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Cathédrale de Santa Maria Assunta (Canonica)

Titre

Cathédrale de Santa Maria Assunta (Canonica)

Sujet

inventaire, architecture, religieux, culte, édifice, Mèdiévale, appareilage, équarri, cathédrale , Mariana, Lucciana, 1118

Description

Santa Maria Assunta, ancienne cathédrale de la pieve de Sant’Appiano, est bâtie sur les ruines de la cité romaine de Mariana, à côté de la basilique paléochrétienne à trois nefs et à environ 300 mètres de l'église de San Parteo. L’édifice se présente avec un plan rectangulaire (18,40x34,70 m.), à trois nef et abside voutée orientée. Le toit à longs pans ainsi que la partie sommitale de la maçonnerie de la façade ouest sont fruit des réfections modernes. Une tour plan carré, dont seules les fondations sont visibles aujourd'hui pour une hauteur de 3,5m est accolée contre le mur sud de la cathédrale à l’angle est.

L’appareillage est caractérisé par des blocs en schiste cipolin provenant avec probabilité du Cap Corse. L’ensemble du parement visible est constitué de dalles équarries de moyennes et de grandes dimensions disposées en lit et en délit. Il est possible d’observer parfois le dédoublement des assises ainsi que l’emploi de dalles présentant fréquemment des joints en L. Les éléments sont soigneusement finis, les joints sont fins et réguliers, constitués de minces couches de mortier. On aperçoit également des marques laissées par les outils : ciseau droit pour la ciselure des bords et pointe ou piquet pour le nivellement de la surface (parfois est aussi observable l’emploie de la gradine) L’ensemble des murs de l’édifice est pourvu de nombreux trous pour les échafaudages distribués de façon régulière et réalisés soit par l’écartement des assises et soit par l’emploi de dalles présentant fréquemment des joints en L.

La typologie d’appareillage à rangées alternées employée à la cathédrale de Santa Maria Assunta présente d’étroites ressemblances avec celui de la nef de San Parteo de Mariana et laisse supposer que les deux soient l’œuvre de la même équipe de bâtisseurs.
Cet appareillage apparaît fréquemment dans les régions lucquoise et pisane dont nous pouvons rappeler respectivement Sant’ Alessandro de Lucques, Santa Maria Assunta de Cascina et Santa Maria et à San Giovanni de Vicopisano.

La façade principale reflète parfaitement la division tripartite interne des nefs. Elle apparie rythmée par deux subtils contreforts latéraux de section rectangulaire et deux pilastres façonnés aux deux extrémités de la façade. En dessous se trouve un bandeau mouluré délimite le fronton triangulaire. Au sommet sont un oculus circulaire et une croix ajourée. Cette typologie de schéma triparti nous la retrouvons aussi dans les façades de la chapelle palatine d’Ardara et l’église pievane de Vicopisano.

Au dessous du soubassement du bas des murs (à la hauteur de la deuxième et troisième rangé) est encore visible un double bandeau avec profil mouluré qui se poursuit sur tout le périmètre de la nef, y compris de l'abside.


Les entrées sont en nombre de quatre. Celle monumentale, dans la façade principale, est réalisée avec un double encadrement constitué de deux pilastres de section rectangulaire dont les consoles sculptées reçoivent la retombée d’un arc en plein cintre décoré en fort relief. Un deuxième arc, concentrique au premier et un linteau monolithe, ornés avec une frise à entrelacs, encadrent un tympan nu. La retombée du linteau repose sur deux petites consoles élégamment sculptées.
Deux autres entrées sont localisées dans le côté sud de la nef. Celle au milieu du mur est pourvue des piédroits monolithes, d’une architrave monolithe rectangulaire et d’un tympan nu surmonté par un arc semi-circulaire en plein centre. La seconde porte, de dimensions plus modestes, présente un linteau à bâtière. La façade nord est pourvue d’un seuil d’entrée localisé en direction de l’angle nord-est, caractérisé par un linteau à bâtière avec une étroite bordure.

Dans chaque coté de l’édifice se situent également dix fenêtres, cinq à l’étage du collatéral et cinq dans la partie haute de la nef, certaines sont constituées de linteaux monolithes en arc en plein centre, d’autres en arc brisé.
Remarquable, dans le flanc sud, le décor à intarsio sculpté dans trois blocs qui renvoie, pour l’étroite vraisemblance, à ce qui sont observables sur la façade de la cathédrale de Santa Maria Assunta de Pise ainsi que sur le portail de l’église San Sepolcro et sur le bras sud de l’édifice Santa Maria di Castello à Cagliari (MORACCHINI-MAZEL G., 1967 pp. 87-94).

L'abside semi-circulaire est rythmée par huit pilastres de section rectangulaire qui reçoivent des arcatures aveugles en plein cintre soutenues par des petites abaques moulurés et des consoles sculptées. A’ l’intérieure de chaque arcature se trouve une couple de petits arcs soutenue par un modillon.
Dans la partie sommitale du mur est, délimitée de chaque côté par un pilastre rectangulaire de faible section, nous observons un oculus circulaire et en dessus une corniche décorative composée de neuf petites arcs ainsi que des petites abaques moulurés et des consoles sculptées. Les fenêtres avec arc en plein cintre sont en nombre de cinq : trois dans l’abside et deux dans la façade orientale.

A l’intérieur la nef principale est plus large et plus haute et elle apparaît e délimitée par deux série de sept pilastres (six rectangulaires et un, en direction du choeur, cruciforme), chacun pourvu de chapiteau et base moulurés (non plus visible à cause des réfections effectuées autour du 1931). Dans les angles nord-est et sud-est de l’abside, se trouvent deux petites chapelles de plan carré, comme dans le cas de l’église de San Parteo.

Créateur

Camuffo, Paola

Date

Hypothèse d’attribution chronologique : fin 11e, début 12e siècle

Référence bibliographique

ARCHIVES DEPARTEMENTALES DE LA HAUTE CORSE
série IH1, 6, 22 dicembre 1116
série IH1, 7, 1118

CAMUFFO P., 2012, Gli edifici di culto medievali nella valle del Golo. Analisi archeologica sull’evoluzione delle tecniche murarie in pietra tra XI e XVI secolo, thèse de doctorat soutenue à l'Université de Corse.

CAMUFFO P., Les édifices de culte médiévaux de la vallée du Golo à travers l’analyse des techniques d’appareillage, in "Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de Corse", à paraître.

CAMUFFO P., L’architecture religieuse médiévale insulaire : modèles architecturaux et identité culturelle des bâtisseurs, in Actes du Colloque “La Franciscorsa, témoin de l'histoire de la Corse”, 23-24 mai 2013, Bastia, à paraître.

CORONEO R., Chiese romaniche della Corsica, Cagliari, pp. 22, 24-35, 37-39, 41, 44-45, 49, 97, 99-108, 110-116, 122-123, 136, 139, 147.

ISTRIA, D., 2005, Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, XIe- XIVe siècle, Ajaccio, pp. 110-113.

ISTRIA D., 2005a, L’hégémonie politique économique comme cadre de diffusion des techniques de construction au Moyen Age: la Corse entre Toscane, Ligurie du XIe au XIVe siècle, in “Arcquelogia de la arquitecture. Aparejos constructivos medievales en el Mediterraneo de las técnicas constructivas”, 4, a cura di Azkarte A., Quiros J. A., pp. 133-134.

MORACCHINI-MAZEL G., 1967, Les églises romanes de Corse, Paris, pp. 79, 84-94, 217-218.

MORACCHINI-MAZEL G., 1972, Corse romane, Saint-Léger-Vauban, pp. 83-85, 105-110.

MORACCHINI-MAZEL G., 2004, Corsica Sacra, Portovecchio, pp. 183-201.

Spatial Coverage

Commune : Lucciana
Référence carte IGN : 4349 OT
Coordonnées Lambert : X : 561895.541 Y : 4223877.091
Altitude : 4 m
Références cadastrales : 2012 AX 82

Temporal Coverage

La construction de la cathédrale Santa Maria Assunta est attribuable entre la fin du XIe et le début du XIIe siècle.

La cathédrale Santa Maria Assunta est mentionnée pour la première fois dans un acte du cartulaire des Archives de la Certosa di Calci où il est attesté qu’en 1116 un concile provincial été célébré par l'évêque Hildebrand “... In concilio celebrato in ecclesia Sanctae Mariae Maranansis episcopatus ...”L’église fut consacrée par le cardinal Pietro de Santa Susanna et Pietro, archevêque de Pise, en présence des évêques de Mariana, Aleria et Nebbio, du clergé de l’île et des principaux représentants politiques de la république de Pise. Selon les Annales Pisani, l'événement est daté de l'automne 1118. La présence à Mariana de ces hautes personnalités religieuses les jours suivant la date de consécration et du serment du clergé local à l’Église pisane est attestée dans ADHC, 1H1, 7, 1118. À cause d’une importante dégradation qui a déterminé la perte d’une partie de la datatio, il n’est plus possible de remonter à la date exacte du document. Malgré cela, l’indication de la première année de pontificat de Gélase II conduit à une date antérieure à janvier 1119 et donc entre le 10 octobre (moment ou le légat du pape Pietro de Santa Susanna et l’archevêque Pietro de Pise sont encore à Gênes) et décembre 1118.

La cathédrale de Santa Maria Assunta de Mariana qui doit être rapprochée de la cathédrale de Santa Maria del Regno à Ardara en Sardaigne (consacrée en 1107), appartient à un modèle architectural sui generis développé entre Pise et Lucques et référable à l’église de San Sisto dont la construction semble être simultanée du chantier de la cathédrale de Pise fondée en 1064. Ce style, alternatif à la matrice culturelle de la phase buschettiana de la cathédrale de Pise, élaboré entre Lucques et Pise et exportée en Corse et en Sardaigne entre la fin du 11e siècle et le début du 12e siècle.

L’église de Santa Maria Assunta était la cathédrale du diocèse de Mariana jusqu'en 1570 mais déjà au début du XVIe Mgr Giustiniani atteste que la cathédrale était en mauvais état : “...On voit encore débout l’église cathédrale au magnifique ::: de pierres blanches et noirs semblables à du marbre. Cette église est si mal tenue et en si mauvais état qu’on peut plutôt l’appeler une table pour les animaux divaguant qu’un temple consacré au culte divin... En réalité nous Corses, et particulièrement ceux qui sont diocésains de l’évêque de Mariana nous pouvons vraiment nous plaindre de voir qu’un aussi beau monument et si digne de vénération soit ainsi laissé à l’abandon. Si on y installait deux ermites ils empêcheraient que les boeufs, les vaches et les porcs ne profanent ce très noble temple. Peut- être peut- on attribuer la ruine de cette si belle église aux malheurs du temps autant qu’à la négligence des prêtres, dont je n’entends pas parler parce que je ne veut pas blasphémer, mais laisser cette charge sur la conscience de ceux qui tirent des revenus de l’Eglise...”.

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