous avez tous connu cel esprit de paix et de conciliation qui l' élevait au -dessus des rivalit és mesquines, de:'
luttes stériles qui ont trop souvent agité la Corse, Combien de dissentiments n'a-t-il pas apaisés! Il était écouté
et aimé de tous. parce que ses paroles étaient toujours
de sages conseils. et qu'il avait gagné la confiance et la
considération de tous.

Heureux les homme:' qui se distingue nt par de tels
exemples et des pratiques aussi louables!

-

15 -

Puissent les regrets unanimes que sa mort a fait éclater dans Ioules les classes de la population, adoucir la
douleur si grande de s n honorable famille ! Puissent
ces regrets , les sympathies publiques qui entoure nt tous
les siens, et le souvenir de tous les bienfaits qu i ont
marqué sa belle existence, servir d'émulation à tous les
cœurs généreux et former comme un monum ent à
mémoire!
Adieu , Antoine CO N TI , adieu!!

.

,

&1

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