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Description de la Corse

Titre

Description de la Corse

Alternative Title

Description de la Corse des mœurs et coutumes de ses habitans, suivie d'une relation de la campagne que les troupes françoises ont fait en l'isle de Corse en 1739.

Sujet

Mœurs, histoire, coutumes, caractère, vendetta, vengeance, honneur, histoire, rebelles, géographie, révolution, Gênes, grecs, religion, mariage, morts, festivités, funérailles, vêtements

Description

Cet ouvrage rassemble les faits concernant la campagne de Corse de 1739 relatés par un militaire du régiment de Cambrésis sous forme d'une lettre à une dame qui n'est pas nommée. L'essentiel de l'ouvrage porte sur la description physique de la Corse et les mœurs et coutumes de ses habitants. L'auteur évoque également le naufrage arrivé à 6 compagnies du régiment de Cambrésis ainsi que la relation de la guerre à laquelle il a participé.

166 pages.

Table Of Contents

Avis
Description de la Corse, et relation de la dernière guerre
Description de la Corse, des mœurs et coutumes de ses habitans: Situation de la Corse, Division de la Corse, Rivières de la Corse, Climat de la Corse, Origine de la Corse, Révolutions des Corses, Villes de Corse, Habillement des Grecques, Villages de la Corse, Caractères des Corses, Religion des Corses, Prestres et moines de la Corse, Mariages des Corses, Jalousies des Corses, Vindette, Carnaval, Présents et complimens aux Morts, Consolation des Veuves, Funérailles des Corses, Deuil des Corses, Beauté des Filles Corses, Ajustemens des Filles Corses
Relation de la campagne que les troupes françoises ont faite en l'isle de Corse en M.DCC.XXXIX

Créateur

M. de Bellin

Éditeur

Vente, Librairie, Montagne Sainte Geneviève, Paris.

Date

1768

Format

application/pdf

Extent

pdf 12895 Ko

Langue

français

Type

text

Couverture

Corse, Méditerranée

Spatial Coverage

Bibliothèque de l'Université de Corse, fonds ancien

Temporal Coverage

18° siècle

Texte

DESCRIPTION
DE

LA CORSE-

~

DESCR IPTION r-;ft
DE

LA CORSE,
Des Mœurs Ci Courwnes de fis
Habirans, fui'VÎe d'une Relation de la Campagne que les
Troupes Françoifes ont fait
en l'1Jle de Corfe en 1739IJ~.

A PARIS;
ChezV I1.NTE, Libraire, Montagne
Sainte Geneviéve.
M. D CC. LX VII I.
dJ/<C Approbation (",- PriJ/iltge du Roi.

A VIS·
ne doit pas s'atten~
dre dans cette Rélation
àtrouver un Ouvrage d'Eloquence : ce fom des !àirs fimpie ment rapportés par un ~i­
litaire, qui en ayant été le
Témoin, n'a écrit que pour
fa propre !àtisfaéOon, en at-

O

tendant fans impatience celle

àu Public.

DESCRIPTIO
DE LA

COR SE,
ET

RELATION
DE LA
DER

IERE GUERRE.

L yalong-tems,Mada~
me , que vous m'aveZ
demandé un dérail de
notre débarquement en
fille de Cor(e,& du naufrage arrivé à lix Compagpies du Régiment
de Carnbrefis. Vous avez auffi

[0]

A

2

DÉSCRIPTION

DE L.~ CORS!:
~
cn!reprend~ ;.cependant t;o~

fo~~té que j'y joigniŒe une clet

cnpoon de rIfle, & une r lari
de IaG erreqoe nous y avonsfaire.
.Je n'ai pû j~fqu'à prefenr fa::''faire votte cnnofiré, n'ayanr par:é
dans cette IDe qu'au fecond e~­
barquement; & ayant vo 1 lte
mettre au fàit de routes les c~
{es qui peuvent vous inrere/fe:,
d~ les gazettes & nouvelles p .
bhques n'om parlé que rrès fu :ficiellemenr ; voici, Iadame ,
tour ce que j'ai pû ra{fembl r, je
fouhaite que cene leélure vo~s
amure quelqaes momens dans r
tre rerraire.
V ous pouvez fçavoir, . radame, que le Roi fir paffer en Co:fe
au mois de Janvier 1737.. ir.!e
Marquis de Boiffieux, Lieur na::!
Général de. fes Armées, avec lix
Bataillons, pour forcer les Rebelles de cene I!h: de mettre bas
les armes; mais ce Général ,arec
fi peu de Tr6upes, ne pur rien

-

ce~t ~~ÇOIS S ~Dt emllares a
tIOIS li ues de BaftIa du VjUage de

1

Borgo, ils en furent chalTés par les
RtbcLes le 7 ovembre 1737avec peu de perte à la v'enté ;
mais il.s auroient ~ré enve!opés li
la garnifon F rançoife de Baftia n'é·
toit pas fortie pour faciliter leur re·
traite: oures les négociations aveé
les Rébelleli pendanrprès d'un an,
& roures .les paroles que leurs
Chefs aVOlentdonnées auMarquis
de BoiŒeux, de mettre bas les armes, n'ayant abouti qu'à le tromper , & à furprendre le pofie de
Borgo, la Cour de France fe détermina à faire paŒer en cene Ille
quarre Bataillons; les Régimens
de Flandres , Bearn, Cambrelis;
& Agenois, reçurent ordre de fe
ren:lre en fr~vence, & de s'y
t IDr prêts a s embarquer.
.
Ces quarre Bataillons comman:;
dés par Mt. le Comte de Malauzc

Aij

!
DESc IPTION
Colonel d'Agenois, érant arrivés
le 22 & le 23 Seprembre à An:ibes, s' rnbarquerenr {ur le chaIL?
fUI une vingtaine de petirs Bi:,
mens l larchands , qu'on a ::
Tarrannes, & qui font exrrtl!l
menr, faibles & legers. Quo:q:e
la Sallon rut des plus mauvaif l
& pour le paffage ,Offici "
Soldars n'en furenr poinr érona '-;
cerre perire Florte mir à la I"O~~
par un vent affez rude a\Oec -e
plus grand plaifir du mon~ ,
partir d'Amibes au bruir cl s fuI,
fàres & rambours, & arri\Oa à orze
heures du marin au Golfe Jo·'n,
qui eft limé entre certe Ville &
la perire Ville de Cannes, o~ elle
vint joindre le Ztphirt, Fregatle
du Roi de rrenre pieces de canon, montée par Mr. de SauIin , & deux Barques armées
de douze yieces chacune qui
l'artendoient pour J'e{correr l les
allTeau~ dl! Roi ne pouvanr

.v

D E LIA

pC 0

Rds

I!: .

r,

en rer dans e arr 'A ntlbés.
ur les cinq heu:es après miè: l our lignai d appareiller ,
la Fregarte rira un coup de ca~
non; les trois allTeaux du Roi,
& rous les Bârimens de tran{poIt
ayant mis à la "oile, partirerrr
èu Golfe :lveo. un vent artiere;
mais vers les neuf heures du {oit
ayanr fait environ dix lieuës , la
, ier devenant rrès-forre & le "em
contraire, les obligea de re"irer
èe bord, & de reo-agner le Golfe
,cüan , où ilt n~ purem arti\-er
que le 3 1 Decembre à trois heure après midi: taure cette Flone
y de?leura à J'ancre ju{qu'au 6
JanvIer, que le Ztphirt donna,
fo, les neuf heures du marin, le
gnal pour remettre à la voile; le
\Oenr éroit li Toible pour {orrit ce
Golfe, que la plûparr des Bâti.
mens furent obligés de (e faire
remorquer; (ur le midi le NordNord·eft ayant fraîchi, la Forre
A iij
°

"&
DESCRIPTION
fit ronte à pleines voiles: les p'.
Jorres joyeux promirent à ICUlS
PaH"agers, qne fi ce bon \'enr CO?'
tinuoir, ils iroient 1 lendema:n
dînet en Cotfe.
Mais que peut-on fe prorne::re
d'nn éI ment au/Ii inconftam ,fc:
tont en une Sanon auIIi ma ,.:,
Ce que le mois de Janvi r.
Le vent continua à êcr bC1
jnfqu'à dix heures du foir, S:ïl
, devint fi fon & fi contraire, #J
fallUt reviter de bord , & ,..=r
la nuit en panne'; le lend min
marin à fepr heures la plûparr des
Bâtimens fe rrouverent à la hau·
teur de Monaco, où ils rellere:!
encore en panne jufqu'à cinq r.e:J<
res du foir , que le vent éranr e·
venu afl"ez bon, ils Srent roure route la nuit: le 8. ils fe rrouver nt à
neuf heures du matin à la haU! ur
de Genes: un vent rrès·rude ayanr
fouffié en poupe avec la feule voile de Mijâine, ils firent rrois lie ës

DE LA CORS!:

.,.

par heure, & commencerent à
êécouvrir les 1:onragnes de la
Corfe,dont ils étoient encore bien
à douze lieues.
. lais la 1er grolIiffimr de moment en moment, les Matelors
a\'enirent Officiers & Soldars de
èiner promptement; bientôr aprèS
les marmites furent renverfées.pat
hrempêre.
. te. de Saurin Capitaine de
\'aill'eau qui commandoit le Z~
F/;ire, voyant que quel<iQes T artannes, qui éroient bonnes voilieres, le fui voiem de rrop près, &
çue celle de Sainte Urjùle l'allait
parr; r , lui fit le fignal de caler
Olle partie de fes voiles pendant
que fa Frégate & les deux Barques
armées forcerent de voiles poue
arriver auparavant la nuir au Golfe de S. Fiorenzo, où en arrivant
ils rrouverem le Pinque S. Joftph,
qui par l'habilleré de fon PilOte y
éroit arrivé le matin avec l'Etat
Aiüj



11
Dfsc~ IPTION
Major & quatte Compagnies è~
Régimentde Cambrelis qu'il perroir.
Quand les Pilotes des Bâcime:,s
ce rranfport ne vi,renr plus les
{eaux du Roi, la plûpan ne CO:lDoiffant pas les Côres de l'Ifle c
Corfe >{e ttouvercor fan embz:ralfés : quel parti prendre? la n":
approchait, les plus {ages la palferent en panne, & artiverenr mi·
~ré la tempêre le lendemain ma~
a S. Fiorenzo: DO Bâtimenr q::J
panait rrois Compagnies & l'Etat
Major du Régiment d'Agenois,
fur par on coup de venr jerr' lisà· \'is de Livourne> dont l'encrée
cft fort difficile; il éroir pr'r d'y
perir, ayant perdu fes voiles & fes
mats, lorfque par un grand bonheur un aurre coup de vem le jet~
ta dans ce Pan.
D'aurres en fe lai1Tam pouffer il
la Côre, enrrerenr par hazard au
Ponde Calvy,malgrél'oragejl~

rair.

D~ LA Cour:
,
em étant favorable, les T arrann samu r..:rfuk & Sainu Claire
pcurfuivirenr leur rome croyant
mil' r avanr la nuit: le Pilore de
Samu Claire examinant fa carte à
è it heures du fair> fe crur au miE u du Golfe de S. Fiorenzo ;
mais cet ignoranr fe rromroit fort,
& ne favoir déja ce qu'i fuifoir;
1 s Mat lors voyant fan embarras,
1 i crierent [Ous de mettre en panne, qu'il en éroir encore rems,
& que le Bâtiment étant bon, il
n'v a\'oir rien à craindre. Mr. de
B~unigny Capiraine , premier
Fa' 'onnaire au Régiment de
Cambr fis, & à prefem Capiraine de Grenadiers, embarqué fur
cerre Tarranne avec Mr. Fouquet
fon Sous·Lieurenant, fa Compagnie ,celles de Campagnac
1 S.i. re Carherine, les autres & de
Officiers érant de fem ftre, voulurent
forcer ce Parron de meme en
panne, mais cet homme n'en vou-

JO

DESCIUPT10~

lut rien nire , difant que chaCt:.1
devoir fe mêler de fon m jer j
quand i1I'auroit voulu il n en '. :,
plus rems; quelques _lar crs Gi
o' nt à la poup s' 'ranr misà
crier de tomes 1 urs fore s 'Cl
ton lamentable, terre r rre, 1
Soldats, qui étoient couchés!J
fond de calle , repondir nt à
lamentations par des cris am :JI.
Enfin ce ne fut que plaint.
gémiJTemens dans ce Bârime~:,
que la tempête & les Bors pouffoient avec une grande rapid::' à
la Côte: dans ce même 0100: r:
la Tananne Saimt Urfult, d
éraient embarqués Ïrs. de .enaiUiac Capitaine, & F rore! Li~u­
tenant, avec les Compagni ce
Senailliac, Compi gne • -mI tOt , pa1Ià d'une grande \"Îre!Te auprès de ceUe de Sainu Clairr portant nn fanal; le Patron croyant
que cet aorre Pilote connoilToir
&erre Côte mieux que lui, fuiri!

CoaSE:
fr
ce fanal qui acheva de le petdre ;
car une demie heure après les
,1are!ots fe remirent à crier d'une voix encore plu affreufe, terre r rre, neus Commes perdus,
r ommandons narre ame à Dieu;
le Parton fe.croyant péri fans reffcerce , quitta fa manoeune : ce
Barim Dt abandonné devint fur
le champ le jouet des Bors J & des
vagues prêtes à l'engloutir, d'auues plus forres le relevQ.ient. Enfin un coup de mer furieux Je jetra fur des Rochers J où il donna
al' c des brifemcl'.s fi prodigieux,
qu'on crurqu'il s'allait parrager en
pi cs; mais cette Tarranne érant
IOur neuve, il n s'y fit d'abord
que deux oUl'errur s, l'une à la
prouë & l'autre à la poupe, Gui la
remplirent d'eau à rrois pieds par
ceITus le pont: les cris ,les gémi.Cfi mens des SoldaIS & Matelots
pr fque péris, un deluge d'eau
fottant cl s gouffres de la M t,&
DE LA

12

DESCRIPTlO:-1

tombam égaJemem du Ciel a,ec
un Tonnerre épouvamable , m:rent une fi grande coofulion f:::
ce miferable Bâtimenr, qu'il '! '
impolIible de y recoonoÎrr ,
que par les éclairs qu.i veooied
chaque inflam éclairer cerr hc:.
rible ouit ; mais "le. de Beurngoy, qui depuis creore·hllir a::5
qu'il li rt le Roi, s'cft trouré e~
plulieurs oceafions périlleufes,
avoir apsis à les regarder de fens
froid, aïnli ne perdaor point la
t te, il ranima avec force tOUS fes
gens éperdas, les emp'cha cl fe
jenet à r eau, & leut promir de
les fauver toas , pourvû que ce;te Tattaone refifiàt enCOte un demie heure aux coups de mer.
Enfin ayant éc u~ à cent pas
de la Côte, il contraignit les :\1a.
telots, le pifiolet & l'épée à la
main, de jertet leut chaloupe à
la Mer; quand elle y fut jettée,
ils prierent ce Capitaine d'y en-,

DE LA CORSE.

I~

teer promp ement pour fe fauver;
mais tOUt l'équipage fut bien fur~
pris, quand il leur dit qu'il ne {ortitoi de fan Bâtiment que quand
OI:S fes SoldatS &
:iatelotS {e:oient fau\'és à terre; il fit prom~
ptemenr embarquer neuf Soldats
& flx :iatelOtS, qui, malgré les
coups de mer réuffirent à conduire à rerre, & à ramener cerre
perite barque, plulieurs voyages.
par la précaution que Mr. deBeurrigny eut de faire amarer au Bâtiment une corde qui étant porrée & retenuë à terre, aida beau.
coup ,aux MarelotS pour aller &
re,'eOll.
Pendant ce débarquement, des
Eots affreux foûlevoienr & laUfoi nt relOmbet fur les Rochers
cette Tarranne déja fraca(fée, &
lui faifoienr faire de fi horribles
brifemens , qu'à chaque in1lanr
elle s'en allait eo pieces, & étau
prête de fe partager.

-It

DESC

IP·TIO:O:

Ir. de Beunigny , fans s·é.
pouvanrer, y relia le dernier, que:.
que le Patron fe rut fauvé des pre.
miers, il n'en fomt qu'avec de:!!
Matelors & deux moufI"es qui e·
fiaient de tout l'équipage.
Vous J Madame-, qui êtes c::e
Héroïne anffi parliit en fen::.
mens qu'en beauté, dites-moi,:e
vous prie , li dans ce grand t '
l'orre héroïline n'aurait pas "1p1'
ru ; & li cet amour naturel po'Jl
Ja vie, qui fublifte dans la créarure , ne vous auroir pas fut débarqner la premiete.
TI éroit dix heures du fair uil:ld
ce nauffiage arriva en l'Ille de
Corfe, fnr la Côte de la Province
de la Balagne, à la gauche de
l'embouchure de la riviere d'Oftrigone le 8 Janvier 1739. & il
étoit près de minuit quand Mr. de
Beuvrigny fe trouva à terre; Soldats & Marelots le remercierenc
de leur avoir, par fa ferllleré,fauvé

COR. S E. .
Jf
l:lle vie qu'ils auroienr îurement
p rduë, fi il ne les avoir pas empéch de fe jetter à la m r.
_Ir. de Beuvrigny fut forr furpris de rrOl!\'er fur le rivage plu1 li crs Soldats uoyés; & d'apprenère par un Sergent échapé du
nauffiage , que le Patron de la
Tarranne Sainu Urfù/e croyaut
connoÎtre la Côte de cerre me,
& encrer au Golfe S. Fiorenzo,
amit échoué à neuf heures du
fair fUt un banc de fable, à cin(juance pas de celle de Sainte Claire; & qu'auai-tôt que l:e Bâti-"
m nc eut donné à terre, Mt.. de
Senailliac Capitaine, &. Fturel
Lieutenant, malades de la Mer,
& effrayés du danget des flots horribles, qui à chaque inftant rempliJfoient cerre Tarranne d'eau par
è.dfus le ~ny Ayant fair jerrerla
chaloupe a la Met,dans laquelle ils
s'embarquerent avec l'Ecrivain,
trois MatelotS & neuf Soldats,
DEL A

.6

DESCRIPTIO~

avoient crû pouvoir fe raule: ~
terre; mais que c ne chaloupe:e
rot pas à vingr pas de la T =-.:ne, qu'un coup c!e mer furie'.:I
l'avoit renverfée, & fair p rir:\h
de Senailliac, F rurd, lix olbs,
l'Ecrivain & trois l\Utelors: lb
fe fauva de cene malheur ur. )a:.
,
que, a l a nage, qu 'un er" JI,
trois Soldars & un moutTe : Cn:e
ces Soldats, écha'pé de ce graJ~
péril , s'ennuyant d'êrre à rerl Ln;
fes camarades J fe rejerra à la mer
pour aller les trouver dans la T1rranne échouée, où, malgr' fon
grand courage, il eur bien e la
peine à arriver.
Quoique 1r. de Beuvrigny fe
trouvâr à rerre avec fan [eul ha·
bir, fes Soldars fans armes & fi n;
pain , il fe cror dans fan malheur
encore fan heureux, venam d'apprendre que ces deu~ Officiers&
ces lix Soldats venaIent de pém ;
mais fi il étoir échapé des RotS,

ce

DE LA COR.SE".

17

ce n'éroirqlle pour retomber dans
on danger prefqne aoJIi grand.
Comme il ralTembloit fes Sol·
dm difperfés fur le rivage, fan
Parron vinrlui apprendre quil éroit
dans le pays des Reb Iles les pIns
dé erminés de l'me de CorCe,
qu'il d v'oir penfer à fe trovec
promptement; ~ que s'il atte~­
do:r au lendemalO que fes trOIs
Compagnies fnfl"ent débarquées,
i n'en f< roit plus rems, parce que
les Rebelles aprenanr à la pointe
du jour fan nauffi-age, viendraient
d roures pans l'attaquer: ce Capiraine lui répondit qu'ayant dé·
]a fauré aD Roi trois Compagnies;
il n craignoir pas alfez les Rebelles J pour abandonner dans un Bâtimenr éehoué [es Irais amres ,
éOn! les Officiers venaient de périr; mais qu'au refie il [eroir de ce
confeill'uCage qu'il tui plairoit; ce
Parron s'étant reriré, Ce fauva un
momenr après arec quelques MaB

18
DESC IPTro:<:
telotS qui u'éroienr pas plus

que

loi, fans qu 1 s Sol

lrac:::s
'

~perc;mrenr.

Mr.deBeuvÙgny \'oyant (esSa
datS au bord. de la Mer mooi és &
glacés de froid, avança un pea
dans les rerres> où il trouva g !.
ques cabannes de Bergers,
le(qoellesilles6tenrrerpoura ~.
ver de paiTer Ja nuir.
Le neufJanvier, à la pointe:'
jour, la M r devenue plus t"Cqu' le, il em'oya fa chaloupe :ébarquer les Compagnies cl e·
mrillac, Compiegne & offet t,
qui étoient relUes dans la Tarran·
ne Saime Urfi<1e échouée (ar U:l
banc de fable; il fit dire à ces Sol·
dats de ne pas oublier en (orrant
de leur Bâtiment les fulils, la pou'
re & les balles qu'ils en pourroient tirer, de rompre rous les
coffres de toU» les Officiers .b(ens
& noyés, d'en tirer les meiUeule~ h,ardes 1 &:. de les nlettre dans

e".>

DE LA COltS!.

'9

leurs havre(acs pour râcher de les
(auyer.
Le trois Compagnies érant débarqué s, il en fir la revuë , il ne
s'y trouva que cent quarante Solda. ,cinq 1arelors, (oÛtante fu.
fi s ) dom trente érojenr (ans platines, ayant 'ré démontés dans Je
Bâriment crainte d'accident, &:.
cem (oixante coups à rirer, n'ayant ér' donné à chaque Soldat
en .. mbarquan: , q 'à chacun
deux coups de poudre, dont la
plus grande parùe éroit mouillée.
Mr, de Beuvrigny marcha à la
tête de (a Troupe avec quinze SoIe rs qui avaient des fulils avec
leurs platines, les quinze aUtres
firent l'arriere·garde avec Mt.Fou·
quer Sous-Lieutenant; il fit met-,
ne les Soldats (ans armes au milieu, & ceux qui avoient des fufils (ans placines (ur les aîles.
Pendant rous ces arrangemens.
1 s Rebelles qui avoienr éré .verB ij

20

DESCRIPTION

ris par les Bergers de ,Io~.
gn s, q e des Troupes Errangeces avoien fait nauffrage p nèa:ë!
la nuir fur leurs Côtes, {e raffem·
bl rent promprem ntau fon 1 g'Jbre de leurs corners.
?lIr. de Beuvrigny comme~o:!
à march t avec fa Troupe, lOf.
qu'une douzaine des plu h rè:s
,-inr nt lui rir r d'affez pr {ep:à
huir coups de fillils; & dans e
même moment il'en décour~r
fur fa droire une cinquamaines~i
s'approchoiem; mais ce Capitaine
fms s'embaraffer de ces coq ;,5,
paffa en leur pre{eoce la riri re
d'Oftrigone, l'eau jufqu'à la c inture, & promir à fes Solda , po ':
les encourager, de les m n r oucher à S. Fiorenzo, dont il n'é·
toir éloigné que de cinq Iieu"sde
France, puis marchant fur {a droite, qu ique le véritable chemin
fùt fur la gauche, le Patron & les
Matelors de Sai71u Urfuk lui ayant

DE LA CORSE.-

21

di, u'ils cro oient que c'étoit le
bon chemin, il avança en coroyant
la :\ler , pour gagner one 10nragr:e : les Rebelles au nombre de
plus d deux cens, vouland'emré her de monter, vinrent faire
une grande décharge fur fon ar·
ri re-garde, doO! perfonne ne fut
bleITé, & Mt. de Beuvrigny y
courut, & envoya te. Fouquet
à {on avant-garde ; il fit metrre
aux oldats, qui étaient {ur les ai·
les, la bayonnette au bour de leurs
fJftls fans platines, & marchant
èoucemenr, il fit tirer de tems en
[ ms cinq à fix coups de filfils fur
les Corfes qui les fuivoienrde trop
pr' : enfuire montant cette Montagne, qui a un quart de lieu" de
r.a r, par un chemin affez difficile, les Rebelles, donr le nombre
~gmenroit à chaque infianr , voulanr les empêcher, s'emparerent
aVec une grande legereré dl! fomIllet, qu'ils défendirent à coups

::2

DESCRIPTIO,'

DE L

CORSE.

2j

de fufils, & en roullanr de gro
Si·rôr que les Reb JI avaient
pierres fur les Soldats, c:::
tir', ils fi jerroienr, comme c'ell:
un Caporal fut danger . fen:e:::
1 ars courumes, le ,. n re à rerre,
-Illeffé.
& merroi nt au haut de leurs fuCe Capitaine voyanr fi s S .~:>
fils le rs mouchoirs en ligne de
étonnés de cette réliilanc ,
pit, ce que les SoldaIS & tarejors a\ oient grand foin de faire reranima par fi paroles. Po!.!r p.
gner plas faeilem nI le fo:nme:,
n:arquer à 1'1r. de B uv'rigny,qui
bs les courer leur ordonnoir de
il fir marcher fes rr me ol~a:;
bi n armés à la r're cl fa T rD'!march r en bon ordre, ayam foin
è' Q\'oyer occuper ar quelques
pe, les files ouv ft S, n r_'1.'!:
quelques coups.
Soldars les perir s éminences,
Eranr parvenu au haur de erre 1 2upr' defqnelles il élOir obligé
Monragne, il s'y vir en\'elopé par
de paITer , & dom les RebeJun grand nombre de R beU ï
l'emparaient li - rôr 'lu'ils les
2VO: m abandonnés; d'où ils fuimais leur ayanr fair tir r un ving·
taine de coups d fu Ils, jjs di:
r.: !lr grand feu fur fan arriereparurem prefque rous en Ce j ont
garèe, qui de rems en rems leur
venrre à rerre dans les brouiTai!rirair qu Iques coups de fufùs,
les, & laiffereoc paffi r fa T ro~­
cm un Cone fur rué & deux aupe. Ils revinrenr enfuire plu le~:s
Ir S blelfés morreUemem.
fois l'attaquer en faiCanr grand feu
Les Soldars, quoi qu'exrenués
fur fan arriere-garde, qui en leur
de faim & de farigues, avaient
répoftanr, les lir rerirer; deux Soldéja fair à la faveur des coups de
dars& unCorfe fur orbi n bllIi's.
[, fils,rrois grandes lieuës de Fran.":

ft

l

2+



DE LA CORSE.

DES CR 11' T 10 ...

ce, quand Ir. Fouquet fan Lie::.
tenant> envoya dire à r. ~ Gr:'
raine> q:ri érait à l'arr' re,ga:!"
qu'il ap rcevoit une groUi rr =?e
de gens à pied & à ch \'al l'~::::
a u-devant de lui , que fan al'a:::garde n'avoit plus qu'un f<::1 ~:?
de poudre, & qu'il ne r !loi: l'!:;
que cinq coups à tirer da~s r ::~
la troupe : à cette mau\'aife 30~'
Telle, Ir. de Béovrign ' fit rur~
aire à (es Soldars dans le w:eiJ
le plus avantageux qu'il p~r f:"OIlver, & fit venir fan ous· Lie::le·
nam & [Ous fes Sergens po::: le·
nir Conf< il , (ur le parri ulIs
avoient à prendre dans
ang
li prell"an r.
Ils repré(enterenr taos à c Ca·
pitaine , qu'il lui étuit impoffi)!e
avec cene quarante Soldars, fa:IS
poudre ni plomb, de ré 1ft r à pb;
de mille Rebelles oien armés,
dont il érait envelopé, march nr
dans un pa-ys inconnu ,Ii ns :d~

ru

~.:

~S"

efperance d'arriver à aucun enrait, la nuir aprocbant, fes Solclar ne pouvanr plus (e foutenir
è faim & de fatignes ;-qu'il n'avoir poinr d'autre parci à prendre
c;~e de capiroler, & qu les Rébelles leur avoienr fait des fignaux
de paix avec leurs mouchoirs: tous ces tallons, quoique julies, eurem bien de la peine à dérerminer
; 1:, de Beuvrigny à (e rendre. 'e
poU\'ant cependant faire autremm, il envoya (on Sous-Lieurenam, un Soldar,qui parloit Italien,
trouver les Chefs des Rébelles ,
&1 urdirequ'ilsétoientdesTroupe Françolles, qui pendanr la
nuit avoient fait naufrage fur leurs
C-o:es ,.qu'ils venaient comme
ami dans leur pays, & non pas
pour y paner la guerre ; qu'ils /
ne" 'toient défendus, que parce
lluïls éraient venus es arraquer ,
& qu'ils ne leur demandoientque
des vivres en payant, & un guide

C

'

26

DESCRIPTION

pour les conduire à S. Fior_
A tOuce cene harangue les R'
b Iles ne répondirent autre ch
Cc , {jnon qu'ils vouloi nt que t
les Solda sieur remiffentl wsa:·
~es. _1r. d:. B uvrigny le r li:
reponfe, qu Il ne r ndroil Cc atm. s, q~'.à ;on .rion qu'ils laifferOleDt 1 peaux Offici & rgens, que fes SoldatS ne feroie:ll
poinr dépoùilIés, qu'ils he lOUChe·
roi nr poim à tOUtes les hardes
qu'ils parIaient, & qu'il le r fe·
toit fourni des vivres en pa
Les Ch fs des Rébelles s'arancerem, & promirem à ce Capi.
taine & à fes S ldals d'execu:er
taUles ces conditions. Il filol!iir
par fan l?terprele. cent pi.llo!esa~
Chef qUI voudroll le cond ire,
avec fa rIoupe à S. Fiorenzo;
mais 1~~S c, s Ch fs lui répondirem qu Ils n pfOlem le faire, parce
que les RébelJes brûleroienrleurs
mai fans , & poignarderoiem 1 ur

DEL A COR S •

27

famille. \' oyant qu"il érait inutile
dïnfiller fur Cet article, les autres
con~rions jur es, il fe r ndit prifonrn t avec fa troupe J à qui il
ordonna de merrre bas les armes ; les Canes vinrem aoffi-lôt
en grande confufion s'en faiCtr.
Une partie de ces Rébe1les
courutenr rega~nir le bord de
la. 1er, pour tller ce qui émit
tellé du naufrage dès deux Tarta~nes, dont ils arracherem jufq? aux clous, après avoir mis en
pl~ces ces deux carcafres qu'ils
lellterem de la Mer qui éroil de·
,enuë fOrI tranquille.
Il relta encore plus de fix cens
ReoelJes à garder Mr. de Beuvrigny & fa troupe, qui ne cinrem pas longlerns ainfi que leurs
Ch~fs I~ conditions qu'ils leurs
avolen: Jurées; un moment après
les aVOIr defarmés, trois ou quaIre de fes coquins fe jetterem fur
chaque Soldat! le piftolet & le

,C ij

=
DESC"IPTI
F i.;r.:l:~ ~ la, nl~:n:, p nd~[
c .:;:.'~_ les dc:po '1I01 nt li n -5,
G-·.L :1e !C:~r ~iŒ :'r.~ n" che!Ii·

cre

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::l,:.ion, &. li::::
cc ~::~~:~ -=.s - ~ curer 1 p.
:0.c5 . L: bon ~ra:r_:ner.r G:~
.. . '"(. ......!.
.~, ~-o:J1is cl l~ur faire, eJ
l~~.= r...:&11t.:t:3nt ~es 3tn': ; mais ù
n_ .:: nt ::~'::.lr::: att... ncions a es
C""

- ) l , . . ..:

r~:1~on

.-I "" C

:r:.nc

·:t

~.

Pen'::l'u 1 cér"monie de cd'
F ,:.\l.:mcn: , un Sergem & co
. . ..', ....... ""·"'·'-"OU\·~ le mo'" r.èe
_h....1.J-~ ........ . ••
;
fc Le.".:r ~\"J"n: derr:: dépoiE,; '.,

:.:> n: S\::T.~:n:r:lr:.:.cn[pa è
'<
.
r :, . '" 0.",_: IS leu's tir.r
_ 4 _ ..



.,
111... :1: L~': c~nra::1C ce

nt ~

coc·

:.e·
)e

coups ...

fu!,ls; me!s cour:m d'une gtar.~e
..
..
..
;I S U' n' 1" bonheu~ èe
n"rr r:s bldfés, & le ma}heur
è'~rrc n:r:conr:is le Jcnd.:"!liam r:::
cne eoure èe B~rgcrs armés, ç~i
les d'poùillercnr; 'pendant" res

, :. IlL,
___ rr,.

DE LA CORSE.
29
avoir couru le pays quatre jours
f::lS manger, ils amvereor à S.
F:oreozo , où ils aprirem au Regim m de Camb:efis l~ ":la~eu­
! UfL avanmrequl venolt d arrive
à
flX Compagnies.
\' ous croyez peur-être, "[adame que .Mr. de B .u\'ri~uy que
j ri ns de laiffer faifant des exhorracions aux Rébelles, en fur
eu:n comme nos prédicareucs,
pour ne tirl;r aucun fruit ~e fon
li rmon, pamt du toUt; apres que
les Soldats furem dépoüillés, la rage de ces bandirs ne fur pas e?core farisfaire : fix Chefs des Rebelles pri:eor ce Capitaine ~ & le me,, rem derriere un budron , ou
èeux lui mireor le fufil & le poignard fur la gorge, pendant que
! s quarre autres l~i ar~ch~rent
h croix de S. LOUIS, lUi pmeor
fan argent, foo habir, f, n chapeau, & même fa culotre, qu'il.s
lui rroquerenc comre une maUV<ll.
Cüj

,
30
f( de

DESCRIPTIO.'

Ida::. C

Omc:e:

COItSE.
31
,ent défiler deux à deux leurs pri.
fonni rs au milieu de leurs trOUp s, & les conduiGl'ent au plus
prochain Village par des gorges,
- un chemin li rempli de pierres
Foinruës , que les pieds nuds des
Soldats en furent bien·tôt rous
enf~nglantés; le froid, la faim,
les fatigues, & les douleurs de
c:: penible marche, les fai·
fi j, jurer conrre leur malheur, &
po {fer de grands cris' mais. Ir.
Beuvrignv, dont la fermeré
ne pouvoir fupporrer ces plaintes, leur remontra avec vigueur,
q 'il éroir en pareil état qu'eux,
que leur prifon ne pouvait durer
longrems; & <tue c'eft dans la mi·
fere que le Soldat doit moorrer
le plus de courage. Co:: Capitaine
voyant un des Corfes qui l'efcortoir om'rir fa tabariere , y porta
Il main pour prendre du rabac;
mais ce coquin croyant qu'il .ouloir lui prendre cerre Cm~:e.rable
DE LA

e:!

beau 1 ur remontrer qu'i :o:t>::
pir s que les plus cruels a;;ra·
g s, & les m nacer d la '·c:·
geance que le Roi prendrai: é'par il rrairem ne ~r à, fes t:~~:
pes ; ils ne répondirent a ces : ..'
coors qu'en le menaçant à r .s
momens de le poignard r.
1r. Fouqu t fon 50 s·li~~:~·
nant eor auffi des VaJers de c='-'
bre qui prirenr la peine de !e ,.és·
abiller auffi propremenr Gee Ion
Capitaine; mais ce vieil Of.icier
fe voyanr pr t d'êrre dépoe:.':!,
mit une bague qu'il avoir d..ns fJ
bouche, & url'adrelfe d c.cre:
fans tre apperçû , fa tabl:è:e
d'argent & fa bourfe , dans bqo:!.
le il y avoir douze loilis, dans ces
niches qu'il s'imagina bien devoir
être à COUI' et de l'avidiré de ces
coqulDS.
Il é oit près d'une heure de nt::
quand Jes Ch fs d s Réb il s fi·

e

lU]

DESCRIPTIO:-:
tabatiere, qui valoir rour a~ p~~s
d ux fols, lui porta un COL ::e
ignard qu'il auroit reçLi s i~ ~
'avoir paré en eflàçanrie co~s.
L'Inrerpr 're lui ayam di: ~~~
c r Offi i r aimoir beaucou~.~
tabac) & quïl en a\-oir \ . _.~
pr ndre une prife • alors 1 Co::e
lui fir la galanreri d lui er: ~O~·
n r fur la main.
Ir. de Beu\"rigny aprZ:s .';0;;
fair) en fouffram beaucoup, r:~;s
m'Ues, c'efi·à-dire une liè"~ ce
France, dans les Rochers & "103
les. Iomagnes , arriva al" c fes
Soldats dépoiî lés le neuf J:;~­
vier à hu'r heures du fair ô~ \ _.'
!age de P lafca) le plus r<i, lIe
& le plus aflTeux de la Cor~ pr
f:t {iwarion , dans une gorg ~e
Momagnes; 1 s Fcmm s
!cs
enfans les reçurem forr polimem,
en 1 ur jertam des pierres & ce
la bouë fur Je corps, leur vom;::
fam mille injures, ne voulanr FS
32

DE LA CORsE:
13
les loger : une panie des Solè3:S fur conduire dans une petite
C~apelle à moiriébrûlée, d'aurres
L:cm logés dans des maifons
"~andonnées ,& le fie coucha
èehors.
L Capitaine, le Sous·Lieurer:ne, un Cader & un Sergem ,
Lem menés à la maifon COtfe qui avoir la plus grande partie
ce leurs hardes, qui r lTembloit
}..r r à un anrre de voleurs ,
ce a une habitation humaine. Par
bonneur pour eux, {j-tÔt qu'ils y
f.l: nr arrivés, un homme d'affez
Fla: figure, mais qui avoit la philicr:omie forr fpiriruelle "im les
wuver; & leur dir en larin qu'il
s'appelloit le Doaeur Pauly, qu'il
étair . ! edecin , premier Chef des
R :belles de la Balagne, & ciCC\'aOl Chancelier du Roi Théodore. A tam de belles qualirés ,
rel"erences jufqu'à terre, hornages & remercimens furent faits

:H

DESCRIPTIOS

d'avance F ces malheureux ~­
fonni rs, a qoi ce gener t:x Ci
affora que s'il s'éroit trOU -tE a la: '
te desRéb Iles, quand il, a,-è::
été pris, - n auraient ure~~::
pas été dépoüiJJés ; m
_ _e
~e
mal étant fans temede, ille- p,;~::
de prendr p:u:i nee; illecr ~:::e
le fu' e, qu'il a1Joit le. loger è:::s
la meilleore maifan du \ï !ag~)
Hie conduifit fut le champ '.ez
le plus riche, qui n'eur pas plc:o:
vû )' état malheureu~ où é!c;enr
reduits ces deux Officiers, q~!1
en eut pirit! : chofe furt t re J -~
Corte.
TI donna à It. de BeuHigT'Y
un vieil habit noit déchir~ pourle
couvrir, une velte aulIi maul"2'e
à :Ir. Fouquet, & leur allum: b
(eu dont ils avaient gran ef_i~.
Mais comme tOUS ces Sam"ages
ne fçavent ce que c'eft que les
cheminées, & qu'ils font le feu
à un aRre ou foyer qui eft placé

DE LA CORSE.

j5'

al: milieu de la falle ou chambre,
cm la fumée ne peut forot que
_:r 'lu Iques trous de fenêue, ou
Fr 1 porre oU'-erre; ils n furent
hi n,[c)[ li offufqués , qu'ils aimerer:[ mietu trembler que ~e fe
::~;..ffer.

Après que _ h_ de Beuvrigny
e!:: remercié le Doaeur Pauly de

fa generofi!é, il le pria de lui faire donner à manger, & à fes 501'a[s, & d ail r ,-oit ceux qui
étoi nt bleffés , J'affurant qu'il y
al'oit trente-deux heures qu'ils n'al"Oi nt mangé, & qu'il ne mançt: roit pas de payet tOUt ce 'loi
1 ur ~ roit fourni: le Doaeur lui
d:t que fon hôre lui feroit bonne chere , qu'il a1Joit prendre foin
de fes Soldats, & qu'il le reviendro:t voir le lendemain; mais qu'il
lu: confeilloit forr ne pas forrir de
la maifon où il éroit, parce qu~l1
lui en courerait peur-être la vie.
Aptès un pareil avenilfement , ces

36

DESC

IPTIO.·

quaue prifonniers fe don::!e:e::
bien de garde d'aller li Frome~e:
dans le Village.
Leur I?ôre qui était 1 pb::·
c:he du Lieu, ayanr eu cen:. ''',
liwes en dor de là femme
;
c pendanr élOir habill e cot:''='~
la plus indigente aurait pli ,::e,
"oulanr bien les rrair r', 1 ~: ::
une grande & copi fe fI~.
f.1Îre al'ec l'huile de la lampe)J
ftomage rapé & d s poire;lx :.
füite il leur préfenta a ch:cun' ::!e
fourchette de bois pour la .. an·
ger; après c~t!e excell me (o~pe,
on leut fernt, pOUt les rJ go~:er ,
un parfait fromage pou: fa p~l:'
reur , a chacun un perit pa:n ce
G~ onces, &. un demi.fep:ier c
VID fot! bapnfé, afin qu'ils ne s'a·
perçuffenr pas de taure f< fi ci·
greur.
La faim & la malheureure G·
ruation fit manger ces bons ra·
gours avec un grand ap tit, Le

'37
DlO:anche l'enu , cet Hôre par
~~ efot! de generolité, les regala
c 'n cabry decedé à neuf heures
è matin de fa belle mort &
'
:Jang ., 1 foupe avec roUtes les
a a
:::paill s à midi fonnant, que rarit qui eft une bonne fauffe fir
r;OUI er excellent; quoique ce fait
le deux meilleurs repas qu'ils
'l:em f~it pendant leur prifon, ce
Corfe s ft vanté de les avoir magnifiquement regaIés , ces Infulatre. ne connoiffam qu'une façon
c.e IlI'r forr miferable.
Les oldats qui étaient rous
r:: ,3l'Oient recouvré de mau\ aire guenilles que quelques Fil1 s ks plus pitoyables du Villaae
le:r al'cienc donné pour cou...~ir
leur :1Udité, d'auues avoienr eu
1':~re:Te de fauver quelques miferô:es chemifes du pilJage,
Le Dimanche onze Janvier
(es Rébelles ne manquerenc pa~
n bons Chré'ens de conduire
.

DE LA CORSE.



38
DESCRIPTIO:-;
leurs ~rifonni~ à r Eglife f ~r
leur faire enrendre la l\1e/fe ; &:
leur ayant remarqué ces cher;:s
haillons; ces brigands, [ans a\"o:':
égard à la fainreté du lieu, les cipoüillerencune fecond [o;s; q~o:­
que le Curé interrompir ra" leEe,
pour leUt reprocher de comm :ue pareille barbarie en la pr :ence de Dieu ; ils lui r' pondir :;!
qu'il fe mélâr de faire fon rn-ri r,
que poUt eux ils faifoi nt 1 ! 1;::
fort heureux furent les deux Orticiers d'avoir fuivi le conf, il b
Doaeur Pauly , & d'être rell s nfermés chez leur HÔte.
Ce même jour les Carres, dom
les uns avoienr eu de meill ures
hardes que les aurres, [e quer 1lerent fortement, & [e barrir nt
enfuîte à grands coups de fuftls
dans les ruës du Village, dom _Ir.
de Beuvrigny for fort inquier,eraignam que dans ce carillon ils ne
tuarreqt quelqu'un de [es Soldars,

DI! LA COIlSE.
'19
il fit encore prier les Chefs de leur
bnner du_ paiD, ~ qu'il le payeraIt au pOids de 1or , mais il ne
pUt ri n obtenir.
Le Doaeur Pautly érant revenir
2\" C un Pcieur des Servites le
roir, il leur remit uneJettre pour
:\!oDfieur le Marquis de Boiffieux,
q î commandait en Corfe les
Troupes F rançoifes, & leur fit de
grandes inllaDces de la faire te·
ir à ce Général. Mais ils ne jugerent pas à propos de la faire
rendre, parce que l'ayant ouverte , ils y virem un portrait trOP
narur 1 des mauvais trairemeDs
que. cetre malheureufe T taupe
ôrOlr reçus ; ils affurerent feulem nt qu'ils alloient travailler à
leur liberté.
Le lendemain Mr_ de Beuvrigr. "reçùr , par un exprè ,une lett:: de M r. le Marquis de Villen'ur, Brigadier & Colonel du Régim nt de BaffigDY , çom!Dan~

,

40

DtsCRIPTT01-:

dam à CaJry par laquelle ii '~i
marquoir, qu'il prenoit bi ~ ?'"
à rous les malheurs qui Ji' [0; ::
arrivés, qu'il lui envoyoir o:z~
Joüis pout (es plus grand befo::s,
& qu'il s'étoir rendu à J11~e Rc~:
fe, à rroi lieuës du Villag c P:lafca , pour rre plu~ à o,ré ,:~
le fecourir, & rra\·ailler al' C ,es
Chefs des R belles à (a I:b~::~;
..
d' h .
ce C apltalDe
e rres- .Jn: 1remercimens à ce Gén -ra ::e te::tes [es bontés, & lui manda gJ~
de l'argent qu'il lui envol'o::, ;!
n'en acceprair que d ux 10L:s
peur acherer du p~in à fi o~­
dars , parce que s il en P' r.O,r
davantage : les Rebelle \' naJ!
à le fça\-oir, ne manquerai m pl
de les lui prendre.
Le dix Janvier le ConCul Fra:çois , qui ell un Corfe fidelle à la
République de Génes, vint dlcS
ce Village voir Mr. de B<:urr:'
gny, &l'aifuraqu'i1 allait ien-ror
l:~re

t f
être délivré: fur le midi, le Docteur Pauly ne manqua pas d'arriver
à la rêre de quarre cens hommes
bien armés. aïnli que le Prieur
d 5 ervires, qui portoit un gros
f~~i[ fur [on dos, un pilloler, Wl
poignard. & une cartouche à fa
ceinture avec un grand Crucifix
p ndu à fon col , qui venaient
pour fàire relàcher de gré ou èe
fJ[::e ces prifonniers aux Habitans.
ce Palafca, qui ne ,oolurent pas
d'abord les rendre; mais n'étane
pas les pIns fons, il Yfi ren' bientÔt contraints.
C s deux Chefs ayant ordonné
à leurs gens de faire feu fur cell'X.
q~i fi roieor la moindre r fillance, firem fur le champ [onu de
ce Village ces deux Officiers, &
tous les Soldats François qu'ils
men rem coucher à Belgodere, à une lieuë de -là; en arri\'am à ce Village , un honnête
Corfe rendit à MonG ur de Beu.DE LA CORSE.

D

"

i2
DESCIUPTI:-;
vrigny fa croix de ainr Lcù
Le 1 demain onze Jan'-le, ce
Capitaine reçur de fon Ho: ::e
Palafca > un rir billet ' ::: e:
1 rali n, par lequel il l' .. ,rCu_:,
-nfi que le Doc1 ur Paul y _c~:.
venoir d'arriver hUÎJ: cecs -'le:·
ngnards bien arm s,qui '-0::::
Ce joindre avec 1 S Hab:::31:s è
Palafca , pour enir a:raq"e,!e
Do8eur Pauly & fes qu :Te cee.;
homm s, & reprendre le F,":,
"ois qu'ils -menaçoient 'af1>Jner; Mr. de Beuvrigny ap~r :.
re nouvelle au Do ur, - a~
Prieur, qui lui cürenr qu'ils le
voienc déja, & l'aIfurerenr q~-~s
alloient fur le champ 1 C:ldui au Village de lomez!·
1.0 , où ces bandits D'aoro:e:r
pas la harcüelfe de le v n-r a,raquer.
Ces deux Chefs parriren: fu:
le champd Belgoderea,-ec1 ursprifonniers , & ne f<IIent p s long·

f,.-

DE LA CORSE.
43'
rems à arriver à Monrezello, qui
n- n eft éloigné que d'une lieu-·,
les oldars y furem logés & trèsb:en gardés dans la Chapelle des
P 'n:r ns, & les deux Officiers
chez un Pr re, qui leur donoa,
à la m e du pa s, à dîner pafC. blemenc , ainfi qu'à ooe douzain de Chef~ de ces Reô Iles
bi n iRrenrionoés, qui s'y étoient
aiTcmbl s avec une grande quanriré de Prêtres & de _loines toUS
l. s bien armés.
_ loolieur le Marquis de Villemur ayanr apris que ces deux
Offici rs, & leur rroupe> éroient
arrids à ce Village, écrivir au
Do eor Paoly , & aux aurres
Ch fs, de le venir trou\' r à l'Ille
Rotre , afin qu'il pûr avoir une
conference avec eux; ils eurent
beaucoup de peine à fe dérernUner à faire cerre démarche; mais
le Doélew: eur l'adrelfe de les
Dij

44-

CORSE.
+5
capottes , des paillaffes, du feu,
6:. bien à manger, dom ils a.oient
grand befoin.
Le quinziéme Janvier _:ionfieur
le .\larqt:is de Villemur fir difuiu r aux Soldars dix chapeaux ,
dix-huit paices de bas, & dix pon.
r~s cl fi:>uliers,. ce qui érair ro
c quïl avoir pû trouver à Cal'.y , qui n'eft qu'une Biquoque ,
Four r'habiller UD peu ces mifer<tbles clépoüillés, prévoyance & arr . :ion ordinaire à ce Général,
& la moindre de tOUles fes bonr.es qualirés , qui lui om procllré 1 s Commande mens les plus
cl, lin gués pendanr le féjollr des
F:ançois en cerre Ille, & après
le d patt de Mr. de taillebois,
1 Commandement de route b.
Corce.
Le lendemain Monfieurle Marquis de Villemur fir embarquer
mns plufi urs felouques rouS !es.

DESCIUPTIO.·

DE LA:

engager à aller av c l'Ji r:ou'ce:
ce Gén rai , avec lequ 1 a;:;:\
avoir bi n confi ré & è:f;~:'E
endane deux heures, il co~(::·
.r nt de lui l m Itr
ur- ;:;.
fonoiers.
Tous ces Chefs étant de :~­
tOUI à, lomezello, x Cl.!:e:;::-~
fur le champ leurs prom fi s. &:
firent partir à Cept h ur èu b
l d wc Officiers avec L c~·
<latS & Marelots , qu'ils ccnd~~­
firent fous une bonDe fcorr~
l'HIe Roffe, quoiqu'il D'y ur qu·une lieuë, 1 chemin éranr i r: rt.!·
de, 1 s Soldats tous nuds, g :~s
e froid, n'y pur Dt arr·,· r GU ~
dix heures du foir.
Monli ur le J\1at"qui d C·
IenlDr, qui les att D oir r;
grand imparieace, leur clonr..
roures forres de li ccurs, a 'x o.liciers des hardes, du ling ,&:
W1 bOll foupé ; aux So.dars, e~

j

46

DESCRlPTlOI'

Soldats, ainli que Us. Be~IT~
gn Y& Foucquer, qn il fOr<,a ' .
cepter vingt-àeux loüis, q~ ce
premier fit d'abord diffi ré ~~
prendre; mais lui ayant r 'monrré qu'il ne devoir pas fe m "re
en mer fans argem al'ec f: rro:pe, ne fça.chanr pas les évén mens qui pourroieoc lui amI" ';
ce Capitaine leS accepta, apr"
l'avoir remercié de çoures r. he:tés; il partir fur les neuf eeedu matin de l'IDe Raire, & :rriva fort heureufemeor fur J r. pr
beures du fair à S. Fiorenzo, où
il rejoignir le relle du Régiment
de Cambrelis; ce rraj i n'étant
que de quinze li uës.
Si-tôt que ce Capitaine fi·r dé·
barqué, il renvoya les vingr-d ur
loüis à Mr, le Marquis de Yillemur, avec de nouveaux & de
rrès-humbles remercirnens, n'en
poUVant crop faire à ce Général

DE LA CORSE.

47

~ui par fa fage _conduite avoir

12uI'é ces fix Compagnies, qui
F r -être auroient éré égorgées
par les Rébelles de PalaCca & des
~l onragnes , li elles étoieor relUes
plus long - rems à être délivrées.
Le Roi qui avoir d'abord crû
c fLxCompagnies péries,ayant
apri avec quelle fermeté Mr, de
Beuvrigny les avoit fauvées du
naufrage , & la valeur avec laqu Ile il s'éroit défendu contreles Rébelles , lui accorda une:
gratificarion de huir cens livres, &
CAe p nfion de quarre cens livres Jo
pour lefquelles graces Monfieur
d'Angervilliers, Minifire de la
Guerre, lui écrivit la Lettre dont
voici la copie.

Sur fe compte , Monfieur, qtnlai rendu au Roi de la fage 0gmere"fi conduite qtle 't)ous a'tJe'Z.
tenlle au naufrage dts fir Compa:gnirs du &g!ment de Cambrefis ,.

· ~8

DESCRIPTIO:-;

'lue '/IOllS c071JT1/411die, & d:t uk
'lue '/10111 avez û71Ioigr.r à u J:;Jet pour Ion ferviu, a .Wa;"û1
pim '/Ioulu '/IOUI tUcorder //TIr rr..
fion de quatre cenI livm filr [:JI
Trifor Royal.
.
Je f«iI , Monfton, trtr-p{i.

DE

lement,

Signé, D'A

LA CORSE,
·GERVl:.LIll!.

DES

MŒURS ET COUTUMES

DE SES HABITANS.
~~~~ OIcI,Madame, lesmœu(s;

î V :g: coûwmes

& caŒaeres de

9~(><> ces Infulaires,que j'ai l'bon~

neur de vous adreffer , je fouhaile que ce délail facisfaffe vOtre
curiofilé; fi cette ennuyante &
longue leaure fait venir vorre
migraine, je "ous prie de jeaer
tour ce btoüillon au feu) ne l'ayant écrit que pour vous plaire:
s'il n'a pas ce bonheur , il eft

D!SCRlPTIOll

E

,,

fi
DESCRIPTION
- fie qu~û re'iOive cette P cition:

DE LA CO-l/.SE.

D

)l

VISION DE L4 ÛJRSE.

SITIJ4TlON DE LA CO!{SE.

Pie\'~s lignifie un ;;1femblage
c:e p
UIS Lieux fous la même
Régie, quoi qu'ils dépendent de
di\"erfes Paroilfes, lefqu lies comFcfenc chaque J uridi -on.
De c s dU: Juxidiaions il y en
a fi); eR--dec;à<les Monts, qui fom
Capo corCo , Balagna, Calvy;
Bal ia , Corre AIleria , &: Hais

I1llle de Corte ell lirué ~a::>
la ecntenanée , ~ re le cremeneoviéme & quuan e-deuxiéœe
degréile lamude, étendam depuis le ttentiéme d gré creo:e-

deux minutes -de latitude, a\4!!t
.al,!
rIDe de ardaigu ,&: a~
orâ es Côres d'Italie,
J:omptC

plus grande Ion·

Fiefs, qui-4ènr

'oc 13 lugem ~

ouza, Brando &:

CaIlar .

gueur depuis Capo Boni; cio au
..sud, j fqu'à Capo Corfo au Nord,
~ C~nt lOixanœ Ji ës lcalienr. ,

A:I- del2 des Monts il y en a
.'larre <!jui tOm: Viel:>, Ajaccio,Sartene, Bonifacio, &: le Fief

foinnre-quinze,

eF' Capo Galiera aD Ponanr,

d'Illria.
Il y a dans cette Ine cinq fu-ê.
ché ,qui 1Oor. fariana, ~bbio,

.;olqu'au Lac 'Urbino an Leranr,
-l~on fait
lUer rour fon c'.:cuir à ux cens vingt-.cinq li ués

Alleria, Ajaccio & Sagofite.

rte lOe

d'I~

.divife.en dix Juri·dlaiops.&-quatre Fiefs, conlpe.fant [QÏx1nlo-b • Pieves.

RIVIERES DE L4 CORSE:

On roit vers le nûlieu de c-ett~
Eij

~

T

)2

-H

DESCllPTION

DE LA CORS!.

me la haute {omagne de <ln;
dacc:io> fur laquelle on trOU, 1
Lacs de Cremo & de Dina, airez
proche l'un de l'autre: du premier
l'on voitfortir les Rivi res LIa·
mone& deTavignano,don l'une
coule vers l'Occident, & l'aurre
vers l'Orient: du Lac Dina Cl .
cdIe du Gaulo, qui fe j ne ms
)p 1ez: près de hriana; ces no:;
Rivi res font les pins conli~e:2­
bles de cerre Ifle, qu'oo pourroit
rendre navigable en y fairant que!.
ques dépenfes ; pour les aurr _ •
les ne meritent pas qu'on en parle.
Le rerrain iie celte 111 pa:o,t
_xterieur~~r d f; greable &d'·
fen, à caufe des haures 1omagnes qui l'enrourent; cependant
plufteurs mOÏJIs élevée que les
autres , fonf plantées en Bois,
Oliviers & Charaigmers, & no r·
rifTem beaucoup de T roupea x
par leurs pârnrages. Ces Monra;gnes fOlment de' diftance n di,

fiance de pentesPlaines fon agréa.
bles, plamées auffi en ignes ,
Orangers, Bergamoriers , Cirronniers, Arbres fruitiers & Oliviers,
qui produifenr beaucoup d'huile,
de figue ,& auues denrées utiles
& nécelTaires; & fur tour beaucoup de vin blanc & rouge, qui
eft encore affez pafTable , malgré
la mauvaife facon dom les Corfes
s'y prennenr pOllr le faire; mais
ces vins feroient auffi excellens
que ceux de Candie, de Chipre, de Siracufe & de Malaga, li ils voulaient fe donner la
peine de le faire comme dans ces

pays.
Les Vems y font extrêmement
, \'iolens, & Y fom fur les fruits
& les grains le même effet que
la grêle : le pays depuis S. Fiorenzo jufqu'au Capo Corfo y eft
le plus expofé ; & nonobftant cela il eft le plus fertile & le plus
habité. La petite Province de la
E iij

f+

DESCltIPTIO'1'

ag

la

cft la 1 s abondaree •

Coné en 10Ur.

'11 y a dans ce pays p,b-".et.,
Bains tant
ud q e froids, &
Eaur min ra s falUla"< po 1
iO es fan s
m dies·
.tielt·taux , Oifc ·ux d 1 u~ efDe'
ces, q
. de Gi:
fur :~.
des Perdrix rouges, dom on •
pr nd n and"' r une fi 0r""..nde quanti au fil r, que pl ; .'1
i es d'Ir - cn four fo mi .;
mais elles n'om pas le fi [~
Barravelles du P cigor ; on y
prend auffi
an! l'hiv r be1~. . r.
~ de ~
r
1)0
,cr- .or!
tou~ ce que r on p ur manger e
lcar.
On trouve dans les. lonrag cs
entre Vivario & Borgoniano une
Forêr de Pins d'une grand bea~'
té, pleurs groffi & haut ur J
avec quanriréd'aurr s Arbres aJ.'
Is les- Corfes m renr le feu
rour l s abarue, ne fai1àn1 age

DE LA CORSE.

H

èe ces Pins , que pour en tiree
quel ues pa..-ti s qui fen-eor à les
air r ; ils l s Jaiffem: enfuite
pourricfunetre, nefçachanrcommem les tranfporrer; ces. Arbres
fer\'iroi nt bi n en France à la
conltru -on d VailTeaux.
n s'y trouve a (fi des .finës
d'or, d'argenr, de cuivre & de
fer, des Carieres de farbre & de
Porphire: il fe formedansles.:\1ontagnes de Borgoniano un criftal
qui eft d'uhe grande beauré par
fes differemes couleurs; mais la
politique Génoife n'a jamais permis à ces Peuples de faire mage
de leurs richeITe •
T OUles les Terres en ce pays
produifem peu de grains par la
fainéanrife des Corfes, qui ne [çavent ce que c'eft que de les engrailTer & arrofer, quoiqu'ils ayenl
dans loutes leurs Plaines de perires Rivieres ou Ruiifeaux dom ils
pouIroient [e fen'ir pendant les

Eiüj

"r6

DESCIlIPTION

chaleurs) ne s'embaraffanr a fur·
plus que d rec~ëillir d s geai.os
po r lellr noumtUre ; quand 1 •
on une fois labouré, ils feme~:
1 [$ gJ2ÎllS q i vieDllenr comme
il plaît à Di u; ils onr cepencan:
de lems en lems des r coh ~ :t
abondantes.
J cgez, :ladame, de qc 1
terrilité Cc roit ce pays, &. ç::e1
produit feroit fon comm rce, fi
il éroir habiré par une acionau:li
laborieufe que les F rtnçois.
CLIMAT DË LA CORSE.

L'air cil: mauvais &. ID f< iB
pendant r éré, dans les ViUes cl
Baftia ) S. Fiorenzo, la Gugliob)
Calvy &. Ajaccio) où l'exceffil'e
chaleur caure quantité de maladies, dont les François Ont éré
attaqués pendant leur féjour cans
ces Villes) qui manquent pendant
l'été de bonnes Eaux, qu'on y

DEL A COll. SE.

)7

conduiroit facilemeor des Monragnes, fi on leur permettoit cfen
faire la dépenfe.
Dans les petites ilonragnes &
émineIUies un peu éloignées de
:\ler, où foor b~ris quanriré de
beaux illages,la bonté des Eaux,
l'air vif & pur, fair parvenir les
Paifans à une grande \:ieillefTe,
qui n eft ni caduque, ni infirme,
1 ur fobrieré 1 s pr 'fervanr de roules les maladies dont les Occicl oraux font accablés: fi par bafard ils rombent malades, la dierte, quelques remedes {impies, le
èéfaur des !\1ed cins, &. des faignées, aide à la namre à fe rétablir.
En genernI le climat de ce pays
eft le plus beau du monde: le
Ciel n' y eft jamais deux jours de
fuite obfcurci; il n'y fait prefque
point d'hiver, le chaleurs de l'é·
té Y foor moderées , furrour dans
les .Montagnes par les ventS du
Nord.

58

Ih;s-CRIPTION"

La- quatriéme partie de cette
Ille eft inculte & déferre :les guerres civiles & les alfaffinars qui durent depuis q~Bze ~s , ~yant fair
perir près de vmgr-hmt n1Jll~ hommes, & détruit plufieurs Villes .
grands iUages; on y compre c .
pendant encore cen feiz m' e
Habirans.
ORIGINE DE LA CORSE.

Je fouhairerois fott, fadame,
pouvoir vous dire quelque chofe
de cerrain fur l'oriaine d s preo
,
miersHabirans de cerre ILI:e; malS
rI. m?eft pre1que impoffihle : les
Aurems prétendent que quelques
Perfans des Côtes. de la Mer Caf·
pienne ,ou que les Tyrrheniens
& Hetruriens, comme les plus
proches voilins , s'y roient établis
les premiets. Ce qu'il y ade vralfemblable, c'eft que ce furenr
les Grecs qui envoyerentla pre-

DE LA

CocRsE.

',9

rniere colonie en Cork:, enWron
560 ou 570 ans avant la naiffance de Jefus-CMift. On fçait certainem nt que Cyrus Roi de Perf, , a'
comrnan à fon Gén .
ni Harpalus, de fubjUguet IO~S
les Grecs de rArre • eure; il
affiegea la Ville de Phocée ~apitale 'Ionie; &: que-fes Ihl)lfans
znn! demandé vin~uatre heur~s pour délibererfurle parti q~'ils
pren ~reient, refolurenr d (jUmer
la Viile, & de s embarquer fur
des \'aiffeau-x avec IOU leurs efbs: vingr ailS '*para -anr, fur J'a:vis d'un certain Oracle J ils avoient
envoyé une Colonie eR Corfe ,
en fo~re que l' y étant allés joindr ,ils furent reçôs à bras o~verrs
par leurs anciens Compatriotes.
. lais s'étant mis dans la fuire-à
exercer beaucoup de pirateries,
ils en fmelK enfin chalTés par les
Carrhag1nois & les Hérruriens, &:
fe rerirerenr à Reggio vis·à-vis de
la Sicile.

/

'60

DEL.\ COR s

DESCB.IPTION

E:

61'

pour défendre cette Ille : les Romains y remporrerem d'autanrplus
faCilement la viaoire qu'Afdrubai
ne pUt les fecourir, ayant éré jetr dans pme .de Maïorque par les
vems conualres.
Depuis ce rems·là l'me de Cor·
fe a toujours été fous la domination de la République Romaine,
aux Momagnards près, qui n'ont
Jamais pû êue enrieremem fuhjugués. Les Empereurs y Ont foul'em relegué divers Criminels, ou
ceux qui avoient le malheur de
leur déplaire: du nombre de ces
derniers, fut ce fameux Seneque ,
qui y palfa rriftement huir ans entiers. Les affaires continuerent fur
le même pied jufqu'à Confiantin
le Grand, qui y envoya un Gouverneur particulier, & different
de celui de Sardaigne, & pendam près de trois cens ans on
ne rrouve plus rien touchant 1"
Çotfe.

Ces deux Peuples para' em
~Ire reftés pendant quelques rems
les Polfelfeurs de cette me. Tou.refois on Irouve dans les anc; 3S
ifi(toriens , qu'A ppell , Amirai
des Siracufains, y lit un grand b3Jin; & qu'A milcat , Général d 5
Carrhaginois, avoit beaucoup da
Corfes dans l'Armée qu'il condaHir conIr G Ion Roi
Sicile.
Deux cens cinquanre-f< ras
avant J. C. le Sénar Romain en·
voya L. C. Seipion en Corfe, quO
en chalfa les Carthaginois.
REVOLUTIONS DES CO.?SES.

Deux cens quinze ans arant J.
C. le Sénat de Rome voyant que
les Cones vouloienr fe fouftraire à
fa dominarion , pourfe memefoui
celle des Catthaginois, qui yen·
voyerent Afdrubal avec des Trou·
pes , envoya Servilius Gemius

1

'62

DESCRIPTION

Six cens arI apr

de J

la nai ance

' , un cenain p ;-

1ànt Sannn , nommé Lauza Ancifa. ,
rranfpona des T fOU es

i

e
.1a.~oméran ,
nommé Haly, Ile t fi 'en
les armes & par l' loqu ,ce e
Doael:lr, que les Cart( cllafferent
Romains, &
ren~;'
rent i omerans. Ancifa pri~ le
lÏtre de Roi de Corfe, que fes
SuceefTeurs ont porté pe~3r
166 ans, dom 1 dern' er llC);llmé
gulo ~i\"oit du rems ~e

;n:ec un

'63
ce pays, Ile repafTa à Rome où il
DE LA CORSE.

p:

Olad magne,
Ce fut aiarsque le Pape &ie~'
ne y env
Ho Colonne, r
quelques;lutteS obies Romains,
qui enr~piirent de fe ~ndre , fain -de l'Ille; il s'empar renrd'abord d'Aleria, Ile -d /irem _'uo
10 , qui fe retira à ,;1 riana, • 0fuite repaifa n Afrique,
Hugo Ce fit déclarer Comte de
Corfe, laifTa fon fils Bianco dans

IDO rUT.

Sous ce Comte Bianco, Nogulo fit de nouvelles remaùves
pour rentrer dans cette Ille, où il
rtI'int a\-ec une l' 'fTaroe A~ée
è araz.ins, qui ravagerenr &
brûler
plufieurs iUes; mais le
Comte Bianco furprit
ugulo
dans une embufcade , & le rua;
Abdalla fon fils continua fes ravages, btûlaae & faccag;:ant tOUt
le pays; mais un Cornee de Barcelone qui joignit fes Troupes
avec celle de Bianco, fic un fi
grand carnage des Sarazins, qu'ils
fur e reduirs à Ce [oûm.eme au
Pape, Ile à donner la cinquiéme
panie , non feulement du crû de
leur terre, mais ID me la dîxme
de leurs enfans.
Abdalla fut obligé de Ce retirer
en Afrique; &. Bianco étanr mon,
fes Succeffeurs régnerent de longues années.

if

DES C

J PT J 0 l'

'65
blis dans l'me , fe revolrerent
conue les Pifans , & les uns &
les auues remporrerenr par Terre
& par Mer plufieùrs avamages.
Un nommé Guovaninello, qui
élOit un riche Seigneur Corfe ,
fe fournit avec une grande quan" é de fes adhérans aux Génois,
qui envoyerenr en Corfe Lucherta Dorio avec le titre de Vicaire
Général, qui fit prêter en J 289.
à 10US les Corfes leur premier fermem de fideliré.
Comme je ne vous ai promis,
. hdame, qu'une fuperficie d'hi·
floire , je ne vous ferai pas un plus
long dérail de loutes les guerres
& de tOUS les troublCSoAui ont continué long - rems entre ces ditferens Peuples,ce qui pourroit peurê re vous ennuyer.
Je reviens aux Habirans de ce
pays, donr j'ai fait ma principale érude, & je vais commencer
par leurs habillemens.
DE LA CORSE.

Sous le Pontificat de Greoo::e
1. les guert civiles & èÏl':'
fions a trecoannencé, c Pa·
peyenvoyale 1atquisddiaJT~,
qui fubjugua les differens parti!.
Dès que ce :l:arquis fut mOrt,les
G nois s'empar em de Bon:.'àcio, que les Pifans avoiem bb.
lie en chalferent tOUS _ Hù:tans.
Les Genois avoient alors pc;;:
leut Chefun nommé Orfo, homo
me temeraire & mécham,qui :ln'autres chofes établir pour i le
droit de la premiere nuir es n'
ces , qui lui coÛta enfin la vie.
Après là mort la confufion & les
guerres conrinuerenr.
En 1091. le Pape donna l'UJe
de Corfe à ceux de Pife, comme Fiefde l'Eglife, lefquels yré.
rablirent la tranquilliré, & firent
Mrir plufieurs Eglifes.
Vers le commencement du
douziéme ûécle , les Genois, éra·

bli.ï

F.

66

DESCRIPTION

Ces Hàbirans font avec u~e lai·
ne qui 0'ell pas degraiffi une 'froyabJe éroffe brune, dOn! ils
font t.ous habillés de la III mouleur & façon.
Ils po~enr one petire vefie
ge jufqu'à 1 ceinrure; d '
1_
t s brun
aulli brg q c les
d s .br la , d s bas
1 li:"me étoffe fan mal fairs
IlJ3-

ni re de
s man

~jI)gotte

courre avec
l , brelOlle, par
defTu un. man au-avec un capuho/J.). pr fq
l'OUS des bocines ,
~ me les P
& Moines; les
onlag~.all:·
de bocines,
~e e Q
~ Ics';:uDbes d.epeau.t
de chevre avec te poil, un bonner 00apeau
<le fouliers
for! mau\'<\Îs, hev m leur vila:n

habill rnejlt", qui

en quelqu.efois

recouru & ~p~r [é <le ntille pie~

CORSe.
67
ces de diEerenres coulenrs, quoique rous ces Pa fàns [oiem la phIparr à leur aife,ils font encore plus
avares que parelI"eox.
DE l.A

I/ILL1!S DE CORS:e.

B.~STJA qui eft la Ville la pins
remarquable, en eft préfeorement
la Capirale: le Gouverneur ou
Commi{faire Génétal de la République de Génes y fair fa réfiè nce: plufteurs Eglifes , Couv ns & Bâtimens l'embelli1Tenr.
Cerre Ville n'a qu'un mauvais
Châreau, une !impie petire muraille crenelée pour la fermer ,
avec un Pon dans lequelles F regares & Barques armées ne peuvent eorrer.
La Ville de COR TE, qui en Iralien veur- dire Cour, eft !iruée au
milieu de l'HIe, donr elle étoit"
autrefois la Capirale; mais ayant'
éré pendant les guerres civiles dé:

F ij

68

DESCRIPTIO

mûre, & pr fque toute brûl ;
eUe n'dl plus aujourd'hui q ':n
mauv.ai.s illage que 1 F ranç<i;
Ont fa' pendant leur féjo r :er·
mer d'one muraille à pi rre fe:.
che pour y renir pendanr Inyr r
plus luremenr garnifon.
En fuÎ\'3llt la Côre Oc :t!e:.
tale, on trouve à trois li u' u
Cap Corfe, S. Fiorenzo, qui 60:r
ci-d vant une perire ViII ,rna:s
qui ayant été prife & r prife p,n·
dant ces d rniere guerr ,n ft
plus qu'un iIIage f, rmé d' ne
mau\'3ife murai! e crene! ,dé·
fenduë par une groffi TO'r flanqu d'une cloubl, muraill firuée
dans l'enfoncemenr& for le bord
d ce Golfe, & que les Génois
Ont toujours gardée : pendant le
fejour des Français n ce pays, ils
occu~oient l'Eglife & l'Eçêché
fuué a one portée de carabine de
c ne Bicoque.
Le Golfe de S. FIOR EN ZÜ

gE LA CORSE:



pourrait contenir deux Armées
'avalles, étant un des plus beaux
de la :iediterranée: fan ouverture ell de plus d'une lieuë fur
trois de profondeur dans les terteS ; .de grandes :iontagnes quis'éle\'ent fur tOUS fes bords, y
mettent les ailfeaux à l'abri des
vents, excepté du ord-eft; il
faut y jetrer l'ancre à un quart de
lieuë de rerre dans le milieu un
peu fur la droite ; fon enfoncement étant rempli de gros Rochers à fleut d'eau, on ne peur
aborder teuê qu'avec des chaloupes.
En fuivant la même Côte, on
trouve à douze lieuës de ce Golfe LA.LEGA.LJOU , petire Ville,
autrefois fermée d'one bonne mu·
raille, de deux Ballions fur le bord
de la Mer, & dJJn autre du côté
de la Terre: au commencement
de la guerre 600 Rébelles l'étant
yenu arraquer ,le Commandant

o
DESClllPTION
Ge ois, avec cinq cens Sa· tks
& les HaOinos , n'a am ou'
défendre , Ce fauva afi"ez hom

Cement, & contraignit 1 Ha!ritans de s'embarquer a,ecl ";les
Rébelles q i de 1 DL vie n'a:roient pû la prendre fi e a ri:
été défénduë, la. voyanr aban:!c:n ,la. brûIêrent & la d 'U1J~­

reor prefque entieremem ; mm
ne l'ayant point gardée, 1 Génois s'y foor rétablis dans un 13<ftion. Si-rôt que Mr. le _larqu:s
de Villemur fut arrivé à Cal..,
il Y mir gamifo~ & fit taccom"
der fes murs: la Mer
r mplie
de Rochers vis·à· . de cette Yil·
le, qoi n'a fur la droite de fon
Fauxbourg qu'Me- mauniJl Rade. où les petiœs Tarrann s Felouques poiITem abord r : fa
CÔte elt dans des t.cms alTez poif.
fonneufe , étanr filUée en Balagne, qui eft un fort bon pays où
il fe fait une grande qllanciré 'hui·

en

DE I;K COI! SE:.

71

le; il Fouuoitiyétablir ungrand
Commerce quî la tirerait de fi
pauvreté; mais les: Génois.ne:per.merrent la fortie. à aucunes den·
rées, à moins qu'elles ne leur
fi ~ent vend: ës..à ri! prix.
Arrois lieu.ë.s-de Lakgaliola
firuée la ViH.e de CALvY ,danr
le Pon eft défendu par. un bon
Chateau bâti fur un Rocher qui
annce dans laMer, & fonifié à
la moderne par cinq bous Ballions , qui ne fom cependanr ni
couvertS ni flanqués; les Génais y
tiennent fept à huit cemltommes de garnifon, & un Cornmi[o...
faire ou GOU1œmeuL Piufieurs
maifons.a/Ièz mal bâties.., forment'
dans ce Château des ruës qui fer"em d'hahitatitm à quanuti. de
F<tmilles-Génoifes & Carres arta.
ch es à la République: au.bas. de
ce CDâIeau elUe Fauxbolltgqui
contient envir.on.faixante qui=
mmans enta éfs: .d'unep:etite

en

72

DESCRIPTIO

muraille crenelée, que les F!'aIl:
çois y ont fait faire, aïoG qu'une
batterie de huit pieces de canna
pour défendre le POrt; dans le
Baffin , qui eft fort grand , les
F regares mediocres, fom 1 s plus
gros aill"eaux qui ruilfenr y en·
trer, elles y jettent 1ancre au pied
du Ch~eau , I.es aunes Biom JS
à quelques pas de rerre: en y fai·
fane quelques dépenfes, on y f< roir un beau POrt.
Vous, Madame, qui polTedez
l'Hiftoire mieux que moi, n'arez
pas befoin d'une plus longue narration au fujer de cette Ville, qui
eft aJTez recommandable par les
guerres & fiéges qu'elle a foutenus.
La Ville d'AJACCIO, fur la mê·
me Côte Occidentale, eft à vingrcinq lieuës de Calvy : elle a un
~nd Baffin qui eft fortifié & défendu à fon. entrée pat une petite
.Citadplle de cinq. Ballions à la
moderne~

DE LA CORSE.

71'

moderne, dans laquelle les Génois ont toujours t nu garnifon :
la Ville eft fermée d'une bonne
& belle muraille, & de pIeGeurs
Baflions faDs F offez ni chemin
couvert: elle eft bi n bâtie, ornée de plulieurs belles Eg!ifes :
la plûpart de fes ruës font tirées
au cordeau: elle eft la plus jolie
& la mieux Gruée de la Corfe:
elle a un Fauxbourg fort bien bâti, un CommilTaire Généra! de la
République y fait fa réfidencé:
1 s VailTeaux viennent jetter l'ancre dans ce POrt au milieu du
Baffin, vis-à-vis le Fauxbourg, &
les Bâtimens Marchands un peu
plus près de terre.
Au commencement de ce fiécie, les Génois, pour augmenter le nombre des Habitans de
cette 1Re, y reçurent & donne·
rem des terres à flX cens Mainotes, qui filnt des Grecs Romains
& Schifmatiques !ie la MOJée)

9

14
DESCRIPTION
qui habiroiem ci-devanr les Côtes du Golfe de Coron , dep is
le Cap de brapart, jufqu'à la
Ri iere de Calamara , le(q eJs
étan- fort malttairés par les T ures
qui fonr dans cette pre(qu'I1le,
{urenr contraintS de chercher une
habiration où ils pourroient "ivre
en liberté de confcience, & en
repos. Depuis qll~ÙS fom en Cor·
fe, ils- y Ont fort peuplé & bâti
de fort beam: Villages, eorre le
Golfe de Sagone & Ajaccio;
comme ces Grecs fonr de (orr
honnêtes gens, & onr été tOUjours très lidéles, la République
en a pris dans celte guerre qua·
rre cens à fonJervice.
Les Femmes & FiUes Grec·
ques onr perdu dans ce climat une
grande partie de la beauté qu'el·
les y avoienr aporrées: elles (ont
cependam encore plus belles que
les plus jolies Gorfes, plus vives
que louteS nos F ran~oifes enfem-

DE LA CORSE.

7$

bIe; & rrainent l'amour li forr en
badinanr, qu'elles ne celToient d'ade pourfu'.re nos Frangacer
COIS.

• Voes vous inrerelTez peur-être
déja trop, Madanle, à ces aimables & fpiriruelles Grecques, pour
que je palTe (ous fdence leur habiUemenr, qui eft dans la fimpli.
ciré un des plus galands de l'Eu~
tOpe.
HABILLEMENT DES

GREC~UES.

L'EIM comme l'Hyver, (car
dans ce Canton d'A jaccio , il n'y
fair froid que quand le ordd'Oueft y fou Be) ces jolies Greoques fom habillées d'un 'fimple
corps garni d'Indienne, qui (outienr leur raille & leur gorge,
qu'elles lailfenr voir très volontiers: leurs bras ne fom couverts
que des perites manches de leurs
chemifes- ren:oulfées par delTus leG ij

,
.

76

DfSCltlPTION
coude: 1 refte de leur habillement eft une fimple jupe cou:te
de roill bl - >doDt 1 moitié relevée par devant' jofq 'à la ceinture> laüfe à découvert uoe ch
mire fort blanche> qui p

peioe le genoüil > découvre de
belles jambes> & fui\'am 1 s
marionsmil1eautresbeaut' qu'dIes s'embaraffi nt fort pe d' J,;f.
fer voir : leur t e eft om' de
leurs cheveux rrefij & rerro 'és
en artiere > avec qu GU r:.ès
de ruban> un voüe forr grand,
où une pïece d groffe moulli E·
ne 1 ur tombe (ur le do > dont
quelquefois 11
' nv op J
quaod ellès n v cl ne pas 'cre re·
connuës.
Ces Grecs ont confen'é toUS
les Ufages & Coutumes de leur
pays: leurs Prêtres fonr l'Office
fuillam leur ancien Rir dans les
Eglifes des Larins, les Papes ou
Prêcr.es d~s. Schifmariques font

0,

CORSE:
77
mariés, & forr curieux d'avoir
les plus jolies Femmes, qui cray ne, malgré la jaloulie dé leu
...'!Iains maris> que la diguité Sacerdotale autorife leur coqu trene.
Depuis Ajaccio 00 ne rrouve
poinr d'autr
illes que BON1HCIO, qui eft limé au Seprentrion
de la Sardaigne, dom il n'eft feparé qne d'un rrajet d'une heure
de chemin: cette petite Ville quO
eft affez jolie & peuplée, eft fermée d'une bonne mur3ille, & défenduë d'un Château: fon petit
Porr eft bon & rur ; l'on fait quantité de Sel dans fon voifinage; &
J'on pêche à fon Cap beaucoup
de Cotai!, dont l'on trouve aulli
au Prineems grande quantité fur
la Côte Occidenralle de cette
DE LA

Ille.
PORTl-VECHIO, le plus beau
Porr de la Medirerranée, eft fitué fut la Côte Orientale: les plus
G iij

78
DUCRIPTIO
gros VailTeaux y peuvent nrrer,
mais la Ville elt prefque éf< rte
par 1.; mauvais air: les Génois q .
., ont envoyé en differeore5 fois
pluli UIS Colonies, n'oor pü
tir à la repeupler.
AUERJA qui eft fur la même
CÔte, eft dépeuplée & dérru:re;
il n'y refte prefque plus d ve tige
des Villes de ntO Pelegrino li
de Mariana, qui fore nt dém:ires
quand les Maures ravageresl cet·
te Ine ; je vous ferois un plus long
lecit de Phiftoire de ces Villes,
li l'envie que j'ai, Madame, de
fatisfaire vorre curiolité , De me
preffoit de vous envoyer s.\l.
moires.
Comme les T ur<;,s & les _laures foDt venus faire plufieurs defcentes, brûler & ravager les Côtes de cette me , & enlever fes
Habirans, de groffes Tours am
été bâties de diftance en diflancc
fUr le bord de la Mer, pour cm'

DE L A CORSE.

79

pêcher les defcenres des Conaites: les Soldats Génois les gardet~m; mais cela n'empêcha pas les
Algeriens de venir de tems en
tems .enlever quelques Habiœns ;
comme il vienc encore d'a.-river
près de Calvy.
VILL~GES DE LA CORS!!.

Ces Peuples ayant été de rout
tems fort féditieux, & toujours
prêrs à fe revolrer, om bâti leurs
ViUages fur de petires Montagnes, & dans des liruations forti·
fiées naturellement J dom les maifons crenelées, vourées , remefées, & toutes ralTemblées, fe Raquent & fe deffendenr les unes
& les autres , de maniere qu'il
n'ell prefque point de Villages qui
ne merirent un petit fiége, & qui
ne foit plus grand J mieux bâti &
plus peuplé que toures nos Bourgades de France.

G ilij

80

D ESClIPI 1 0:-1

DE LA CORSE.

SI

& Bergers, qui viennent fur le
C.4lLfCTEUS DES CORSES.

Corfes font plos p ri:s q::
grands, d P . onomie parib::ii·
le,
, avares, voleurs, di[·
fimul6 • vindicatifs , aŒ!!fms,
faineanlS &: jaloax jufqu'à r x.:a·
vagance; mais ils font fobr s, [p'.
ritu 15, agiles Be infatigables a la
-guerre, dormant à terre un fujjJ
enrre leurs bras, un pilioJ r, U~
poignard, Be une carrouc b;e~
garnie à leur ceinture, un petir
lac de cuir fur le dos r mpii :
perus pains d'orge, d chara:gnes
&: de fromage, avec un pee de
vin ai~e dans une gnurde; \'oii'
~ommê va ordinair ment un Ré·
b~e à la gu rre p.o r dix ou "ze JOIUS,
Quand ces lnfulaires veuler.r
faire quelques brigandages J ils
vont ralTembler au fan de leurs
cornets Be fiffiets,les Montagnard.s

champ en grand nombre bien armés, joindre les Rébelles des
Campagnes. Un Corps confidérable s'étant formé, ils marchent
non pas comme nos Troupes en
colonne ou en balaille J mais à la
cl 'bandade, fans Cuivre aucun chemin, a rravers les Campagnes J en
fe courbant contre terre Be à la fa·
nur de petites murailles, rochers
ou broulfaUles , ils viennent tout
d'un coup, fans être aperçus, attaquer leurs ennemis en tirant de
loures parts; & fi-tôt qu'ils Ont tiré , ils fe jettent en arTiere, & re·
chargent d'une grande vÎtelfe: de
fo:te qu'une Troupe arraquée ne
peur fçavoir ni leur nombre, ni
aju1l:er [es coups pour répondre à
leur feu.
Les François ne trouvant pas
leur compte à les attaquer en colonne ou en bataille. les pourfui.
voient eo. haye fQrt ouverte, cou-

ll2
Duci. PTIO '
rant toojOllrS du côté d'où lea
feu venoit ; mais ces droles ne
manquoient pas en fuyàm de fa:}
ter de murailles en rochers, & :e
rochers en brou!Taiil s: de for:e
qu'il autoit &!lu tee bien • me
pour les Cuivre.
Il ea fort dangereux à une Trollpe de faire retraite devant eUI,
parce que ces InfulaiIes VOnt avec
beaucoup de vîte/fe s'emparer de
tous les défilés qui foor fur fan
palfage, & chargent comin eUement fon arriere - garde de ra s
côtés, en criant beaucoup de fotifes, & fajrant de graods hurle·
mens.
Un Corps de Irois ou quarre
miDe hommes qui viendra au·
jourd'hui vous attaquer, fe diffipe
avec aurant de facilité. qu'il s'eft
affemblé dès le lendemain j on ne
fçait ce qu'il eft devenu , rous
ces Rébelles étant retournés dans
leurs Villages & Monragnes, juf-

DE LA CORSE.
83
qu'à ce qu'ils trouvent une occa·
fion favorable dc faire une nouvelle irruprioh : malheur aux Officiers & Soldats> qui dans ces at·
taques fe trouvent blelTés fans
qu'on puifTe les emporter; car
aulli tÔt ils fom afTaffinés & dé·
poüillés.
RELIGION DES CORSES.

Les Corfes font devors , fuperftirieux , fon bons Catholiques à
l'exterieur ; mais n'ayaflt dans le
fond aucune Réligion, que leurs
pamons & leurs inrerêts, fcrupuleux obfervareurs de tOUS les jours
d'abftinence . ne mangeant dans
ces rems ni œufs, ni beure, ni
lair , ni fromage ; mais ne craignant pas pendanrces jeûnes d'af·
falliner leurs Femmes ou leurs
amis: ces bons Chrétiens foutenant qu'il y a moins de mal à tuer
un homme, qu'à manger gras les
j urs défendus.

08+

DESCIt.lPTIO_'

iIles & illag fom retlI~
plis de Coo.&eries de Pénitens ,à
qui les Curés & Prêtres Jailli :1.
paifiblemenr le Ûlin de chan:er
l'Office; mais roures leurs prie:es
ne foor que des Hymnes & L:anies de la Vierge, qu'ils am en fi
grande véIiérarion, qu'on ne rc:!
point dans leurs Eglifes d'a tles
Images.

- Les

PRESTRES

ET Nloll,zs
DB LA CORSE.

Dans cette roe, ourre les Curés J il Y a uo grand nombte de
Prêtres toUS parfaitement ignaraos , patelfeux 1 & plus Rébelles
que les mauvais Corfes, a\-et: des
phifionomies de bandirs : les Recoleu , Capucins, Servite ,qui
ont dans cette HIe foixante-quill2e
Couvents, ne (ont pas plus uriles
aux Habitans , qoe ceHe quantité
de Prêtres, vivant ainli qu'euI,

DE LA CORSE;

S)

daos une profoode faineanrife , ne
s'appliquanr qu'à animer les efprirs
à la ré\'olre, & marchanr comme
l1:s Prêtres, les armes à la main ,
à la r re des Rébelles.
Tous ces Moines foor en fi
grande vénération chez ce Peupie, qu'un Corfe qui rencontre
un :\-1oine, ne manque pas de lui
aller demander à genoux fa bénédiaion & fa main à baller; il
fe croirait très-mal marié fi fa F emme ne lui avoir éré donnée par
quelque bon Pere. Cerre forre vénération, & roos les mariages
qu'ils fe mêlent de faire, leur
donne une grande liberré de frequenrer les Filles & les Femmes,
fans que les Parens & les Maris
ofent en marquer la moindre jalouCie, quand même ils le furpren~
droient r te à têre.
J'ofe à peine, Madame, vous
faire voir le miferable efclavage
dans lequel ces Infulaires Ont re:

ll'6"

DES C III PTIO:<l

duit no Sae qui cft refpeaé e
tant d'antres' 'on :l'amour~'
dl chez 1 onn t s g os '0
paJIion reçuë a aprouY~e, D'a [.mais été CODDJlë des CorC< ; t!s
le croiroient d ono li l' O':r
quelque amitié, 1 obl:g ~
à ren te des devoirs à 1 r .'la:·
rreIfe : 1 jOIlr même de leurs o'
ces, ils réfuf; Dt de 1 ur donner la
main en aII.ant ou r ven t de
l'E~Ij{e.
~d

on. Pere & une. Iee
JOnt .fatigués de. garder 1 urs F~­
les , ils vont prier uo loine de

leur trouver uo G ndr : ce Moi·
ne va l'offiir de maifon en mai·
1On;quand il arrouvé un Gar on,
il l'amene chez la Fille, lui fait
fraper dans la main, & le COntrat
de Mariage eft écrit furie champ,
Après cene cérémonie, 'il prenoir envie au Garçon de fe dédi·
re, il lui en coûterait la vi ; auffi
dès ce moment agir-il fans façon

CORSE.
87
avec fa laîn:elfe: fi elle lui fait
~u Ique cbofe qui lui déplalfe, ~
la maltraire devant fes Parens, qUI
ne fom que tite des pleurs de cette miferable.
Pendant qu'on fait les bancs;
le Galand ne manque pas d'aller
rous les après midy defennu cr
ou ennuyer fa belle, il s'allir près
d'elle en lui lOurnant le dos, &
fans lui dire une feule parole, il
commence avec une voix pareil1 le à celle d'un chat en furie, à
chanrer fes lamenrations amoureufes , qu'il accompagne du fon
d'une guitarTe enroüée : les PareDS de la Fille, quand même ils
feraient folt riches, pour encourager ce Chanteur amoureux, ne
le regalentjamais qu'avec un feau
d'eau fraîche qu'ils mettent au milieu de la chambre, pour défalterer la mufique & tOUte la Com:
pagnie.
DE LA

il

DESCRIPTION
DE LA CORSE:

89

pas la complaifance d'attendre
M.fJiJ,fG ES
ES COll SES.
Jurqu'au foir pour confommer le
mariage ; il fair un limple figne
Ayane Wt l'amout de cerre fa·
de tête à la nouvelle matiée de le
çon pendant un mois tout au p'~s,
fuivre, qui fur le champ quirtefes
la Fille-parée magnifiqu mm
Parens, & va le trouver dans une
d1labits qu'elle ne reporte cl fa
chambre où il eft allé l'attendte ;
vie, eft conduite à l'Ealife q ec'eft là que cette Viâirne comquefois en plunnt, cgmme il fe
mence à donner des marques de
ptarique communémenr en FranIa plus profonde obéïfrance &
ce, fans qu'on s'infotme, ni cu'on
foomiJJion du monde, en fe dess'embaraffi fi elle aime, ou fi elle
habillant taure Cc ule, & Ce mern'aime pas le malotru auquel on
rJ t fans chemife entre les bras
la 1àcrifi Quand Ile eft mariée,
t!e fan 1àcrilicateur, qui feroirtrès
Cc s Parens la condui[enr à ~ n
fàché de lui en faite le moindre
nou~ u ménage: tOur les F m·
compliment.
mes du Village lui jettent [ut e
Une demie heure après, le Ma.corps pluGeurs fortes de grains,
pour marque del'abondance Qu'ils " :Y fe réleve, & va ouvrit la porte.
lui fouhairtenr. Le nouvel Epow: • a routes les-Filles du Village, qui
viennent feliciter cette nouvelle:
qui a eu bien de la peine à fe
Femme fur fon bonheur, ou plûtrouver à l'Eglife POUt fe marier,
tôr fUr fon malheur; car dès leregale toute la nôce d'une trèslendemain des noces elle competite & frugale collation. Si.rôt
mence à rr.availler à la rerre ,. à.
que ce chetif repas eft fini, il n'a
coupet le. bois, à le voiturer fur:
/"
pas

1

l

li

90

la te, ainfi que les gtaiDS; en6n à faire tOUt Je travail q:te les
aultes .1. ations fom faite à l ':5
bomiques, mulers lie che\'aux ,
pendant que 1 faineantS de . b·
ris demeurent au illage à fum
leurs pip ,à jouer 3œc car:cs,
lie à parlet de nouvelles: IOUS ces
Payfans, ayant de l'efFtit, p enl
fOrl bien politiqu •
Quand un Payran Corf< fe ma·
rie , étaDt veuf, lie qu'il épo e
une Fille, il donne à cbaqu G-.r.
lion du Village un fequin , poil!
le recompenfi t du 10rt q 'dl .
fait d lui en! ver cene Fille.
De même quand une Veuve fe
marie avec un Garçon, elle ~OD­
ne à chaque Fille un fi quin, pour
~ dédomager de la perte de ce
Jeune homme: de forte que les
Veufs lie les euves ne fe remarient enfemble, que quand la pauvreté ne leur permet pas d'ach ttet un GarCion ou une Fille.

CORSE.
.91
Quoique les F eromes Corfes
foiem accablées de travail, elles
ne font pour cela pas mieux nourri ,Filles lie Femmes, quelques
riches qn'elles foiem, ne vive oc
que de pain d'orge lie de fromage, lie de foupe faite avec de l'oignon lie de l'eau; cependant quelquefois le Dimanche leurs bons
Maris les regalent avec du lard,
de la chevre, lie du cabtil, qu'elles mangent for! honnêtement aClifes par terre, aptès avait Cervi
leurs maris à rable, qui fe regalent avec de fOrl bon pain blanc,
& ce qu'ils peuvent trouver de
meilleur, ainfi que leurs Garçons;
mais ces lnfulaires fe croiraient
deshonorés s'ils mangeaient avec
leurs Femmes lie leurs Filles, qui
ne foDt pas mieux couchées que
nourries: leurs Matis ayant grand
foin de prendre le meilleur lit de
b maiCon, lie de les laiffer à côté
d'eux fur une mauvaife paiHaffe •
DE LA

D ES Cil IPTI 0

~

Hij

,9a

DESCIUPTION

DE LA CORSE.

n 1 ur faifanr au furplus h ga~
lanterie de 1
fa\'etl!S, q ,

tu; ils difem que dOllZe onces
d'honneur ayam été jenées fi da
terre, les Femmes Corfes en
ayant pris onze onces pOUl" leur
parr, la douziéme étoir refiée aux
autres Femmes du monde; cep ndam, quoique infarués de ce
vi Ill: diâon qu~Js r perent fouv m, jls 1 s tourmentent de la plos
c. elle jaloolie, li ils lesfoupçorrn nt d'avoir parlé à un homme
qu'elles aurODt rencoruré par haz rd, 1 s coups de bâron ne leur
foDt pas épargnés; maisfoirjalou('C ou humeur, une FemmeCor·
r. fe trouve forr heureufe quandeUe n'en repalTée de fon Mari que
d ux fois la femaine , quoiqu'elle
ne le merire pas ; car ce font
les F mmes les plus douces, les
Erclaves les plus Iaborieufes ~
les plus foumires du monde: cesbonnes qualités n'empêchent cependant pas leurs brutaux de Maris '. fUl: un foupçon de ialo U "
He:

celTaÏns jo rs de réjoüiŒ
s.
Le F mmes, Oncles, Tan·
.es , Fr
, $ = & Enfans,
couchent rous enfemble dans en
m me lit , 0 ils fom qu !quefois neuf ou . rous p lie·m Ur.
Comme c' fi leur coutume de
couch t Hommes & F mmes
fans chemires, & de ne confer·
ver dans leur patriculi r aucune
pudeur, il n'eft pas bi n difficile d vous imaginer, 1 m,
touS les d"fordr s qui en p uyem arOver.
J4LOUSIP. DES CORSES.

Ces Hab:1 ans, qui Ont li peu
de foin dans 1 ur méruge de !JI
chan ré de leurs Femmes & de
leurs Filles , en font cep ndam
auxIehors fim jaloux, par la grandt: opinion q,u'üs O)1t dt: leur ve.r.'.

i

93'

9'!DE SCR.lPTION
de prendre vindette , c'eft·à-dire
vengeance de leurs Femmes, &
de leur lâch r un coop de fum e2
pleine campagne: enfuire ils vom
faas aocres complimens dir an
P re ou à la Mere, d'aller em r·
rer leur Fille qu'ils oor tuée à rel
endroit : ces im beciles Par s
n'ofans murmurer de c talE lIlar,
étanr portés à croire que le f F' e
a manqué-à [on Mari.
VINDETTE.

POOt la moindre bagareU un
Corfe ayant pris vinderre, non·
[eulemeor de fa Femme, mais
aulIi d'un voifm avec lequel il aura eu conteftation, laiffe croître
fa barbe jufqu'à ce qu'il ait [rouvé moyen d'a1J'affiner [on ennemi, ne voulanr rien rifquer; &
ces occalions ne (e rrouvanr pas
facilement, on en voit quanriré
qui porrent leurs barbes plus longues que des Capucins.

DE LA CORSE.
H
Tous les Payfans Corfes vivant
comme je l'ai déja dit forr frugal1 ment, ne faUant aucune dépenfi pour 1 ur eorretien , & leurs
Femmes travaillant beaucoup,
fom tOUS à leur aife , & Y feroient
bi n davantage fi les Hommes
voulaient c hiver la terre, & travailler.
Dans toUS les Villages il s'en
lrouve de riches qui vivent, &
qui (om habillés aulIi pauvrement
<;ue ceux qui n'om rien; on en
voit rrès J'eu mandier ; & l'ambition des Pauvres les feroir plûrôt
mourir de faim que de fervir, ce
qui fait qu'il eft impolIible de tfOUver des Domeftiques, & que les
Ouvriers y font fort rares, leut feneamife ne leur permettant pas
d'aprendre des Mêtiers.

C,UN.dVAI;.

En Italie} pendant le Carn~

96

DESCItIPTION

DE LA CORSE.
97
faIre des irruptions dans ce Pays.

val, les Filles llt Femmes on taufanes de libe~; mais en cerre
l1Ie le Sexe n'a eu en fa ne a CUDS jours de plaifir; ce fOD! les
Hommes qui en fonr les rejoü'J.
fances ; ils fi maCquent la plùpaIt
a ec les habirs de noces de leu~
Femmes, d'aocres en dilferen:es
façons, llt vonr dans les Places &
dans les Couvems danfer au fan
enroué de leurs guirarres, pel!'
danr que les paunes F mmes or,t
la feule permiflion d r rd r è~
fort loin ces danfj
Quand one Femme dl malheur uCe, el! efpere à la mort de
fan Mari joillr de quelque cranquilité; mais en ce Pays c'eft tcm
Je contraire : Vous prenrlriez ,
Madame, pour une fable ce que
je vais avoir l'honnelX d vous
dire, li je ne vous affurais pas que
j'ai vû moi - même ces ridicu\ s
COUlumes qu'ils am tirées des
Maures" quand ils font venus
(aire:

PRE'SENTS ET COMP.LIJ1P.NS
AU X MORTS.

Si-tôr qu'un Homme eft mort,
routeS les Parentes, & la plûpart
ci Femmes du Village, qui pendan fa \'ie ne lui auraient pas
donné un morceau de pain, vont
rrou\'er le d 'fUnt dans fan lit: les
uns ponent du pain, des œ~, du
fromaae : les aurres de la vIande,
"
des charaîgnes>' du Yin, du rabac,
d l'argent & des habirs qu'ils lui
mettent fur fan lit ; criant, ainfi
que la Veu\-e , de taUles leurs forces, qu'eft - ce que tU as à vouloir mourir? Te manque- t'il de
pain , d'œufs, d~ fromage,. de
riande ~ de chatalgnes, de VIn ,
de tabac, d'argent & d'habirs ?
Tiens, prends, mange, fatisfais
Ion envie, & ne \lieurs pas: Astu quelque chagrin? N'as-ru pa~
A

1

98

DESC R IPTI 0

une belle Femme? Te plaios-m
d'elle!' Ta-t'elle ' 6d e?-e
t'a-t' Ile pas fait de beau:.: Enfaos
qui te rdfemblent? Regardes comme ils pleur nt de ce que tU l'eux
les qui r. Toutes c Femm
fatiguées d'avoir bien parlé à ce
mort pendant deux heures, !àns
qu'il ait pris la p ine de r 'pondre
11 leurs complim os, fe mettent à
la fin très en col e de fan impolitelTe : elles le pr Ilnent, le rirent
d fan lit, le mettent fur la couverture , & le font fauter p odant
une demie heure ; après quoi,
voyant qu'elles n'ell p m"ent rien
tirer, elles le laim nt dans fan profan fommeiJ.
CONSOUTION DES VEUVES.

Elles voot eoCuite donner les
aubades à la Femme du mon:
Miferable! s'écrient-elles, il fuut
gue tu te re{fouvi no s du grand

DE U CORSE."
99
jour où tU perds un fi beau & bra\"e :,\lari: alors tOUteS ces"Sorcieres l'environnent J la décoëffem,
lui arrachent les che\"eux, lui mettent avec leurs ongles tout le vi·
fage en fang: cerre paune Fem·
me fuirant des cris effroyables, el1 s lui difent: Vois-tu bien comme ton Mari r'entend: récom-men e donc , & crie plus fon;
alors pour la mieux fàire pleurer
& crier, elles l'accablent de coups
de poings jufqu'à ce qu'eil s en
foient futig es..
fuNERAILLES DES CORSES.

Le lendemain la Veuve & les
Pareos accompagnent le corps
qu'on porte à virage découvert à
l'Eglife, quand on dl prêt de le
deCcendre dans le caveau, la Veuve & les Femmes vOnt accabler
d'embralTades ce pauvre mOrt,
que le Curé & les Prêtres ont bien
}:ij

IÔO

DESCIUPTIO.

de (a peine à 1 ur faire abandonner. Pendant qu'on d fc nd le
corps, tOUS (es P ns vi nn r.:
encore les uns apr 1 a tr s
donner quelques coups de poing
ou de pieds à la euve: enfuire
tOUt la famille la téconduir fun
honnêtement à fa maifon
nt
n l F mmes rem'erfi Dt & c
but nt le foyer
tOUS 1 s m bl .
Lorfqu'un homme a été alTaŒné, ou qu'il a été rué à la gu rr ,
la Femme eft encore plus maltraitée: les Par ns Ile Femm s d
ilIage aportent le mort furl piace devant l'Eglife, Ile fe pr nam
avec la euv Ile les ofans lOUtes enfemble par la main, ell s
tournent en rond rout au [Our du
corps de taures leurs forc s en
criant Ile pl urant comm d fol·
les, jufqu'à ce qu'elles tombent
les un s fur les aurr s étourdi s
fur le cadavre: enfuite ces Sorcie·

DE L'" CORSE.

Tes étant rele\'é

rOI

, Ues prennent
la Yeu,"e qu'eU couchent li rie
mon , lui déchirent fes hab" s ,
lui arrachent les che.eux fans lui
faire gFace d'un feul , Ile lui emportent rOUte la peau cl \'i[age
avecl urs ongles, de façon qu"e11 s mettent cerre miferable IOUte
en fang, en lui reprochant la mort
de fan. tari, Ile lui difanr les injures le plus atroces: elles l'~c­
cablent de coups de poings Juf·
qu'à ce qu'elle loÎr prète d'expirer: plulieors de ces Femmes en
demeur m eftropiées &. fi défigurées le refte de leurs vies, q 'elles
ne peu.em trouver à fi remarier:
les enfans du mort fom auffi enfuire de leur mere très maltrairés.
Les Corfes difent Que celte
courume I<,eft pas fi ridicule qu'on
fe l'imagine, pui[qu'elle oblige les
Femmes à conferver foigneUfemem la vie de leurs Maris, crain·
te d'être aifommées apr s 1 Ut
l iij

J02

DE

ClIPTIO."

mort. Je leur ai auffi emen u dire, que la danCl Cur la co '" ITure
avo'r Cauvé la ie à quanDt'
1 urs compatrioc s, q i 'ram [Om·
en I~rargie &. en apopl :e,
auroient ' eoren vifs fans cet·
te bizarre précaution, qui le r
avoir /àit reprendre 1 utS efprirs.
Qeand les F mmes m ur nt
es ,laris Ont la liberté comme
en France, de pleurer fi ils le iu.
gent à propos: }, Paren . \'0;'
fins ,"one au1li leur port r coures
fortes de vivres, /àire la 'lm" t:ion, 1 s ~ ['lUt r fi la cou.venere.
Les mêmes cérémonies s'ob. ferl' Dt à l'égard des Gar-ons &.
des Fille , à la referve des interrogations, qoi fone diffJrenr s fi ivant les perfonnes ; a .ries prJfens portés, fi c'eft un FiUe, les
Parens lui difene: Qui r'oblig à
vouloir mourir? 'as -tu pas un
p au &. geruil Galand ? Poutquoi

DE L~ CORSE.

r03

ne réponds.tu pas à fes vœux? On
n'en f;;aura ri n; &. fi on le fçair,
on l'obligera bien à t'épourer: tu
as cl l'argent tu ne pe pas manquer d' cre mari' : all!lns prends
courage, rel' ille - toi, dis - nous
qui eft ton -GaJand , nous allons
te l'amen r pour te farisfaire.
A or' s plulieurs autres difcoors à
péu près pareils vi nt Ja danfe ordinaire.
L'Amant fort paté f~it le corps
de fa MaîtrelTe, qui eft porté à
vifage découvert à J'Eglj{e; il
1 i eft permis de r emoraffi r , &.
de lui faire fes tendres adiem: auparavant qu'on l'eor rre: plus fon
afBiaion eft grande, plûrôt il en
a retrouvé une autre; car routes
1 s Filles du Village, préfenres à
cette cérémonie , toochées des"
pleurs de çe jeune.homme, fe difputent à qui remplacera Ja défunte.

l iiij

lOf

DESCRIPTIO'

• DEUIL DES CORSES.

ne Femme qui a perdu fcn
lari , (, roÎl d honorée li die ne
portoir pas pour d üiI, P n::a!!:
un an , la ID me chemili . la ID ••
me coëlfe à fa r re, qu' lie ei:
obligée d laiiTer pourrir fi,; . e
fans en changer non plus qu e
draps & de (, rvietteS , aïnii G~e
tO s (, s enfans : les aurr P.~~s
portent aulIi le deuil en linge Ir'
fal J à proporrion qu'ils li 1:: proch s ou éloign du mOIl.
BEAUTE' DES FILLES CO!lSES.

Dans les pi ves des lonragnes,
au-d là du Gaula, depuis le Rofti·
no jufqu'à Porro-V cchio, il fe
rrouve quantité de b lies Fill s :
dans les autres iIIages il 'en rrouve encore quelques-unes de forr
joli s.

DE LA CORSE.

lOS

Leur rein, quoique rembruni
par la fum e & le okil , n'en a
ras moins d'éclar: ell s Ont rouI de grands 'eux érincelans d'un
feu àifficile à four nir, le nez hi n
fi ir , un peu r rroulfé J leurs bo
ch s leurs mirs J /3.: Je conta r
de 1 ur \'ifage & de 1 ur gorge,
font un aIr. mblage parfait de gracs' de charmes aufquelles on
1'e peur r liller j mais es rliftes
rés, qui r. roi nr le bonheur
des hommes en des climaTS plus
heur ux, ne [oor pas plùrôr m:r;ee ,qu leurs bruraux de Maris
en font des b Tes de charge j ainu
en peu de rems le travail leur a
bienrôr fdir perdre ce precieux
préfent de la nature j mais élevées
dès leur enfance à l'efclange, el~
le fupportent avec une patience
admirable leur mifere, ne croyant
pas qu'il fe rrouve au monde de
Femmes plus heureufes: elles regardent même comme une fable

106

DESCR IPTIO.

la feIiciré d nos F rançoif< S L.n:!
on 1 ur en pari •
Les Cor[; fom comme 1•
F em

Orientales: ell n rt nt point de corps ni cor e-s
garnis de balème; a~ffi ollr .es
la taille groffi e, m3J.S fort dr?,re
~ beaoco p de gorge,

C

Ci

:1

beauté parmi eU •
,dJUSTE/dE.l'S DES FIl.LES COilS"S.

Les mieux ajuftées portenr un
petit beguin rond de toile blanche, garni de demell ,& bred '
dans fe milieu de Coy cl cou·
leur, dans lequel eU ren(, mlent
leurs cheveur, dont quelques
treITes garnies de rubans teton
benr {Ut leurs épaules: elles portent , comme les homm s, des
chemifes qai bouronnenr au col
&: aux poignets, par delTas un corfer de drap rouge ou bl' u à l'Er·
pagnolle, fur lequel elles men nt

DE LA CORSE.
107
robe brune 00 bleoë {ans man-

l:Ile
che: les manches do corCer, 0
petite ,efte, 1 ur en {ernm: elles
arrach nt cerre robe d'une ceinlUre ,ainfi q 1 rs jupes, focs
1 ur (, .n; mais la plûpart ne porm point d'aorres jupes q e certe
robe: lies fom prefqut ra res
chauITées en bas rouges &. fouliers blancs.
Les Fi les qui fom jolies, &
les F mm es qui Ont encore quelques relies de beauté, font ~ cur:eufes J malgré leur modelile, de
plaire, quOelles mettent du ro?ge-,
non pas comme on I~ porte .~ Pa. , mais avec tant d art, qu Ji eft
èifficile de voir s'il eft narur 1ou
artificiel; j'ai été long-rems, Maèame, à m'imaginer que ces Payfannes que je rrouvois quelqueTais
fi verm illes, euITent cette curiolité de beauté; mais enfin un
jour je n'en pûs douter, ayant furprii la Fille de mon Hôte devant

DE LA CORSE.

10

DESCRIPTlO.'

un petit lpirair, qoi metto:: (on
rou'Haaeavec beaucoup e roPrC1 •
,
té. . . Je vans y furprencs, j..'
.
dlS-~e ! la belle: pourquoi:Je me
ferolS-Je pas belle comm
autres li)e le pais, me répon'::: lie
fans. s étonner; car ra t ce ere,
. quoIque fans éducation !l (poriIU~I, tendre & paffionné, & cherche , malgré les jaloux , arec
èe (eb ucoup d'iovention
crer • quelques avaœures amouJeofes : les François qui ?Jrlenr
un p:-u l'~rali~n, n'om p::s, à ce
qu~ 1~n dlr, lieu de s'en plait1dre;
mais e ne fçai comme leur R
man finira ou a fini; : li 1,
Corfes fonr des Aman:es lijéles
& paffionnées, leor amour eft e .
core plus violent Que t n:lre ;
quand ces belles oni perdu leurs
Amants, elles commencent à
porter le deuil en linge fale: lIes tâchenr de les faire revenir par
leurs pleurs, Enfin fatigu es de

r09

terfer des lanDes inuriles, plufi ur am été fe poignarder aux
pieds de 1 urs Infidé es: d'autres
oins emportées, apr que 1 s
Ali mands Ont été fortis de cerre
/ne, a~fIi-bien qu'au dépan des
Fran. OIS , fe fom déguifc es pour
le
r chercher au- delà des

an

.{ r •

Quand nos Troupes fom repaffé en France, je ne dame
~s ~ ,\Ia?ame, que ,'ous n'ayez
\u a ParIS quelques-unes de ces
Amanres défolées courir apr s nos
'olages François: bonne comme
\ou êtes, vous n'avez pû ,'ousem~. h r de plaindre ces miferables
i~ illles de l'amour, qui ne ferOIent pas rombées dans ce déf"ur, li elle étoiem nées dans un
climat aufIi froid que le nôrre.
TI ne: reile plus, , 1adame, qu'à
rous dire en racourci les raifons
pour lefquelles ce Peuple fe fom
nt de f<lis revoir s comre les
Génois.

uo D SCRIPTlO.'
C e Ré u liqoJe a toU jou!>
regar é la orfe comme un Pays
quOelle d voir t nir dans Il p~o­
fond efclavag ; croyanr ar ce
moien l'arruj rOr pl facil m nt:
1 dçoir de obleffi a ré ct: a1:.(
plus :mcienn Fa . es: forte
qu'aujourd h . il n r. rroU\'e p~ [que plus de dilfe~nà: D:tr ce
qui oor éré 2urr fOIS G mils-hommes 1\( les Payfans , F s mè!l:e
dans l'habillement: 1 s Col! ges
1\( roures forres d'é u rions o~:
éré ôtées à 1 urs enfans: la République n'a \'oulu les aèm rue à
aucunes dignirés Eccl lia.llique
ni 1iliraire; eofin, ur 1 s empêcher de s·enrichir, rOute forre
de comm rce leur a ét in! r .t :
elle s·eft emparée rou les ans de
leurs huil s, & aurres d Olé ,à
grand marché, pendant qu'cll
. leur a fait payer fort ch r le fel,
le feT, le cuil're , & les autres chofes dont ili avoient b foin,

CORst:
Iii
Les Corfes ne peul'ent cependant pas fe plaindre des impôtS &
s que la République a exigé
d' lU pendant la paix : elle ne leur
f; ifoit payer qu'un écu par feu, &
de uis quinz ans de gu rres, elle
ne rite ri n de ce Pays qui lui a
routé des fommes immeofes.
_lais les Gouverneurs qu 00 appelle Commilfaires Généraux de
h Républiqu ne cherchant qu'à
pill r & s'enrichir, n'ont jamais
. n u à ces Peuples aucune juitic ; l'on compte depuis quinze à
dix-huir ans \'iogr-huir mille affaffmars dans cette Iae, dom il n'y a
Pmais eu aucun m urrrier de puci : au contraire ces Rébellcs al!oient marchander leurs graces de
,1 ffieurs les Commiffaircs; enf;,:ire l'ayanr sans leurs poches ,~
alloienr a1faffiner leurs ennemIS•
Les aurres Officiers qui commandoient dans les auues perirs
poites, Ont toujours fair quantité
DE LA

112

DESCRIPTIO,

de bri~ndagesfur les Pa\-f1ns de
leursdiftriêis. Les Comman~ans,
ien loin de chercher à apai rIs
féditions, en 1àtisfai1ànr ces Habirans fur leurs gri fs, & 1 r r ndam juftice ,n'om cherché, en fecrer, qu'à excirer & en ret ni, la
rél'ol e, ils onr vendu d
rm s
de la poudre aux RébeIJ s m2me pluGeurs fois pendant GU les
F ranc;ois ont été dans cerre JIl ,
Cefi roure cene maunife admini1lration qui a fi fort irrité les
plus hono es Corfes , que préfenremeot jl eR bien difficile de
les fàire r -enir de cerre hain invincible qu'ils Ont fucée al'ec le
lair, pour,toUt ce qui s'appelle G '
nois ; s~sJ.s telieor fous leur domination, on ne pourra les ccnrenir qu'en fàjfam rell:er dans ce
Pays des Troupes Errangere ;
mais ce Sénar eft arr. z fage our
prendte les mefures nécefraires
pour conferver ce Royaume.

RELATION

DE L A

CO RS E.

-.
RELArfO
DE

LA CLIPAGNE
UE LES

TRO PES FRAI 'ÇOISES
OXT FAITE

E

L'ISl.E DE CORSE

E.'1 1\1. DCC. XXXIX.

FOu s fouhait z encore ~
i V ~ hdame, que je vous faf..
~ fe un petit détail de la

Campagne de Corfe, je vais, aurant que je le pourrai, VOlIS fatisfaire , parce que vous voudrez
bien excufer les défaurs du fiile
d'un homme qui n'écrit que pour
\'ous obéïr.
K

.,.

t'I)

DESCRIPTIO,

DE LA CORSE.

Le Roi voulant abfolumem foumeItre les Rébelles de cette lile ~
qui depuis plus d'un an que Cu
Bataillons de Li Troupes élOienl
dans ce Pays, avaient vainement
jàjr efper r il "iL le iarquis e
Bailli tlX, qci les camman air, èe
IUÎ remettre leurs armes , nomma 'lonfi or le iarquîs d :\lail~bois , pour y commander il la
place du ,ùrquis de BoifTi.eux,
qui mourur à Baffia le premier de
:Février, g 'néralemenr regr :té
des Troupes.
Ce Génétal étant arriré il Calvy le 20 de liars fur la Fregate
I)ommée l~ ZqJhir~, 1'0 lur ' fan
arrivée s'emparer de Montemajor,
Village firué fur one peri:e Mon"lllgne en pain de fucre, fi narullCll mem forrifié, que dans toU~s le révoltes il a été la Ciradelle
lies ébelles de la Balagne. Après
avoir fait venir quelques Troupes
11: Calvy , il ft< faifi~ du CQuvem

d'Allipraro , lirué au bas de la
31onragne, à neuf cens wift s de
lIIonremajor, où il tir rran1porrer
éeux perits canons, un morcier
:lvec quelques bombes de deux
cens cinquanre livres; mais a para\"anr d'arraquer ce illage,
le Marquis de _laillebois voulut"
fair élaguer les Oliviers qui l'ennronnoient, pour en faciliret les
aproches.
Le 29 ars quarre cens nommes furent commandés pour fui-re cette expédition: les Rébelles
furt fenfihles à la coupe de leutS
Oliviers, ne fitent d'abord qu'un
fi u tr foibll!; mais quand les
François voulurenrfe retirer> ils
fe pofterent fur leur pa1Iàge dertiere des murailles, & leur firent
elfuyer un grand feu, dom un Sergent & plufiellrs Soldars furenr:
lelfés; ils les auroient même coupés fi cent Calinfanien~Payfansfuléles. à la Républi'lue "n'éroienr:

114

,i1

116

DESCRIPTION

pas derc endus dans la plaine po :
facilirer leur retraire par leur grand

fi u.
Pendanr cette coupe d'O,'"iers, le mem r qui ~oir au Co~­
vem d'_'dlipraro, rira av c bier:
de la pein one bombe) qui p2.r
l'adrelfe cl
Bombardiers J palfa
rreme-[u roifes au-d Ifus de, Ion·
r major: 1 Rébelles cri rent 2'
miracle, & prérendirent fi bien
prouver par cer évén menr, que
le Ciel proregeoir leur ré\'olre ,
qu'ils allerenr 10US en gran e cérémonie chercher cerre bombe,
qu'ils apporrerent en procetTion
dans leur Eglife où ils la li fper.direnr.
Quoique cerre coope d'Oliviers eûr alfez mal réutTi, le 3 !
Mars Monlieur de Maillebois fir
enCOre marcher qua re Compagni S de G:enadi rs, & quarre
Piquers pour la conrinuer :les Rêbelles en grand nombre Ile rire::-

DE LA C ORSE.
Il
renr au commencemenr que que/ques coUpS de fuCtls; mais quand
les Franois \"Înrenr à Ce recirer J
à la faveur des petires murailles
dom roure cerre plaine efi remplie,
ils chargerenr rrès vivemeor leur
arriere-garde. l\1onfieur deBaujeu
Capiraine au Régimenr de Flandr s J reçur un coup de fuftl au
rravers du vifage J un Sergenr fur
hl Ifé ainli qu'un Grenadier, qui
ne pouvant rre emporté J fur [ur
1 champ alfaffiné; il Y eur dans
ces deux petires affaires plus de
dix-huir mille coups de fufils de
tirés de parr & d'aurre.
Le lendemain premier d'A VIii,
:\1onfieur de la Riviere J Lieurenam Colonel de Baffigny , qui
commandoir au Couvenr d'Alft.·
prato J donna vingr-quarre Grenadi rs pour efcOlrer jufqu'à Calvy
e ieur de Baujeu & le Sergenr
blelfé : quarre de ces Grenadiers
étaor r fi s fort mal à plOpOS' der:~

-IlS:

DESCIUPTION'

riere leur rroupe , r nconre rent
quinze Rébelles commandés par
uaPr tee,. qui les ayant arraqués,
en ruerenx d'abord un, 1 reois
aurees ayanr fair 1 urs décharges,
bldlërenr mortellement le Pr tre; mais auIIi-tôt que leurs fufi!s
fil rem déchargés , les Rébelles
1àurerenr deirus ,les défarmer nt,
& les conduilirenr dans le chemin de lonremajor, où il en
tuerenr deu~en les tiranr au b ne,
& renvoyerenr le troHi me à l'Allipraro ,. après lui avoir lâché un
coup de fum au rra~e~ du cor~s,
donr il mourur crOIS JOurs apres.
Monfieur le Marquis de Mailtebois voyant que cerre coup
d'Oliviers n'avoir fervi qu'à aigrir les efprirs, ne jugea pas à
propos de la cominuer.
Le rrois d'Avril, un dérachement du Régimem d'Agenois
ayam pris un Rébelle prifonnier,
ce. Général le renvoya à Mome-

DE LA CORS!!.

119

major, avec une leme de reproches de l'affalIinar des deux Grenadiers; mais ils rejerterenr ce.
eurree for les onragnards~
Le 1:arquis de 1\iaillebois vcam qu'il lui émir impolIible de
rien emrepr ndre avec dix Ba·
raillons qui émiem en c rte me ,
en demanda re me pour cerre expediuon : la Cour y fir paircr fur
le cham~ les Régimens Royal
RoulIillon, Challiou, Ford! ,.
L'rne d France, Aunis, Mommorency, & les deux Régimens
èe Ranky & d'Efterbazy,. Huf~
fards, avec une Compagnie de
fci.~ante-dix Miquelers, qui arrïv rent le deux de May ; & en
même rems elle envoya ordre à
toures les Troupès qui éroiem en,
Provence & en Languedoc ,_ defe lenir prêres à s'embarquer.
Ce Général ayant examiné la
'Iualion de celte
cràigniravec. taifon de. ne }1ou'Loir. la dé:.-

me ;

120
DESCR 1 PTIO
~armer Paz: la force ; c'eft

ce q .
I.engagea a employ r la negocianon auparavant les armes.
Plufieurs propofitions avan,_
geufes ayant élé faires aux Ch-.
?es Rébelles, ils fe laia; rcOl p
a peu- gagner; mais ces m' mes
Chefs n'ayant pas alTez d·amo~j..
parmi ce Peuple, our 1'0 E.
ger à fe laiff"er défarmer , cominrem, avec!esGénéraux Francois
qu'il élOit néce!raire qu'ils c'om:
mençalTent à les attaquer, pour
épouvanret les RébelleS· & qu'aprés s'être défendus foibJemem
ils les engagero}ent à fe rcn re:
alTurant que fi-tot que la Balaane
fe feroit foumife, tome la C~rfe
fuivroil (on exemple. La Cour
~yant appris les bonnes difpofinons de ces Chefs. ne fir point
palfer d'autres Troupès dans ce
Pays.
!--e Marquis deMailleboisayanr
faul toules ces difpofitions en Balagne)

D~ LA CORSE.

121

b~e, ~'embarqoa pour Baftia,

Ou il arnva le '5 Avril; il Ydonn~ f~ ordr~ poor l'attaque du
• ebblO) qu il devoit faire; mais
en attendant l'ouverture de cette
Campagne, les Rebelles contin r Dt à faire leur petite Guerre
al"~C des détachemens qui cou·
rOlem la Campagne, qui ne firent
cep odant aucune aaioo remarquable , qoe quelques hommes
fail prifouniets & ble[és de part
& d'autre.
Le premier de May, les Régi':
meos de Flandre, de Baffigny &
d'Agenois, fonirent de CaIvy
POUt ailet s'emparer du gros Village. de Lumio, où ce premier
Baraillon refta : le lendemain les
deux autres allerent occuper l'Aigagliola: le Régiment de Bearn,
c m Hu!rards du Régiment d'E,
fterhazy , & quarre Compaguies
de Grenadiers, arriverent pour
garder cette Ville, pennant que.

L

Ha

DESClUPTION

1 Régimens d Baffigny & d'Agenois en forcirent la Duir du quam: au cinq, pour aller, fo s les
ordres de _100ft Ut le ,1arq is
de illemur, s'emparer d grand
illage d Corbara, qui étoir r fié neotre, où il ne s'y ttou\'a Il e
cinquanreRébelles,qui l'abandonnerent en tirant quelques co ps
de fufUs. i 10nft ur de ViII mur
ayant rrouvé trois cens Payfans
de boo.oe volonté dans ce Village , les fit armer pour lui aider
avec ces deux Baraillons à le garder; car les Rébelles fichés d'avoir perdu beaucoup de vines
qui y éroi nt, venoienr rou 1 5
jours faire le coup de fuUl ay c
les gardes avancées, Le quarorze
il y eut un grand feu de moufquerrerie enrre les Rébelles & ces
Payfans armés, & même le Fe'11mes de ce \ïJlage, deux R 'bdle & une Femme y fur nt ru~s.
La nuir du 18 au 19. vers les

DEL A COR S 2.

121

cr.ze heure & d mi ,cinq cens
Ri' !J s vinr nt à l'Algagliola.
fOU: enl verles ch \'aux es Huflirds Gui éroient an piquet prés
èu perit Fauxbourg, où il n'y
avoir qu'un Lieutenant de garde
Z'· c rrenre hommes , dont un
rgent éroir poftéavec huit homm à une portée de fufil de ladite
gar e: les Rébelles, aprés avoit
chaffé ce Sergent de ce pelir pofie avancé, vinrent attaquer ce
Fauxbourg par trois endroits, &.
pénérrerent jufqu'au piquet des
liuilards, dont ils ruerenrle Lieut nant qui éroit de garde, blelfe-:
rent dangereufement un Hulfard,~Jer nt deux chevaux, en bleRe-: nr un , & en enleverenr fepr. '
L'alerte ayant éré donnée for le
champ dans cerre petire Ville,
_10nIieur le Marquis de Villemur
qui y commandoir, fe mit à la tête de cinq Compagnies de Grenadiers, & recha1fa les Rébelles

L ij

124DEsCRIPTION
du Fauxbourg. Il en refta deux
(ur la place, donr un fut haché n
mQl:ceaux par les Hulrards, •
quatorze allerenr mourir dans
leurs illages de leurs blea; r s.
Le lendemain ·de cerre aHair ,
one Compagnie de quarre-'"ingr
Grecs arriva à r Algagliola. Ce
foor , 1adame, de ces mêmes
Grecs dom j'ai déja eu l"honn ~r
de vous comer l'hifioire en 1'0'
parlant d'Ajaccio.
Pendanr le refte du mois de
May, les Réb Iles fe poiler nt
tous les jours par pelotons dans l~
plaine de J'Algagliola, pour fac .
lirer aux Païfans de leur paru de
couper leurs grains: les Grenadiers & les Hulfards, allant fourager, les rechafrerem prefc ue
toujours de ces poftes.
Dans ce même rems, Monlieur
de Maillebois qui étoit à Bafiia ,
fit avancer des dérachemens, &
fe failir . . de rouS les Yillages du

-~

DÈ L.' CORse:
12)
-ebbio, & de tour le pays qoi
eft enrre San Fiorenzo & la petite Riviere nommée le Bovincio ,
que les Rébelles deffi ndir nt foibl m nr. Les Francois s'étam emaré du Village no~mé la Pié,-e,
y forrifierent un po e qui les refferra forr de ce côté-là. Le 19
_lay deux cens Rebelles furent
'arraquer; mais un Capitaine du
Régiment de Daurois , qui garché avec cindoir ce poite re
quante hommes, fe deffendir fi
bien, qu'üs ne purent 5' en emparer. Ils prirent feulement le Village , dont ils pillJerem plulieors
maifons, & enleverent les deux
chevaux de cet Officier,
Le Marquis de .1.aillebois ayant
pris cerre arraque, envoya promptement trois cens hommes pour
les en rechaffer; mais ils n'arrendirent p<ts ce détachement pour
abandonner ce Village. Il fe fit
encore de ce côté-là , pendant le

Lüi

DES CI. 1 PTIO

DE LA COllSr:

relle du mois de May, plufi ::~
attaques de peu de conféquence.
J'ai d~a eu l'honn ur de vo::s
dire, adame, que les Chefs cl s
R elles
prefque com'en .~
de fe rendre: roure cerre guerre
ne fe faifoir ni par leur avis ni p::
leurs ordres ; ils lailfoiem feul
mem cesPaïfansfe divertir à coups
de fufl1 avec les François, afin que
quand ils feraient un peu las de
ce plaifir, ils 1 engageaffent ph:s
facilemel\! à fe lai!Ter défarme:
comme il arriva, quand le Gê·
iléraux François eurenr mis leuls
petires Armées en Campagne,
qui commencerent \em expedi.
rion en même remS; tOUl fe trouva pr ! à la fin de Ma pour l'ouettUre de la Campagne J excepté
les Officiers qui n avaient ni rentes, ni chevau%, ni ordèes de fe
préparer à camper.
Monfieur le Marquis de Villemur ayant affemblé les Baraillons

de ChalIiou, de Forell, de Cambr fIS & d'Aunis, & c nt CarCes
Fid s au Village de Lunier. Le
:l Juin ce Général palfa av c fes
Troupes la, .fOntagn de Lumio
auparavanr le jour, & fur attaq er
le Village d la Yatogg'o.
Jean.Baprifte Croce, Pr rre ,
Chef des R&elles de ce Village,
a\'oi: fair barricader 1 s ru"s, maifoos & Eglifes, où il avoir enfermé tOuS les Habitans & deux cens
Montagnards bien armés: le Marois de Villemur envoïa un Tamour fommer ces Habirans de fe
rendre, auquel ils répondirent
qu'ils allaient fe confulrer; mais
ne rendanr poinr de réponfe J &
tirant par les crenaux de leurs maifons fur les Grenadiers & Piquers
qui s'éroient aprochés, oô fir avancer l'Artillerie .qui émit compofée de deux perits canons qu'un
mulet pOrtoir. Après que ces deux
petites piéces eurent tiré cin,\ à
Liüj

126

mm

127

DESCRIPTION
fix COUpS, leurs deux affins reliés
avec des cordes , tomb r nt en
piéces, des pierres leur ayant
fervi d'am, ils parvinrent à cirer rrente-deu coups conrre ce
. illage, dont quelques murs de
maifons furent légérem nt endcmagés.
La divifion s'étant mife parm'
ces PaiEms , dom une parci avo:!
été gagnée> ils fore r nt Jean
C ce de fe rendre; mais s'éran<
obiliné à n'en vouloir rien faire,
il aima mieux abandonner fes
biens, & fe fauver dans la. fon·
tagne avec une vingtaine d'autres
Rébelles auffi entêtés que lui;
cep ndant huit jours après fonfieur de Villemur lui ayanr fait
offiir fon pardon & un paIIi porr,
il l'accepra, & s'embatqua pOUt
Naples.
Le ttois , fi·tôr que le parri le
plus fort eut conttainr ce Jean.
Baprifte Cruce de fortir de la Vat.
)28

'n§
rogaio , ces RébeU s Iivretem
1 u~ "illage aux F ran<r0is , les
Compagnies de Grenadiers de
Cambr fIS & d'Aunis en prirent
poffi /Tion, & les défannerent.
Le m me jour le 1arquis de
YilIemur En camper au Village
de Carrary, qui fe ren "r ,& ut
d Carm fur le champ.
D ns le même rems que cerre exp dicion avoir commenc',
. fonlieur le _1arquis du Châtel ,
laréchal de Camp, avoit attaqué, avec les Baraülons de Flan·
dre , de Bearn, Ba/Tigny , Age·
ois, & quatte-vingr Grecs, le
Couvent des Cordeliers d'Areio , qui en fitué fur la coline des
fonragnes , qui ferme le CÔlé
gauche de la pelile plaine de l'AIgagliola: fHÔI qu'il eUt inveni ce
Couvent, il envoya un Tambour
fommer le Doél:eur Pauly, qui y
éroir enfermé avec foixanre hom,
mes, <l.e fe rc:ndre ; mais le DOl;:
DE LAC 0 R H.

1~O

DESCRIPTIO

teur ne répondit à celle fomma·
tian, que par on grand coup de
fufil, dont le Tambour fu bleiTé
dangereuf< ment: deux ~erirs ca·
nons rirerenr pendant la journée;
mais comme ils éroient pareil à
c~ux qui a oient tiré con te Lavatoggio , ils ne firent pas plus de
mal à ce CoU\'ent, que 1 s autres
en avaient fair à ce ilIage; quatre cens Monragnards érant ,'e·
nus pour fe jetter dedans, trou·
1'erent la circoftva1ation fi bien
gardée, qu'ils n'y purent péné·
trer :.les quatre Compagnies de
Grenadiers, & les Régimens de
Bearn les pourfuivirenr jufqu'au
Village de antO Antonio, qui eil:
au Iiamde la Montagne, le Piquet
de Bearn s'empara de l'Eglife;
mais les Rébelles dé ce Village &
les Momagnards les ayant im'eUi,
Monlieur le Marquis de Valence,
Colonel de Bearn, qui émit à la
tete de fan Régiment, fit faire un

DE LA CORSE.

111

fi grand feu fur les Rébelles, qu'il
les fit abandonner no des côtés de
l'Eglife, dom les cioquame hommes de Piquer fottirent par nne
f, nêrre, & rejoignirent leurs Bataillons: nruite le Marquis cle
\'alence fit faire une très-belle re·
traite à ces deux Régimens , &
roujo 'rs un grand fen fur les Rébelles, qui les charger nr , & ne
cdIi rent de les po rfuivre jufqu'à
ce ~'ils e~1Tenr rejoi~t le Mar:
quis du Chat~l à AreOlE> ; maIgre
la fage condUIre de ce bra"e Colonel, ue Lieutenanr reformé, /If
le Sous -Lieutenant des Grenadiers de fan Régiment y furent
rués; nn autre Lieurenant eut le
bras calfé ; le Lieurenant Colonel
de Flandre y fur aufIi très-blelfé
au bras; douze Soldats y furent
tués, & quinze y furent blelTés, les
Rébelles n'eurem que deux homOl1es de tués & cinq de blelfés.
Le I<:ndemain i de Juio , ~

132
DESCltlPTION
Doâeur Pauly qui commandait
dans le CouVent d'Arenio, fe re:!dit ainfi que les iIlag~ d'Arenia & de Santo AntonIo, do::t
le dernier dl 1 plus ~rt de la
Cone par fa fuoarion_ Le mê:u
jour le larquis du Châlel, f~t
camper il Sanra Reparal.a, qUI .e
fournît ainli que le VIllage e
~iontezello, qui furent. com=
les autres, défarmés, P Il am ces
deux arraques , le Lie?ICna!'t Colonel qui commandoll crOIS cens
hommes au polle d'Alipralo , fit
jerrer trois bombes fur Momcmajar, qui ne réüŒremp~' Ces Ha-bi"ms voyant la mOlué de la ~2.­
lagne foumife , & voulant profirer
du pardon qu.e les G~éra~x Franc;ois avoiem fail publier, IIv~erer.'
leur Vmage & leurs armes aCIDquante hommes, qui en prirent
polfelIion le 3 Juin.
Le )' Monlieur du. Ch~tel fur
camper, avec Ces quatre Batail-

CORSE.
lB
1 :lS, à SpeloncatO; & ce m •me
jo r _Ionlieur de Vill mur alla
de Cartary camper à BeJgoder.
De ces deu.~ Camps plufieurs dérachemens furent envoyés pour
dé/àrmer le refte de la Balague,
dont rous les Villages envoyereor
leurs Peres du commun & leurs
Pod fias, prêter ferment de /ideliré il M lIieurs du Chârelet & de
Villemur, à qui ils r mir nt quinz cent fums.
Monfieur de Maillebois ayant
apris que la pelire Province de la
BJlaO'ne , avoil été en quatre à
cinq'jours [oumiCe & dé(armée,
.r.cha le 6 Juin un Couner pour
poner cene bonné nou velle en
Fr nce, & envoya ordre ~ ~on­
lieur du Châlel de l'aller Jomdre
au Camp de Santo ic?lao, avec
1s Régimens de ChaIllou , Flan~
dre, F orell , Cambr fis, Bearn
& Aunis, & de laiffer les deux
Bataillous de Baffigny & d' Age~
DE LA

DESC1UPTIG.'

DE LA CORSE.

DOis fous 1 ordres de _ weur
le iacquis de illemur pour garder la Balagne,
Suivant fes ordres, le lac uis
du Châtel étant paro le 12 avec
fes Bataillons & cinquame H ffards, alla camper au 'illage de
Palafca,le 13 àPerralla;& le 11,
ayanr paffé le Fort Sangiacomo
fans &te attaqué> il joignide 1!quis de _billebois au Camp de
Sanro icolao.
Le deux de Juin, Monfteur de
ibiUebois s'éram emparé de rous
les polles & 1IIages de ebbio,
ayant marcbé avec les huir Baraillons d'Auvergne, d'Aurois, la
Sarre> Royal Rouaillon, livernois, l'lfie de France, Montmorency, & le RégÏJpent de Ranley
Hulfa~ds fur camper à la pente
Chapelle de Santo icolao. Le
campement & les Grenadiers, en
y arrivant, y trouverent deux cens
ft 'belles cachés dans lesb{ou!fail~

les, qui firent feu fur eux de fon:
loin; mais ils les eurenr bien. rôt
chalfés de cerre perice plaine.
Quelques jours après ce Géné·
raI fir attaquer par plulieurs Piquees les pofles que les Rébelles
occupoient fur les haureurs de
S ngiacomo & de Bigonio,donl
ils furent fur le champ cha!f' , &
1 Villages des environs foumis
& délarmés.
Monlieur de Lu1au Colonel de
la Sarre, ayant marché avec quarre cens hommes, s'empara aprés
quelqu s coups de fulils du iliage d Lemo, où il érablit un p~
fie, des Magaz.ins & des Fours.
Le feize, le Marquis de Mailleboi déracha de fon Camp les
lrois Baraillons du Royal RoulIil,
Ion, de Cambrefrs & d'Aunis,
10 s les ordres de l\1onfteur Do. fon ville Colonel, pour aller camper fur la haUteur de la gorge de
Lemo. afin d'èn garder le palIa~

134,

1)5


DESCRIP'rION

DE LA: CORSE;

ge. Le 1 Juin il détacha encore
de foo Camp Mon/ieor du Rouf{el, Maréchal de Camp, avec 1 s
Baraillons de Damois, Flandre,
F oref! & lonrmorency, poor aller camper à Sanro Pelegrino, &
défarmer le côré Oriental de cette HIe: le m "me joor ce Général
partir avec quarre Compagni s
de Grenadiers, fcpt Bataillons &
.les Huffards, & aprés avoir paffé
le Gaulo à Ponrenovo , fur camper à Paftorechia, où les nommés Giafferi , Giacinro Peoli &
Brandone, Chefs de la Pieve de
Tavagna, voulanr profiter de l'amniftie qui avait été publiée, vinrent remerrre leurs armes: les Pieves d'Ampugniani, de Cafoni,
Doreza & de Rollino, donnerem des ôlages, & forem défar '
més. Le 23, le Marquis de Mail·
~ebois fut camper à la gorge d'O" meffa , & le lendemain, aprés y
avoir laiffé les Bataillons de la
Sarre

Sarre & de ivernois pour la garder, il fut camper en Calte.
Quelques jours après que ce
G ' n'rai Y fur arrivé, le nommé
Arrighi, l'un des Chefs le plus
accrediré des Rébelles , vint lui
demander au nam de:l Pievesde
:'\lonafco ~ de Vico & de Giverca, au·delà des Monts,: la forme
avec laquelle il éxigeoir leur foumillon & la remue de leurs ar·
:nes; affurant que chaque Village
donr il étoit député, avoir remis
r s armes entre les mains du Pere;
commun; des détacheOlens fu·
lem envoyés fur le champ pour
• cevoir leurs ôtages & leurs armes,
Le 10 Juillet, les Sieurs Giacima, Giafferi, & Jean Jacques,
Ciovaldini , & plu/ieurs autres,
Chefs au nombre de vingt-fept •
s'embarquerent à la Pauduella, &..
pa{ferenr à POrlolongone•.
Le 1 ô..le· Mar'luis. de Maille:.:-

136

:Mi.

137

DESClllPTlO."

DE LA COllSE.

bois ordonna au Confi 1Franço"'
d'aller dans pluueurs Pie.es a •
delà des . iooragnes , qui 0'élOient
pas venus encore fe foùm me>
publier ramo" "e : ces Habirans

,oient pas obrenus pour s'être
rendus uop-tôr.
Le Baron Derroll, lbi· difwt
né.eu de Théodore, qui élOit
toujours retlé errant dans ce Païs
depuis le départ de ce Roi ima.
ginaire , fe rerira auffi dans ces
l'ieves avec cinquame Rébell s
qui le fui.item; il fit cependant
d mander un Paffeporr pour for
tir de l'Ifle ; niais le Général ne
reconnoitrant pas cet Avamurier
pour ce qu'il fe difoir, le refufa;
e fçachant que devenir, il fe reura au Village de Zinaco j donL
1 Provofi,&les Habirans luiren·
direm les. honneurs dûs à un Prince du Sang de leur prétendu Roi.
Le Prevoit de Zinaco , le plus
, mauvais Prêtre, & Je plus oblli·
n' des Rébelles , voulant faire
i parler de lui, a!fembla un. Di·
manche dans fon Eglife douze
cens Rébelles, rant de la Pieve
, e. Talano , que de. celles, des en~
Mi~

IjS

~~r~ ~eè degraodesa~,
llUriODS de joie cene puhlica-

donnerem des ôrag
·vrercm lenrs arm .
Le 2+ Juiller, les Si rs Loc
Ornano, lichel Fouano ~ P31i·
iOne flavo, & pluu urs autres d s.
l;'rincipamc Chefs,. vio~c.nt à Cor.
te fuire leurs foûmiffions au Gé,
!!~ral ;. cependanr rous les pl s
obllinés des Rébelles, les d fertellrs & Vagabons s'étant rerir'
4 OS les Pieves d Talano> de la
Rocca, Scapom ne & de Sen i.
Ile , qui ne paroiffoienr poim diC·
• f, à fe foûmeme , encourage.
liCnl touS ces Hal>irans à fourenil.'
....~~Gre~ rêvolre, en leur perfu3'
dant qu'ot\. !our accordc;t:oit bien
$"vit.oti~e&. Ciu«:.lc.s ,Utr<:s n'a:· 00



j

139

4


.
~

J..40

DESCRIPTION

v.irons ; il 1 ur prêcha d'abord laRébellion> leur chanta une Me!·
fe fol ._ .:.11 >1 fit communier,
&. les r enfi ire jurer rous fu:
l'Evangile, qu'ils défendraient
leur lib né Cantre les François
jufqu'à la dernier.e goute de leur
fang ~ enfwte il fir faire quelques
(ortifications à ce Village déja
tlès fan par fa firuation, par un Ins.enieur Piémontois refugié dans
~etle Ine..
Ce CorpsdeR 'bellesaugmen
ri Jufqu'à près de trois mille hom.
mes, s'étant féparés en plufie rs
Troupes ,. marcherent dans les
!leves des environs déja défarwés ~ Qll- ils firent de grands dé&'ItS~

.

leMarquis de M,aillebois, qui
~oit- depuis quinze jours malade·
4.<: la g~ute, ayant apris ces mou-

v.emens >- fit prornptJ:mem marciliee des TrouD~ contre les RébcllJ:$, il. env.ofa.le M~rq}lis d:O-.

D'E tA CORSE."

J4~

fan ville >Colonel de Royal Roufilllon> avec cinq cens hommes fe
1àilir du Village Baftilica ; il fi~
marcher un autre détachemenr de
deux cens hommes pour s'empar r du Couvent de Chifony, qui
en dans la Pieve de CanelJo ; &.
ce Général partir le 26Juiller de
Corte avec quatorze Compagnies
de Grenadiers> cinq cens hommes de Piquets, cent cinquanteHuŒards, & arriva Ie-~ Juillet à.
Ajaccio.
Le 11 Aoûr , le Marquis d'O··
fonvjlle ayant avancé à trois milleS de Baftilica , avec un détachement de deux cens hommes, pOUl?:
fouteo-ir les Travailleurs qui faifoient un chemin dans un bois;·
il eŒuya le feu de cinq cens Mon~
tagnards qui éroient embufqués'
derriere des rochers: ce Colonel;
matcha avecune partie de fa Trou•.
pe à eux., & pénétra.. jufqu'à leur·
I?Dfte. >, dont. il les, chaŒa n1al~~

'4%
DESCRIPTIO
leur grand feu ; mais comme il
érair oblig~ en fe retirant de repaffer par le même chemin, les
RébelJes alururen.t pour prendre
ce d 'filf, dont ils nepurent s'emparer, le trouvanr gardé par cinquante hommes; ainfi le Marquis
eut le tems de fe: retirer avec fa
Troupe,un Officier & quarre Solfurent tué:>, & cinq SoLdars
da
ble/Tés.
Le 17 Juillet, le Marquis de
Maillebois envoya ordre aux Régimens de Royal Rou1Iillon & de
Cambrefis, de panir du Camp de
Lento, & d'aller CilIlIper;à la gorge de Merofallia.·
Quelques jours après la rencomre du Marquis d'Ofonville
ave€ les Rébelles, Monfieur de
Larnage Brigadier" reçut ordre
d'aller commanded BaUjJia, où
les Régimens de Royal Rouffil·
Ion &; de Bearn fC"rendirenr.
Le 11.7. Août " MOnfieur. du.

Coas!.
r4j:
Rou/Tet , Mar 'chal de Camp ,
vint commander au Camp de MerofaUia, où le Régiment de d'Aurois rella camp' ; & le Régiment
d Cambrdis en partir le m me
jour pour ail r camper à Corte
avec Auvergne & Flandre qui y
, oiem tefi' s fous les ordres du
Marquis de Contades, Colonel
d'Auvergne, qui par la magrlificence de fa table & fa généroliré,
procura beaucoup de fecours à
[0 s les Officiers, qui pendant
toures ces marches manquoienr
abfolument des chofes les plus néce~ai à la vie.
/
es Bataillons de la Sarre, de"
o aillou , Forell , lIivernois &
l'Ifle de France, qui étaient aUés.
dès le commencement d'Août à
Ajaccio, reçurent ordre d'aller
camper à Ornano, & Monfieur
le Comte de Pontchavigny , Colonel du Régiment de Cambrefis,.
reÇUt OJ<Ue d'allell ay.ec fon Ré.DE LA

'1+

DESCRIPTION
giment commander à Ajacc·c.
Toute rIDe étoit infeaée de
quantité de banditS. qui n'ayant
pas voulu accepter 1'amniflie,
moient & voklicot tOUS ceux qu'ils
r nconrroient. V tS ce ID me
tems le Maître d'Hôrel de MOl~­
fieur du Châ..'Cl, fut rcocontré à
Puntéoov~ par quelques -cns de
coquins, qui lui volereOl cinquante louis) & l'affalIio reOl: 1
deux plus .renommés de ces voleurs étoient les nommés Dom
Felice ôe Moraqui) dont le num
de ce demiet en patois du Pays,
~eut dire mooftre de nature.
Uœ Recolet & un Prêtre de
Luciana) apis avoir éré cOO\'aineus d'enrretenir avec les Rébelles des corefpondaoces • & d
leur fournir des balles & de la
poudre. furent pendus à Corte:
tous ies pareos de ces coquins furent enlevés· êrl rerrenés dans 1 s
!lrifons..

DE L.~

CORSE.
11;
Q e ques jours après que les
F r.r. ,ois fe furent emparés du
Cou"eor ce Ch:tI"cny, un R coI t n 2}"ar.t def né. fur rouver
1 Rébd es de la Pieve de T alano , & leur fit voir avec quelle
facilité ils pouvoi nt reprcodre ce
olle, dans lequel il n'y a"oit
q e deux cens Soldars; 1 s ayant
dérermin' à faire cene expeditian) Cc pt c ns Réb Iles marchcr or a,· c Je Recolet à leur t'[~)
aaaquerenrd'abord le \ïllage, où
il n'ya"oir qu'une petire gard à
un magazin) un Caporal s'avança
~"ec fix hommes) pour reconnaître & faire fi U fur c ne aoupe de
Réb lies qui s'aprachait : ces fepr
homm s) après leurs d 'charges)
reor tU 's Cc rl champ; ils s'emparerent rour d'un coup du illage & du magazin) après que tOUte la perite garde eut ér' défaite. Mon/ieur Devaux, Capiraine
d'Auvergne , qui commandait

N

DESCRIPTION

DE LA CORSE.

dans le Couvent J envoya ecot
hommes pour reprendre ce magazin. Les Rébelles s' y étant enfermés, lirent un fi grand feu par
les crenatIX, & par ceux des maifons vaiGnes J que ces cent homo
mes, après l'avoir repris, en a,oir
tiré quelques facs de Carine, & Y
avoir perdu beaucoup de monde,
forent obligés de fe retirer dans
le Couvenr,
Les Rébelles inveftirem le Couvenr de toures parrs , élant dominé par des maifons crenelées du
iIlage , d'où ils tiroient fans ceffe à coups de fufil fur les Soldars,
qui éroient fort à découvert, i
en bldTerem tOUS les jours quelques-uns.
Pendant certe.affaire, on aurte
Pete Recolet J aprés avoir rompu
pendant la nuil un refervoir d'e u,
fe fauva du Couvent, & fuI montrer aux Rébelles les ca!1aux qui
conduifoient cette eau, qu'ils rom-

146

pif nt fUf le champ: deux jours
arr' ce. 10in fut bien recomp nré de fa perfidie; car s'étant
aproché rrop prés du Couvent, il
r lU' d'un coup de fuGI. Les
F tan ois eurenr dans cerre arraque
cinq Officiers de bl ffés, dont il
en mourUt un, treme SoldaIS de
[Dés &. aU!a!lt de bl fii's.
~Ion(j ur de Larnage qui commandoil à BaClilica , em'oya le
I l AOÛI 10nGeur de Fonbrune,
ommandam le fecond Bataillon
d'A uvergne J avec la Compagnie
d Grenadiers de. Bearn, & trois
cens hommes de Piquels, pour
chafli r les Rébelles du Village de
Chiffony,lefquels ayant apris la
marche de ce détachemem , ils
s'a\'ancer m à trois milles au-dela, &. s'ernparerent de rous les dé·
fil' , afin d'empêcher les Fran~is d'aller au fecours des Troupes qui yéroiem inveClies;mais ces
Sol ars courant fur eux en faifant

N ii

1+7

148
DESCRIPTION
.f~u ,les chalTerenr de touS les

CORSE.
149
commandoit à Baflilica; & ce Génétal Ce r Ii rva à faire la troifi ' me artaque a.ec les cinq Barail·
Ions qui éroient camp' à Sama
~laria d'Ormmo; fin de n'avoir
aucune infid Iiré à craindre des
Corfes de c Pays, il fit délàtmer
1 s Habitans d'Ormano & des el}virons, à qui il avoit permis le
porr d arrr;es pour fe défendre
comte les RébeHes , qu'il fir charCl r du Couvent de Santo Pi rreto; mais auparavant de faire ces
a:raques , il jugea qu'il étoit néccfTaire d' nvoyer des Troupes
dans les Pieves de Serteine & de
Talla, pour enveloper de taUles
parts les Revoltés.
Il ordonna au Marquis Davatey, Colonel de Nivernois , de
s'embarquer avec cinquante hommes. & d'al r fe failir d'OHemeto : ce Colon 1érant débarqué au
Golfe de Valinco, pr'SM ce Vil.
lage. fans aucune réfillance • les
Niij
.
DE L

po.;

1les ,& arri erenr an Illage de
Ch.i1Tony , d'a' les Rébell s fe
renretent.
Dans cette matche un Lieutenant de Bearn fut tué ainri que
deux SoldatS & le guide: un Chirurgien eut la jambe ca[,'e dont
il mourut; & les Rébelles prirent
deux Soldats qu'ils aIraffin rem fur
le champ. Il étoit tems que ce feCouts arri\'it à Chiffony • le dé·
Tachement étant depuis deux jouts
fans eau ni vivres. & les ble[,'
fans être pen!;'s.
Pendant ce tems. le " !arquis
de _hiHebois travailloit à faire
fes difpori ions pour atraquer la
Pieve de Talano & celles des environs; il envoya le larquis de
alence commandet à ChifTony,
pour entrer dans ce Pays du coté de Palneca, lonrreur de Larnage eur ordre de fe préparer 3.
marchet avec les Trou es qu'il

1

So

D lSCRIPTl ON

yS!
la peine Haite celTer ; mais à la fin
il fçut par fes difcours & promeffes, les eogager à remertre leurs
armes. vingt- cinq foldars y fur nt
rués, & a tant furent bleff,'s.
Le deux de Seplembre, , 10nfieur du Châtel pani! du Camp
d'Ornano avec flX Compagnies de
Grenadiers, quatte-vingt Gtecs J
& la Compagnie franche apellée
Courtenois, & alla à neuf milles
au -delà d'Ollineto prendre Serlaine J qui eft uo gros Village fur
uoe hauteur, que les Rébelles 1'0t:lutenr fon inutiiement reprendre,
li. couper la communication de
ces polies, dom les Commandans faifoienr travailler les Païfaos à accommoder & élargir les
chemins.
Les Bandits coutoient toujOUtS
la Campagne, alTaffinoienr & volaient de tOUS côtés. Dom Feli·
ce & Moragny enleverenr auprés d'OmelTa fix mulets des vi·
DE LA CORSE.

Habirans étant venus an-devant
de lui en criant vive le Roi, yenlta avec fon détachement; une
Compagoie de Grenadiers y fut
érablie de garde; la maifon d'uo
Prêrre où elle fut logée J fut indiquée au Pere du commun, pour
y faire porrer toures les armes de
ce ViUage. Quelqu
01 ars impatiens de ce que ces H bilans ne
remettoient pas a1fez prompt •
ment leurs furtls J leurs dir~nt
quelques [ornes, les Cerfes y r'pondirent, ils fe mirent en joue;
&. fans fçavoir ceux qui rirerent
les premiers, il fe fit tau! d'uo
coup de grandes décharges par
tour le Village; les Paï/âns gagnerent l'Eglife, le clocher & les maifons crenelées,d'où ils ruerenr plu.
lieurs oldats, qu'ils riroient à découvert dans les rui;$. Monfieur
Davarey fit venir les Peres du
commun, & courut avec eux à ce
,gtand défordfe ,qu'il eut bien de


.

Niüj

1)2

DESC

IPTIO,'

\'res, qu'i égorgerem avec leur
; fu.eti r ~ un oldat; ils prirenr
a l1i un Serg Dl , qurùs offiirem
de rendr ,fi on vouloir lelichet
la Femme de 10rago'oy,queL
:Marquis de Conrade a.oil depuis
gu lques rems fail arrêrer ; ce G~­
néral ngagea avec bea coup d adr Ir. c deux fameux ban 'irs '
venir (e rendre lui: Dom Felice
fur tranfpolt' hors de l'lOe peur
Moraguiny , ayant ér' con uir
prés de Lemo par un dérache,
ment, pour décou,'rir la ca,'erne
0' il avoir caché tol!S (es v fi,
fçut fort adroilement
refotram de c ne caverne, Ce (a ,'cr
malgr' cinquanre coups de fufils
qui furent tirés fur lui; & r commença fes brigandages j fqu'au
mois de Décembre, que ce fripon fut tu' par irgiLo (on camarade.
Le Lieurenam Colonel du Régimeo,t de F oreft , r ÇUt ordre

,en

DE LA CORSE,

1)3

d'aller command r à Ollinero, à
la place du larquis D varey ,
& de garder ce polle a,'ec les
Compagnies de Grenadiers & les
Piqu
de F oleft , de Ca01br •
lis, d Chaiilou OC l'me de Fran: ce Li leoam Colonel ayant
reçu ci nouveaux or res du Gér.~ral, n partir 1 19 Septembre
.vec rrois cens hommes, & fi 1
arr uer le Coul'ent de Talla, que
cinq cens R~b lies gardoient j ils
firem d'abord un grand feu; mais
voyaor que les Gr nadiers enfon·
çoi nt à coups de haches la p.orre
cl l'EgIiCe, ils Ce faeverem par
elfes 1 s m!,1rs du jardin à la Mon.
r3gn voiline, dom ils firem fe
pecdanr pluGeurs jours, fur IOUS
les oldars qui fonoienr du Co
rent, Le illage de Tai a , &
c:ue1q es autr s, apponer nt leurs
mes à ce Lieurenanr Colonel,
qui envoya le Sieur du Baillet,
v c fa Compagnie ,de Coune~

IH

,

DESCRIPTIO

nois. & quarre-vingt Grecs.' Ce
failir du Village Quenza. qUI dl
à l'extremiré de la Pieve d-Efcapomene: de fone que les R 'belles fe rrouvoient in...eftis & li referrés de rous côtés, qu'il ne leur
relioit plus que les .10magnes qui
fom à l'Orient de la Pieve de T alava pour fe [auver.
_
Les Villages de Talfo, de Pilla , de Guillara , de Canalle, &
quelques-uns de la Pie\-e de Talano , fe voyam invefiis -par les
François, n'artendirem pas à être
attaqués pour fe rendre. il ne reftoit plus que le Village de Zieano, dont le Provoft ou Curé, uo
des plus grands Rébelles, encourageait encore les Habirans, {,c
quatre cens vagabonds qu'il avoil
ramalfés à fe bien défendre. Le
Baroo Detroft, qui étoir toujours
relié à Zicano , fir de grands pré:
parati/S pour foulenir un Si ge, qUi
ne fervirem pas à grand chafe.

DE LA CORSE.

r~s:

Le 1 Septembre, le ,1a.rquis
de • billebOis ayant en -oré fes
ordres au • \arquis de Valence, de
mareherà ChiJTony avec fes Troupes, & à • Ion lieur de Larnage
de partir de Baflilica, pour eOlrer
rous enfemble daus la Pieve de
Talano, pe. claDr que lui marcheroir d fon Camp d'Ornano.
• teilleurs d Larnage & de
\'a! nce étant partis avec leurs
Trou es, renconrrereJ1r dans leur
rOUle plulieurs corps de Rébelles
dans d s poiles forr a\'amageux,
q i voulurenr les empêcher- de
paIfer ; mais les en ayanr déburqués à grands coups de fofil ,_ i..ls
vinrent le 20 Sep! mbre, alnu
que le Marquis de Maillebois ,
camper aux environs de Zicano.
Ce fur alors que le Proyol! &
le Baron, qui avoient fair vOir
rant de courage à excHer les auIres, Je perdirent !oO!·à-fair à la
veille d'êrre atta.Clués i ils en'ia-

Jr6
DESCRIPTIO
yerent d mander aax Généraux
vingr-quatre hures, po r d~'ib:­
r r à quelles candirions ils fe rendraient. Ce rems expiré, ils envoyerent redeman . r encore vingr.
quarre heures qUI leur furenr a l:1
accordées. PenJanr c deux jours
ces Habirans n'efperanr aucun pardon, ne foag rent à aurr càofe
qu'à pan r leurs meilleurs effels
dans les cavernes de la ~lonta­
gne. & à Y conduire rous leurs
troupeaux.
Le 22 à la poinre du jour,
Monlieur de Larnage ayanr fair
avancer quelques Soldats pour re·
cpnnoîrre Zicano , ils remarque·
rem qu'il y reignoir un grand liJence, donr ce Général érant aver·
ti, il entra avec fes Troupes dans
ce Village, qu'il rrouva abandonné par les Rébelles & les Habirans
qui s'éroienr tous fauvés dans la
Montagne.
Le Marquis de Maillebois en-

DE LA CORSE.

1>7

rra aoai ce même jour dans Zicano, & logea au Couvent des
cole:s, où il ne rrouva qu' n
n IJX Pere malade, & une vieille
Femme aveugle,qui n'avaient pû
fe fam'er avec 1 3mres: ce Gênùal en.oya plulieurs Piquers
ourfuiHe les Rébelles jufqu'au
mlieu de la 10ntagne, qui tirer nt quelques coups de feu en fe
r lirant: rrois Réb Iles furenr rués
à cerre pourfuire, & un Soldar 'J
fur auai blelTé.
Les Soldars au défefpoirden'a\'oir ri n rrouvé à piller dans le
Yillage, coururenr les Monragnes , où ils prirenr quantiré de
IEaux & de meubles qu'ils rrouverent cachés dans les rochers;
L
Rébelles rerranchés fur Je
fommer de la Monragne de Caf.
cione, n'y purem faire un long
fejour, la faifon des 'pluyes aprochant, & n'ayant point de vivres,
pluli urs d'emr'euximpior rem la

R:

J5S
DESCluptlO,
clemence du Général, & vinrent
r demeur r dans leurs maifons ,
quOon n'avoit pas voulu faire brû1 r, a6n de les engager à pr nrer
du pardon qu'il va lait bien 1 ur
'offrir.
Le l:arql:is de iaillebois partit de Zicano le 26 S ptembre,
& arri"a le 27 à AjaCCIO, il ordonna à Monfieur de Larnage de
refter dans ce VIllage av c huir
cens hommes, pour obferver les
R ébe1!es qui reftoient en perit
nombre dans la Montagne.
Au commencemenrd'Oaobre
il fit défiler tOures les Troupes u
côté de Cone & de Baftia pour
aller prendre leur qumier d'hyver, où elles n'arriver nc cep ndam qu'au commencemenc de
Novembre, il plaça à Ajaccio
les Régimens de Royal RouffilIon, de Chaillou & de ivernais , pour garder cene partie
de fille, & Monfieut de Lat~

DE LA CORSE.

I)~

nage pour y commander.
Le 21 0 obre quanrité d'Ha·
bitans d Zicaoo, & de Rébelles
qui S'étOI nt refugiés dans les bois
& fur le fomm 1 de la Montagne
d Cafcione, vincenc demander
le r amnifiie à Monfi ur de Larnag • qui éroir encore à Zicano.
Le Provoft vioc auai implorer ~
genoux fa clemence: foo pardoo
lui fur accordé à condition qu'il
feroir fur le champ rranfporcé en
Italie.
Les Pieves de Talla, de Scapomme & de Sercaioe, furent enrieremem reduies & défarmés par
les foins & la vigilence du Marquis du Châle!.
bis ce qui avoir beaucoup
contribué au découragement de
ces lnfulaires, ce fut la prife faile
près de Porcovechio d'une Pinque de quarre canons, & de vingt
pieriers, qui venoient leur apporter quamité de vivres & de muni·

160
DESCRIPTIO.
tians de guerre, dom . 10nlieur
-de Bouville, commandant la Legere, s'empara.
. Le I.arG?is de iaillebois partit le 1 5 d 0 obre de Zaccio
pour Corle; & ayant reglé t01.:S
j
quartiers des T roup
dans
cette partie de rIfle, il arriva à
la fin de ce mois à Bafiia, où fue
Bataillons arriv r Dt aulIi po r y
paffer l'hyver.
Les premiels'jours cle T ovembre, Je Régiment de Ra tky Huffards, s'embarqua avec bien de
la joie à ,Calvy p~ur repaffer en
France; a peu pres dans ce m ,!De tems M lIi urs d Roua; t &
du Châtel y repalrerenr, deux c ns
Corfes furent embarqués po r
aller à Antibes , commenc r à
forme~ un R~gim or Corfe que
-le ~01 formolt pour fan fervic ;
mats comme ces Habilans n'a·
voienr pas grande inclination pour
prcndr patti dans ce R ' gimem,
les

CORSE.
161
1 Réh lles les moins courab1es
y furent er. oy' pour le camp! r:er; d'aurres , furpris 1 arrn
. la main,
t p nd 's.
La rranq i ie' li trouva enfin
r ' ra!>lie dans tOUle celle me, comme s'il n'y a\'oil jamais eu d révoIr ,n'y r fiant plus d' UIT Réb 11 que 1 foi-difam Balon de
Trofi, a\'ec une douzaine d Ban. dans 1 Momaane de Caf,
0
clan.
A la fin de ovembre, la faifon ' lant devenuë forr mau.aife"
lonli~u~ de, La:nage qui com. ndolt a AJaccIo, retira de Zic, ~ Id' racbem Dt qu'il y a\'oir
hIffi ..Le Ba~on de T raft, qui
mourait de faim & de froid dans
la Montagne , vint aulIi·rot demeurer dans ce Village avec une
troupe de Rébelles, qui s'au"·
meor peu à peu par quantilé d'A. nrutiers , q.ui recommenceren
Q
DE LA.

o

DEscJUPT10
à faire leurs brigandages. Etant
tombé beaocoup cie neige dans
k mois de Janvier, les Troapes
ne purenr paffer pour les aller rechaffi r; mais à la 6n de Février
les neiges éranr prerque fonduës,
~onfieur de Larnage y envoya
. cmq cens hommes commandés
par le Lieutenanr Colonel de
Royal Rouffillon., qui emra a7ecW dérachemenr fans aucune ré fifiance dans Zicano : les Rébelles
tireren[ quelques conps de folil
auparava.m de fe fauver; un Ser~nt & IrOis Rébelles y furem
lUés.> le ~aron de Troft manqua
~ y cne pos; deux de ces baru:lis ,
qui- Y furent pris les armes à la
main , furenr roués vifs ; celte
ll~emple de feveriré répandit une
jj grande terreur parmi ces mirera.
l)ks, qu'ils raponerem cent quat'T~_viBgt quinze fufils à Monaeur
~ Larnage.. Cepe.ndant quoi.162

COR.s E.
161
que la Corfe paroiJTe dérarrnée
il s'y trouveroit encore t,me grande quantilé d'armes que ces Habirans Ont enfoüies dans rerre) &
cachées dans les Montagnes, n'en
ayanr ~ien fûrement rendu qu'une parne.
Depuis la feconde prife de Zicano, il Y eft refté un déraêbemem; & le malheurelU Baron de
Troll, après avoir élé encore quelque lems caché dans les cavernes>
où pluueurs de fes gens fom mons
de fàim & de froid, a enfinimploré
la clemence de Monueur le Marquis de Maillebois, qui l'a fair
rranfponer à Livourne.
Il éroit lems que celle Campagne, qui avoit commencé en Balagne au mois d'Avril, finît; Officiers & SoldatS éroienr tendus,
d fatigues & de mifere.
Les Officiers , en entrant elJ'
CamEag.ne , avoient acheté au;
DELA

T

o i;



16~

DESC-RIPTION

poids de l'or quelques mal1vals
che,aux qui ~~rem bien·rôt cre-·
'és ; rous 1 chevaux étant dans
ce Païs fort mauvais , de fone
qu'étanr obligés de courir toosles
jours les 10nragnes à pied, par
des chaleurs excelIives, man<juant
de vivr , & le peu qu'ils en trou'loienr leur'tant vendu fon cher.
Ils r. foor e!limés fort heureux de
'loir la fin de c rre guerre.
Les Soldars étoient au/li accablés de farigues ; car des Régim ns avanc's dans le Païs, 0 de
ceux qui érciem rellés fur le der,
riere , on en a,"oir rir' tanr de Pi·
quers & de dérachern ns, que la
plûpart du r ms il ne refioir pas
<;inquame h romes a x drapeaux.
VOJS me demand rez peur- rre
e,'1ccre, Maciam~ , fi l'intemio:l
du Roi aéré derememe l'me d~
Corf:: aux Génois, après avoir pacifié ces tto.ubles.jepourrois p ut-·

t6f
écre réo1Iir à vous en donna quelDE LA CORSe-.

ques bonnes ou mauvaifes rations;
Hl is je refpeae trop la profonde
g ff'e du grand .1iniftre qui gou, roe la France, pour vouloir aprofon ir fes fecr ts.
Tour c que je peus<lvoirloonfleur d vous dire, ell que la mort
ce l'Empereur ayanr changé dans
un ioft<lnr raures les affitires de
•Europe, le Roi ay;mr befoin de
[cs Troupes, envoya ordre à M.
le ;\laréchal de Maillebois, qui
,n'oir reçû au mois de Janvier
lït" le Bâron de Maréchal, de
repaffer au mois de Mayen F rance avec fu Bataillons, Monfieur
le Marquis de Villemur , Maréchal de Camp, rella co cerre Ille
OLr y commander, jufqu'à l'enrier départ des François, dom les
dix aurr s raillons fOOl répalrïs
en France dans les mois de JuilIr, A.oûr & SCEr mbre mil fcpt.

T66

DESCIUPTION

cent quaraOle- un , ainfi que ce

Général.
Les Carres, contens de la jufiice & de la clémence de nos
Généraux, devenus prefque F ranli0is, Ont [éconduit, en picorant.
nos oldars à leurs ailfeaux.

FIN.

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