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Eglise pievane de Santa Maria de Rescamone

Titre

Eglise pievane de Santa Maria de Rescamone

Sujet

inventaire, architecture, archéologie, culte, édifice, médiévale, petit appareil, appareillage, équarri, Rostino, Rescamone

Description

Le site archéologique comprenant l’église de Santa Maria di Rescamone et le Baptistère de Saint-Jean-Baptiste est situé sur un plateau, carrefour de routes muletières, isolé dans la campagne à environs vingt minutes de marche du hameau de Valle.

L'église qui malheureusement est en ruine et dans un mauvais état de conservation se présente avec un plan rectangulaire (8,98 x 16,8 m.), une nef unique et abside voûtée orientée. La toiture est désormais effondrée depuis longtemps.
Les murs de la nef, ainsi que une partie de la façade ouest ont été objet de restauration et reconstruction vers les années ’50-60.

L’appareillage qui caractérise l’abside et les deux côtés de la nef en direction est (phase I) est réalisé à partir d’éléments en schiste feuilleté gris obtenus par débitage et provenant de stratification rocheuse plus ou moins régulières. Les composantes, dont les dimensions peuvent varier selon le matériau utilisé, sont disposées sur des plans horizontaux. La recherche de régularité est obtenue par la sélection minutieuse du matériau afin d’éviter de sensibles variations dans les dimensions. Dans certains cas est lisible la présence de traits horizontaux et verticaux dessinés avec la truelle au niveau des joints (stilatura dei giunti), ce qui contribue à donner une impression d’uniformité à l’appareillage en cachant les irrégularités entre les pierres. Les chaînages d’angles sont différenciés, réalisées avec des éléments plus de majeure dimension, plus soigneusement travaillés et disposés alternativement sur chant ou sur la face. Les trous de charpente sont outrepassant, sont alignée verticalement et horizontalement.
L’abside est rythmé par une série des arcatures réalisées en petit blocs en calcarenite et soutenues par des minces pilastres dites lesene en prasinite qui reposent sur des bases modelées. Cette technique de construction, en combinaison avec les éléments architecturaux décoratifs des absides (petits arcs jumelés et aveugles), est représentée par un nombre considérable de structures localisées surtout au nord-est de l’île (environ quinze exemplaires) et présente de fortes analogies avec le nord de l'Italie (Lombardie, Piémont et Ligurie) ainsi qu’avec la Provence et la Catalogne.

Le reste de l’édifice en direction ouest présente une différente typologie de maçonnerie caractérisée par des pierres de taille, principalement en prasinite vert claire, disposées en rangées semi-régulières. Remarquable est l’appareillage de la partie sommitale de la façade ouest avec croix ajourée qui s’approche de la typologie à rangées alternées où les éléments en schiste gris foncé sont disposés en lit et en délit. Cette portion de maçonnerie, qui ne semblerait pas montrer de césures avec le reste de la façade ouest, pourrait simplement dépendre d’un choix décoratif où d’un changement de provision de matériaux en cours de chantier.
Le côté nord en direction ouest est constitué de matériaux hétérogènes (schiste, prasinite et calcarenite). Les pierres sont ici assemblées sur plans horizontaux avec une certaine recherche de régularité. Est possible que cette portion de maçonnerie soit le résultat d’une partielle reconstruction successive à la phase II.

Les entrées sont en nombre de deux. Celle de phase I, côté sud direction est, est buchée mais les piédroits ainsi que la trace en négatif du linteau sont encore visible. Une deuxième avec linteau monolithe rectangulaire est dans la façade occidentale (phase II) Une seule ouverture en partie reconstituée est conservé dans l’abside. Une deuxième ainsi que l’entrée dans le mur nord, direction est sont le résultat de reconstructions récentes.

Créateur

Camuffo, Paola

Date

Hypothèse d’attribution chronologique : courant du 11e-12e sieclès

Référence bibliographique

CAMUFFO P., 2012, Gli edifici di culto medievali nella valle del Golo. Analisi archeologica sull’evoluzione delle tecniche murarie in pietra tra XI e XVI secolo, thèse de doctorat soutenue à l'Université de Corse.

CAMUFFO P., Les édifices de culte médiévaux de la vallée du Golo à travers l’analyse des techniques d’appareillage, in "Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de Corse", à paraître.

CAMUFFO P., L’architecture religieuse médiévale insulaire : modèles architecturaux et identité culturelle des bâtisseurs , in Actes du Colloque “La Franciscorsa, témoin de l'histoire de la Corse”, 23-24 mai 2013, Bastia, à paraître.

CORONEO R., Chiese romaniche della Corsica, Cagliari, pp. 23-24, 61-62, 71-74, 78, 82-83, 104, 167-169, 171-172

ISTRIA D., DI RENZO F., 2001, Le paysage chrétien de la Corse médiévale, in Corsica christiana, 2000 ans de christianisme, Catalogue de l’exposition du Musée de Corte, Ajaccio, pp. 126-140.

ISTRIA, D., 2005, Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, XIe- XIVe siècle, Ajaccio, pp. 116-117.

ISTRIA D., 2005a, L’hégémonie politique économique comme cadre de diffusion des techniques de construction au Moyen Age: la Corse entre Toscane, Ligurie du XIe au XIVe siècle, in “Arcquelogia de la arquitecture. Aparejos constructivos medievales en el Mediterraneo de las técnicas constructivas”, 4, a cura di Azkarte A., Quiros J. A., p. 136.

LETTERON, L. A., 1890, Relazione della prima vista pastorale di Monsignor Marliani, Vescovo di Mariana ed Accia, in “Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse”, n° 113, edizione a cura di Letteron L. A., pp. 90-91.

MORACCHINI-MAZEL G., 1967, Les églises romanes de Corse, Paris, pp. 51-52, 123-125, 292-293.

MORACCHINI-MAZEL G., 1972, Corse romane, Saint-Léger-Vauban, pp. 55-58.

MORACCHINI-MAZEL G., 2004, Corsica Sacra, Portovecchio, pp. 207-208.

MORACCHINI-MAZEL G., 1982, Les églises pievanes de Corse de l’époque romaine au Moyen Age, XI - La pievanie de Rescamone, in “Cahiers Corsica” 98-99, pp. 1-28.

Spatial Coverage

Commune : Valle di Rostino
Référence carte IGN : 4349 OT
Coordonnées Lambert : X : 5699 Y : 42416
Altitude : 487 m
Références cadastrales : 2012 G 41

Temporal Coverage

L'analyse archéologique de l’église pievane de Santa Maria di Rescamone a souligné deux principales phases de construction de l’édifice qui repose sur les fondations d’une église paléochrétienne primitive dont sont encore visibles les vestiges.

Sur la base de l’étude des rapports stratigraphiques d’antériorité et de postériorité des maçonneries la première phase de construction est donc reconnaissable dans l'abside ainsi que dans les côtés de la nef en direction est. L’analyse de la technique de construction, en combinaison avec les éléments architecturaux décoratifs nous a permis, grâce à la méthodologie comparative conduite sur la plan locale et extra régionale, d’attribuer la première phase de construction de Santa Maria de Rescamone entre le XIe et le XIIe siècle. En effet l’apparat décoratif et le procédé technique qui caractérisent la phase I de l’église semblent adhérer à un modèle culturel suprarégional et de grande envergure attribué au XIe siècle, qui imprègne aussi l'architecture religieuse des régions du Piémont, Ligurie, Provence jusqu’à la Catalogne.

La deuxième phase de construction de l’édifice concerne les restants murs de la nef en direction ouest et la façade principale. La technique constructive est ici caractérisée par un appareillage en pierres de taille disposée de façon semi régulière. En l’état actuel de la recherche c’est pas possible d’avancer une proposition chronologique précise pour cette phase. Cette dernière pourrait être attribuable à une réfection de l’édifice en vue d’un agrandissement, comme à la poursuite des travaux suite à une interruption du chantier.

Monseigneur Marliani, lors de sa visite pastorale en 1646 dans la pieve de Rostino nous révèle que l’édifice avait désormais perdu ses prérogatives d’église paroissiale “... Chiesa sotto il titolo di S. Maria... la chiesa di S. Maria ha annesse S. Silvestro e S. Cesareo ... le funzioni parrocchiali si fanno in suddetta chiesa (di Santa Annunziata di casa Piti) per essere più comoda e vi s’asserva il Santissimo ed il fonte battesimale, perché S. Maria è lontana ed incomoda…”.

Item Relations

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