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Eglise de San Tommaso de Pastoreccia

Titre

Eglise de San Tommaso de Pastoreccia

Sujet

inventaire, architecture, archéologie, culte, édifice, paroisse, médiévale, appareillage, complexe, Rostino, fresque, fouille preventive, sceau, Bonombra, évêque, date, gravure

Description

Ancienne église paroissiale, San Tommaso de Pastoreccia a été classée par les Monuments Historiques le 10 février 1923. L’édifice est localisé dans le hameau de Pastoreccia, à 10 minutes de marche du château de Rostino qui surplombe la vallée du Golu. Entourée par un modeste cimetière l’église se présente avec plan rectangulaire (8,40 x 8,80 m.), avec une nef unique et une abside voûtée orientée.

Objet d’intervention irréparable de la part des Monuments Historiques en 1930, l’édifice manque aujourd’hui de sa primitive façade occidentale qui est donc reculée de 7m (longueur originelle de la nef : 15,80 m) et d’une partie des fresques qui ont été détruit lors de l’intervention. Ce qui reste donc encore visible de nos jours sont le deux flanc de la nef et l’abside.

L’appareillage qui caractérise l’édifice est défini complexe. Les matériaux, principalement en schiste, vert-brun et bleu et en calcschiste proviennent d’un simple ramassage suite à la préparation du sol ou par débitage. Pour la plus part ils sont disposés en essayant de garder les plans horizontaux afin de créer un équilibre statique de toutes les composantes de la maçonnerie. L’emploi abondant de mortier de chaux a une double fonction : sceller les vides entre les pierres pour obtenir étanchéité et stabilité et créer une surface de revêtement de la maçonnerie. Les chaînages d’angles résultent différenciés du reste de l’appareillage. Des traces d’outils (pointe et piquet) sont observables en majeure parti dans les éléments qui servent de chaînages d’angles ainsi que dans les piédroits du portail que dans la fenêtre de l’abside. Sont encore visibles de nombreux trous d’échafaudage certains bouchés, d’autres outrepassants. Dans la partie inferieure de l’angle sud-est à environs un mètre d’hauteur du sol se trouve une assise de pierres légèrement saillantes. En dessous sont observables cinq orifices carrés probablement à mettre en rapport avec la rangée de pierres débordantes. En bas du mur de l’abside, en direction sud est confectionnée une niche carrée et deux pierres équarries saillant hors de la maçonnerie. L’interprétation de ces anomalies n’est pas facile(VECCHIONE M., BONNAUD S., VOYEZ C., 2012, pp. 35-39).

Cette technique de construction est le fruit de nouvelles connaissances arrivées de la péninsule italienne. À partir de cette période, on assiste en effet à une sorte de décadence des ouvrages de maçonnerie en termes de régularité et de finition des matériaux. Cette importante inversion de tendance, diffusée à large échelle dans les régions continentales et présente aussi dans le contexte insulaire, peut être située à partir du Moyen Âge tardif. Elle est caractérisée par l’abandon des moellons équarris au profit de l’adoption d’une technique irrégulière, destinée à recevoir une surface enduite.

Dans la façade sud se trouve l’entrée secondaire caractérisée par des piédroits plus soigneusement travaillés et par deux petites consoles avec profil interne à angle droit qui soutiennent une architrave monolithique en bâtière. A l’intérieur du tympan nu est gravé une inscription :
MCCCCLXX
... XXII Ju [ . ]
[ ..... ] Anton Bonom [ .... ]
Cette inscription semble donc faire mention à Antonio Bonombra, évêque d’Accia entre 1467 et 1480, qui aurait pu, commander le relèvement de la chapelle, soit la consacrer.
La même date est aussi remportée dans le fond d’une petite niche carrée située à l’intérieure dans l’abside en direction nord-est. Une troisième gravure se trouve dans l’ébrasement extérieur de la fenêtre de l’abside où est observable la date 1370.

Les deux flancs sont pourvus d’étroites fenêtres rectangulaires (celle du côté sud se présente bouchée) tandis que dans l’abside l’ouverture est réalisée avec montants ébrasés surmontée d’un subtil archivolte rectangulaire en plein cintre. Le fronton oriental présente au sommet une croix ajourée.

A l’intérieur de l’édifice un important cycle de fresques longe les murs latéraux de la nef et l’abside. Ce riche programme iconographique attribuable au début du XVIe siècle a été protégé par les Monuments Historiques en 1992.
Dans le cul-de-four est représentée la scène du Christ en majesté en train de bénir les fidèles de la main droite. Reposant sur ses genoux est un livre sur lequel est écrit : “EGO SUM LUX MUNDI ET VIA VERITAS E. (t) V. (ita)”. Dans le registre médiane de l’abside sont observables les éléments de la tetramorfosi : les évangélistes saint Luc (le taureau ailé et l’auréole), saint Joseph (l'aigle aux ailes de paon), saint Mathieu (l’ange), malheureusement le lion de saint Marc n'est plus visible. Dans la partie supérieure de l'abside se trouvent deux anges musiciens et dans la partie inférieure on observe le collège apostolique désormais très effacé. Au deux côtés de l'arc de triomphe est réalisée la scène de l'Annonciation avec l’ange Gabriel et la Vierge en prière avec la sainte Colombe. Sur le bas de l’arc triomphale se trouvent saint Michel ailé terrassant le dragon et en train de peser les âmes des pécheurs. L'ensemble du mur nord montre des scènes de la Passion, du Christ dont un fragment considérable de la Dernière Cène. La paroi latérale sud en direction de l’arc triomphale se caractérise par six saints et saintes groupés par trois et repartis sur deux registres. En direction ouest se trouve un grand panneau où est représenté le purgatoire " infernalizzato " seule représentation en toute la Corse.

Pour finir nous rappelons ici la découverte fortuite d’un reliquaire conservé à l’intérieur de l’autel de l’église où sont encore observables le nom et le sceau de Antonius Bonu (Antonio Bonombra, vescovo di Accia tra il 1467 e il 1480) (FRANZINI A., MORACCHINI-MAZEL G., QUILICI T., 2003, pp. 74-79).

Créateur

Camuffo, Paola

Date

Hypothèse d’attribution chronologique : 14e -15e siècles

Référence bibliographique

CAMUFFO P., 2012, Gli edifici di culto medievali nella valle del Golo. Analisi archeologica sull’evoluzione delle tecniche murarie in pietra tra XI e XVI secolo, thèse de doctorat soutenue à l'Université de Corse.

CAMUFFO P., Les édifices de culte médiévaux de la vallée du Golo à travers l’analyse des techniques d’appareillage, in "Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de Corse", à paraître.

CORONEO R., Chiese romaniche della Corsica, Cagliari, pp. 170, 183.

FRANZINI A., MORACCHINI-MAZEL G., QUILICI T., 2003, Un reliquaire dans la chapelle S. Tumasgiu di Pastureccia, in “Cahiers Corsica”, n° 212, Bastia, pp. 74-79.

LETTERON, L. A., 1890, Relazione della prima vista pastorale di Monsignor Marliani, Vescovo di Mariana ed Accia, in “Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse”, n° 113, edizione a cura di Letteron L. A., pp. 90-91.

MORACCHINI-MAZEL G., 1967, Les églises romanes de Corse, Paris, pp. 296-297.

ORSOLINI J., 2003, L’art de la fresque en Corse de 1450 à 1520, Genova, pp. 59-62.

VECCHIONE M., BONNAUD S., VOYEZ C., 2012, Chapelle San Tommaso, Haute Corse, Castello di Rostino, INRAP, Rapport Diagnostic.

Spatial Coverage

Commune : Castello de Rostino
Hameau : Pastoreccia
Référence carte IGN :
Coordonnées Lambert : X : 573320 Y : 424314
Altitude : 580 m
Références cadastrales : 2012 B 134

Temporal Coverage

Les récentes études archéologiques du complexe de San Tommaso de Pastoreccia montrent que la construction de cet édifice peut être attribuable aux siècles du Moyen Age tardif.

D’un point de vue architectural la typologie de construction (technique de maçonnerie irrégulière à moellons à peine retouchés où informe, liés avec abondant mortier de chaux ainsi que typologie du portail) nous amènent à rapprocher l’église de San Tommaso de Pastoreccia d’une série d’édifice religieux et aussi civils situés dans le région de Ligurie, Piémont et Lombardie datables, sur base archéologiques, entre les XIVe et XVIe siècles. Dans le contexte insulaire nous retrouvons étroites ressemblances dans les églises de San Nicolao de Sermano, San Michele de Castirla, Santa Cristina di Campoloro ou encore Santa Maria de l’Arca à Muracciole.

A conforter cette hypothèse chronologique sont aussi une sérié d’inscriptions gravées qui reportent les dates 1370 et 1470 et qui peuvent se référencer à une date de consécration de l’édifice et aussi bien que au moment de l’exécution de cycle des fresques à l’intérieur.

Une série des sondages archéologiques conduits en octobre 2011 par l'INRAP ont aussi livré des précieuses indications concernant l’édifice en question. Selon les données issues des fouilles existeraient, à l’intérieur de l’église, deux différents niveaux du sol ainsi que trois différentes typologies d’inhumations. La présence en parallèle de céramiques attribuables aux XIVe et XVe siècles conduirait à supposer au mois deux phases distinctes de construction. La première (partie du côté sud et abside) attribuable au 1370 (probable date de consécration de la primitive structure) et une successive qui retracerait le plan de l’ancien édifice.

Au final, en vue des récentes données recueillies, il semblerait donc approprié de reconduire l’église de San Tommaso de Pastoreccia à un horizon chronologique plutôt tardif, ce qui pourrait être aussi en équation avec l’activité constructive religieuse et civile observable dans les contextes ruraux continentaux du XIVe –XVe siècles.

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