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Eglise pievane de Santa Maria de Furiani

Titre

Eglise pievane de Santa Maria de Furiani

Sujet

inventaire, architecture, archéologie, culte, édifice, médiévale, petit appareil, appareillage complexe, Furiani, fresque

Description

Ancienne église pievane, Santa Maria de Furiani a été classée par les Monuments Historiques le 16 octobre 1992.

L’édifice est localisé sur un plateau qui surplombe la plaine et l’étang, isolé, à environ 20 minutes de marche du village de Furiani sur un sentier qui conduit jusqu’à Bigulia.Il se présente avec plan rectangulaire (5,84 x 13,96 m.), avec une nef unique et une abside voûtée orientée.

L’appareillage qui caractérise la partie centrale de deux côtés de la nef (phase I) est réalisé à partir d’éléments en schiste vert-brun obtenus par débitage et provenant de stratifications rocheuses régulières, disposés sur des plans horizontaux. La recherche de régularité est obtenue par la sélection minutieuse du matériau afin d’éviter de sensibles variations dans les dimensions. Parfois sont lisibles des traits horizontaux et verticaux dessinés avec la truelle au niveau des joints (stilatura dei giunti), ce qui contribue à donner une impression d’uniformité à l’appareil en cachant les irrégularités entre les pierres. Dans la partie sommitale de la maçonnerie se trouve une assise réalisée avec des éléments disposés de face, particularité observée aussi dans le cas de Santa Maria de Rescamone.
Cette technique de construction, que nous pouvons définir appareillage presque régulier est représentée par un nombre considérable de structures localisées surtout au nord-est de l’île (environ quinze exemplaires) et présente de fortes analogies avec le nord de l'Italie (Lombardie, Piémont et Ligurie) ainsi qu’avec la Provence et la Catalogne.
Ce type peut être attribué, selon la méthode d’analyse comparative, à la période comprise entre le XIe et le début du XIIe siècle.

Le reste de l’édifice, présente une différente typologie de maçonnerie caractérisée par des matériaux, principalement en schiste, vert-brun proviennent d’un simple ramassage suite à la préparation du sol ou par semple débitage. Nous observons, surtout dans l’abside, le remploi des éléments plus soigneusement travaillés et plus réguliers provenant de la phase I de l’édifice. L’emploi abondant de mortier de chaux a une double fonction : sceller les vides entre les pierres pour obtenir étanchéité et stabilité et créer une surface de revêtement de la maçonnerie. Les chaînages d’angles résultent différenciés du reste de l’appareillage avec des éléments disposées en lite te en délit. Rares sont les traces d’outils, observables dans les éléments qui servent de piédroits et de consoles de l’entrée sud. Nombreux sont les trous outrepassants et bouchés pour les échafaudages.
Cette technique de construction est le fruit de nouvelles connaissances arrivées de la péninsule italienne. À partir de cette période, on assiste en effet à une sorte de décadence des ouvrages de maçonnerie en termes de régularité et de finition des matériaux. Cette importante inversion de tendance, diffusée à large échelle dans les régions continentales et présente aussi dans le contexte insulaire, peut être située à partir du Moyen Âge tardif. Elle est caractérisée par l’abandon des moellons équarris au profit de l’adoption d’une technique irrégulière, destinée à recevoir une surface enduite.

Les entrées sont en nombre de deux. Celle dans la façade principale ouest est caractérisée par une architrave monolithe rectangulaire surmontée d’un arc semi-circulaire en plein cintre réalisé avec un claveau monolithique et trois dalles qui lui servent d’appui. A l’intérieur du tympan se trouve un bloc rectangulaire. Les piédroits sont réalisés en matériel plus soigneusement travaillé en rapport au reste de la maçonnerie. Est possible que les éléments équarris du portail ouest, visiblement remis en place, soient le fruit d’un remploi provenant du portail primitif. Dans la façade sud se trouve l’entrée secondaire. Les piédroits sont constitués des éléments plus soigneusement travaillés et de dimensions majeures. Deux consoles en gneiss avec profil interne arrondi soutiennent une architrave monolithique rectangulaire. En dessous est réalisé un arc semi-circulaire en plein cintre en petits blocs presque entièrement crépi ainsi que le tympan interne. Les deux côtés de la nef sont pourvus chaque un d’une étroite fenêtre, celle du mur sud est réalisée en éléments monolithes avec archivolte en plein cintre décorée d’un trait gravé. Comme dans le cas du portail ouest, cette ouverture pourrait être le résultat d’un remploi. En revanche la typologie de fenêtre meurtrière avec petite archivolte en arc brisé avec trait gravé observée dans le côté nord caractérise aussi l’ouverture de l’abside (les deux appartiennent à la phase de construction II). Le fronton oriental ainsi que l’occidental présentent au sommet une croix ajourée.

A l’intérieur se trouve une série d’arc diaphragme pour soutenir la charpente et donner de solidité à la structure. Un cycle de fresques attribuable au début du XVe siècle est encore observable dans l’abside. Malheureusement la lecture résulte très difficile à cause du mauvais état de conservation des fresque et à cause aussi d’une superficie de badigeon au lait de chaux qui couvre les peintures. Malgré cela est encore possible reconnaître les traits de deux apôtres : saint Philippe et saint Thaddée qui sembleraient en train de méditer. En peu plus distant on découvre la présence d’un troisième apôtre tenant dans les mains un livre et d’une figure féminine, probablement saint Agathe, sainte dont le culte était honoré au Moyen Age dans la pieve d’Orto (Orsolini J., 1989, p. 39). Les noms des saints sont indiqués au- dessus de leur tête par des lettres gothiques.

Créateur

Camuffo, Paola

Date

Hypothèse d’attribution chronologique : phase I courant du 11e-12e sieclès, phase II courant du 14e -15e siècles

Référence bibliographique

CAMUFFO P., 2012, Gli edifici di culto medievali nella valle del Golo. Analisi archeologica sull’evoluzione delle tecniche murarie in pietra tra XI e XVI secolo, thèse de doctorat soutenue à l'Université de Corse.

CAMUFFO P., Les édifices de culte médiévaux de la vallée du Golo à travers l’analyse des techniques d’appareillage, in "Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de Corse", à paraître.

CORONEO R., Chiese romaniche della Corsica, Cagliari, p. 170.

GRAZIANI A. M., 1993, Description de la Corse, Ajaccio, pp. 174-175.

LETTERON, L. A., 1890, Relazione della prima vista pastorale di Monsignor Marliani, Vescovo di Mariana ed Accia, in “Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse”, n° 113, edizione a cura di Letteron L. A., p. 81.

MORACCHINI-MAZEL G., 1967, Les églises romanes de Corse, Paris, pp. 215, 430-431.

ORSOLINI J., 2003, L’art de la fresque en Corse de 1450 à 1520, Genova, p. 39

Spatial Coverage

Commune : Furiani
Référence carte IGN : 4348 OT
Coordonnées Lambert : X : 579122 Y : 426318
Altitude : 300 m
Références cadastrales : 2012 D 502

Temporal Coverage

L'analyse archéologique de l’église pievane de Santa Maria de Furiani semble souligner deux phases fondamentales de construction de l’édifice.
Sur la base de l’étude des rapports stratigraphiques d’antériorité et de postériorité des maçonneries la première phase serait reconnaissable dans la partie centrale de la nef (côtés sud et nord). L’analyse de la technique de construction a souligné une étroite vraisemblance avec la typologie d’appareillage défini presque régulier à éléments obtenus par débitage et provenant de stratifications rocheuses observables dans la phase I de l’église pievane de Santa Maria de Rescamone, ainsi que à San Quilico d’Olcani. Cette typologie constructive serait attribuable, sur la base de la méthodologie comparative conduite sur le plan local et extra régional, au XIe et le XIIe siècle.

La deuxième phase de construction de l’édifice concerne les restants murs de la nef en direction ouest, la façade occidentale et l’abside. Le changement de technique constructive, caractérisé ici par une maçonnerie irrégulière à moellons à peine retouchés où informe, liés avec abondant mortier de chaux, reprochable au contexte du XIVe et XVe siècles, pourrait être le témoignage d’une importante réfection de l’édifice dans une période successive, peut-être lors de l'exécution des fresques attribuables au XVe siècle.

Monseigneur Giustiniani, au début du XVIe atteste que l’église était en mauvais état “... il y avait encore deux petits villages (...) autour de l’Eglise titre de la pieve appelée Santa Maria mais ces deux petits villages, et l’église de la pieve ont été ruinée du fait de la peste et à cause de la bonne gestion des pievans ...”. Monseigneur Marliani, lors de sa visite pastorale en 1646, indique que l’église è lontana un miglio dall’abitato, verso mezzo giorno, e si mantiene serrata celebrandosi la messa il giorno della festa.

Item Relations

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