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Lugo-di-Nazza

Titre

Lugo-di-Nazza

Sujet

Ghisoni, Haute-Corse, 2B, patrimoine, bâti, inventaire, presbytère, école, mairie, église, chapelle, Saint-Cyriaque, Saint-Cyr, four, maison, notable, monument aux morts

Description

Commune de l’ancienne piève de Castello, Lugo-di-Nazza fait aujourd’hui partie du canton de Ghisoni et de la Communauté de communes de Fiumorbo Castello. S’étendant sur 25,41 kilomètres carrés, la commune de Lugo-di-Nazza est limitée par la commune de Ghisoni au nord et à l’ouest, de Poggio-di-Nazza au sud et de Ghisonaccia à l’est. Ses deux principaux cours d’eau sont le fleuve Fiumorbo et certains de ses affluents comme les ruisseaux de Giargolo et de Casillilli. Le village de Lugo-di-Nazza se dresse à près de 420 mètres d’altitude et plusieurs reliefs s’élèvent entre ce dernier et la plaine tels que le Monte di Core (597 m) et la Punta Razzete (447 m). A l’ouest, le point culminant du territoire de la commune est la pointe d’Uccello s’élevant à 1055 mètres d’altitude. Au nord, la commune de Lugo-di-Nazza possède la rive droite du Défilé de l’Inzecca, site classé, qu’elle partage avec Ghisoni. Les habitants de Lugo-di-Nazza résident principalement au village et dans ses hameaux proches : Nazza, Giardinu, Casa Vecchia. Il convient de mentionner d’anciens lieux de vie aujourd’hui abandonnés comme Boile. Selon les chiffres délivrés par l’INSEE en 2009, Lugo-di-Nazza comptait 110 habitants, 67 logements dont 68,4% de résidences principales ainsi qu’une densité de population de 4,3 habitants par kilomètres carrés. Depuis 1992, le principal levier de développement de la commune est l’aménagement hydroélectrique de Trevadine. L’usine et sa retenue d’eau en aval permettent d’irriguer une partie de la plaine orientale. Son fonctionnement a permis d’initier un programme de valorisation du patrimoine bâti du village médiéval (église paroissiale, maison des caporaux, maison-tour dite Titellu, etc.).

"Dossier Collectif Maisons" : 

67 INSEE ; 10 étudiées ; 8 repérées

3% des maisons inventoriées datent du 15e siècle, 8% du 16e siècle, 11% du 17e siècle, 13% du 18e siècle, 19% du 19e siècle et 46% du 20e siècle.

Les maisons inventoriées sont traditionellement en schiste et couvertes de dalles de schiste ou de tuiles mécaniques.

Matériaux du gros-oeuvre et mises en oeuvre : schiste ; moellon ; enduit partiel ; crépi ; maçonnerie

Matériaux de la couverture : tuile plate mécanique ; tuile creuse mécanique ; schiste en couverture

Créateur

Chiari Laurent ; Laborde Mathieu

Droits

(c) Università di Corsica Pasquale Paoli ; (c) Collectivité Territoriale de Corse

Spatial Coverage

Corse, Haute-Corse, 2B, Canton de Ghisoni

Temporal Coverage

Les traces les plus anciennes d’une occupation humaine, en l’état actuel des recherches, remontent à l’âge du Bronze (Ier millénaire avant J.-C.) : la découverte de différents vestiges (obsidienne, silex) permet de penser que le site d’implantation du village de Lugo-di-Nazza aurait été une halte sur le chemin préhistorique entre Urbino et la côte occidentale de l’île. Egalement lieu de passage des Romains durant l’antiquité, Lugo-di-Nazza est occupé au 11e siècle par les descendants des seigneurs de Covasina selon le chroniqueur Giovanni della Grossa. Leur influence commencera à décliner au 13e siècle avec les occupations successives de Pise puis Gênes. Il apparaît que le premier lieu de vie des habitants de Lugo-di-Nazza se situait au lieu-dit Nazza avec la chapelle primitive San Quilicu, pouvant dater du 9e ou du 11e siècle d’après les fouilles archéologique menées en 1981. Probablement l’édifice religieux primitif d’une antique piève dite de Nazza, la chapelle primitive San Quilicu est mentionnée par Mgr Mascardi en 1589 comme ancienne église paroissiale de Lugo. Elle est l’église principale de Lugo et Poggio au moment de la constitution de la piève de Castello mais est remplacée au 15e siècle par l’église San Ciliaco à cause de son éloignement du nouveau centre communautaire. Au 13e siècle, Lugo-di-Nazza fait donc partie de la piève de Castello (avec Pietroso, Ghisoni, Sampolo et Poggio) dont la piévanie est San Giovanni Battista (9e-10e siècle ?) à l’entrée du défilé de l’Inzecca. Le 15e siècle marque l’installation de notables ayant pris la tête de la révolte avec l’appui de Gênes contre l’oppression des familles seigneuriales : c’est le temps des caporaux. Les familles « caporalices » de Lugo-di-Nazza possèdent des terres entre l’étang d’Urbino et l’embouchure du Fiumorbo et Giovanni della Grossa nous révèle que le premier de ces caporaux se nomme Pizzino dello Luco (1403-1438). Au milieu de ce siècle, les caporaux de Lugo sont à leur apogée : tour de défense et environ 100 feux (soit près de 400 habitants) à Lugo-di-Nazza. En 1530, le chroniqueur Giustiniani mentionne que Lugo-di-Nazza fait toujours partie de la piève de Castello avec Poggio, Ghisoni, Vezzani, Pietroso, La Pieve et Lachari (aujourd’hui hameau de Pietroso). La chapelle San Ciliaco, actuellement en ruine dans le cimetière communal, est indiquée pour la première fois en 1560. En 1537, les 52 feux, soit près de 250 habitants, illustrent les conséquences des disettes, des épidémies et des guerres. Après le soutien des caporaux à Sampiero Corso dans sa lutte contre Gênes dans le troisième quart du 16e siècle, Lugo-di-Nazza relève de la « capella San Ciliaco », district de Corte et piève de Castello (dont la piévanie est désormais à Vezzani). Après une période de relative tranquillité, Lugo-di-Nazza atteint les 400 habitants à la fin du 16e siècle grâce à sa prospérité. En effet, les terres très étendues de la plaine ainsi que les terres propres des caporaux permettent l’édification de l’église paroissiale actuelle de San Quilicu, inaugurée par l’évêque en 1598. Le clocher, construit plus tardivement, est l’œuvre de l’architecte Domenico Baïna au 18e siècle. Avec la construction de la maison des caporaux (ou « casa Sarrachioli ») en 1602, le village de Lugo-di-Nazza ne connaîtra pas de grands changements jusqu’au début du 20e siècle. Les 16e et 17e siècles marquent une forte volonté de mise en valeur agricole de la Corse par Gênes : en 1586, les terres de la plaine de Lugo-di-Nazza, entre Urbino et l’embouchure du Fiumorbo, sont sous la direction de Bartolomeo Invrea dans le fief de Porette. Ces grands domaines, où l’on y cultive essentiellement le blé, n’autorisent pas les habitants vivant de la transhumance d’y passer : de nombreux saccages témoignent du mécontentement des paysans de la région. A la fin du 17e siècle, la pauvreté se ressent dans la démographie de Lugo-di-Nazza avec 270 habitants. Au 18e siècle, Lugo-di-Nazza fut un lieu de stationnement pour une expédition française venue soutenir Gênes dans sa lutte contre les insurrections ; un important lieu de défaite de la famille Matra durant leur conflit avec Pascal Paoli ; mais également un lieu de la « Rota Civile » de la province de Castello durant l’indépendance corse entre 1755 et 1769. A l’époque de son rattachement à la France en 1769, Lugo-di-Nazza compte 385 habitants puis 437 en 1774. Ceux-ci cultivent le grain, la vigne, le miel, le lin et très peu d’huile. Selon une étude des tabelles génoises de 1774, Antoine Peretti montre que Gattone, Campo di Loro et Vadina Alberetto sont des stations d’hiver pour les bergers du Lugo-di-Nazza. En 1790, la piève de Castello devient le canton de Sorba (district de Corte) avec 4 autres communautés que sont Ghisoni, Vezzani, Pietroso et Poggio-di-Nazza. De plus, les décrets révolutionnaires tentent de faire appliquer la nationalisation des biens de l’Eglise et la révocation des concessions domaniales de la plaine orientale attribuées sous l’Ancien Régime : un climat de tension s’installe lorsque les habitants de Lugo-di-Nazza et de Ghisoni s’aperçoivent que les terres de la plaine (la forêt de Pinia notamment) sont exploitées par d’autres qu’eux-mêmes. En 1795, le plan Terrier dévoile que, sur le territoire de Lugo-di-Nazza, le village constitue le principal lieu de peuplement. En cette fin de 18e siècle-début du 19e siècle, il n’existe plus moulins et les habitants cultivent du blé, de l’orge, du miel, peu d’oliviers et de vignes, pas de légumes. En 1801, le canton de Sorba compte trois nouveaux villages avec Antisanti, Noceta et Rospigliani. Puis, en 1828, Lugo-di-Nazza fait partie du canton de Vezzani avant, en 1861, d’intégrer le canton de Ghisoni que nous connaissons aujourd’hui. En 1845, la section de plaine dite « Ghisonaccia » est distraite du territoire de Lugo et est érigée en municipalité distincte. Les principaux arguments avancés pour cette distraction sont les grandes difficultés de communication entre Lugo-di-Nazza et la plaine. Ainsi amputée de la moitié de son territoire, Lugo-di-Nazza perd sa plaine alors en plein développement depuis le début du 19e siècle. Le cadastre napoléonien de 1865 révèle 117 maisons et 15 fours, les habitations se répartissent entre le village et ses hameaux de Boile et Solia. A cette date, on cultive le châtaigner, la vigne, le jardin puis l’olivier, le bois de chêne et de pin. De la fin du 19ème siècle jusqu’au milieu du 20e siècle, la misère règne à Lugo-di-Nazza (comme partout en Corse) et les habitants partent en France ou dans les colonies, et plus particulièrement en Amérique du sud. Dans les années 1920, l’élevage caprin, le petit artisanat et l’agriculture locale dominent. L’entre-deux-guerres marque une nouvelle étape dans l’évolution du bâti avec la construction de nouvelles maisons au village ainsi que le long de la route départementale. De plus, les habitants des hameaux rejoignent le village. Lugo-di-Nazza est relié par la route à Poggio-di-Nazza en 1960 et l’électricité y parvienten 1962. Les années 1960 marquent l’établissement des lotissements actuels proches du village comme à Giardinu, San Ciliacu ou Nazza. Le village est accessible depuis Gisonaccia-Gare à partir de 1981 et les aménagements hydroélectriques de Trevadine débutent en 1987. D’un point de vue démographique depuis le début du 20e siècle, Lugo-di-Nazza connaît une forte baisse : 452 habitants en 1911, 151 en 1946, 110 en 2009.

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