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Présentation du fonds Luc Bronzini De Caraffa

 

Luc Bronzini de Caraffa, qui a permis à la Médiathèque culturelle de la Corse et des Corse de récupérer les documents aujourd'hui mis en consultation ici, exploite un restaurant sur l’eau au lieu-dit Etang d’Urbino. La ferme d’Urbino commercialise des huîtres et des moules.

La famille bastiaise Bronzini de Caraffa possède ce domaine depuis 1871. Luc Bronzini de Caraffa a conservé les archives familiales de la gestion de l’étang ainsi que des documents antérieurs qui remontent jusqu’à la période de la Révolution française. Il est propriétaire de la lagune depuis 1978.

Le fonds se décompose en six tiroirs. Nous y trouvons de nombreux documents juridiques (actes de vente, contestation de la vente, contestation de la nature du bien, etc.), des documents cartographiques relatifs à l’étang d’Urbino ainsi que celui de Diana, et des documents d’exploitation économique de l’étang (carnets de bord, liste d’équipage, courriers aux fournisseurs, comptes de gestion, moyens de paiement, etc.). Des articles de journaux, des ouvrages, notamment sur la pêche ou de la correspondance autour de la gestion de l’étang complètent ce fonds.

L’Etang d’Urbino est situé au cœur du domaine de Pinia, lieu symbolique de la contestation régionaliste et agricole au milieu des années 1970. Des correspondances et des articles de presse conservés par son propriétaire y font par ailleurs mention. Luc Bronzini, qui a étudié la philosophie et la théologie, a entrepris de collecter ses archives familiales.

Le restaurateur a effectué un relevé cadastral toponymique d'Urbino et suggère d’éliminer les fausses pistes : la latitude de Rome, urbs de ville, propriété du pape Urbain V. Selon lui, cela vient de ce qui est rond, caché, mystérieux, comme dans Fium’orbu ou Paglia Orba. Il énumère quelques toponymes : Paola magna, perretto (champ de foire). Diana pourrait venir, selon le Professeur Verdoni, de l’étoile.

Histoire de la propriété de l’étang

Selon les recherches de Luc Bronzini, quand Louis XV prend possession de la Corse, il en confie les grands domaines à de grandes familles en échange du traçage des chemins, et de leur aménagement. A la Révolution, les étangs sont nationalisés comme bien de la noblesse. Un amendement est rajouté dans le décret qui précise le nom des étangs corses (Août 1791). En septembre 1791, à Ventiseri, Battesti (faux-nom de Saliceti) rachète les étangs. Saliceti marie sa fille Laurina au marquis de Potenziano du royaume de Sicile. Il fait construire ce qui est actuellement la maison Gavini à Aléria, en face du fort. La chute de Napoléon survient et Saliceti s’enfuit de Corse. Deux familles de Petraserena et Vix, les Pitti-Ferrandi et les Poli prennent possession de l’étang d’Urbino et le gèrent. A la Restauration, Laurina revendique la propriété de l’étang. Débute alors un grand débat juridique. En effet, être propriétaire peut avoir deux définitions : avoir la capacité de vendre le bien et en avoir l’usage. Un procès retentissant suivra. En 1871, la cour d’appel de Bastia propose un arrangement aux parties adverses. L’étang appartiendra à la famille Pitti-Ferrandi jusqu’à la mort du chef de famille, qui interviendra un mois plus tard. Laurina récupère son étang et le revend peu après au député Piccioni de l’Ile-Rousse, qui lui-même le transmettra à sa fille Brigitte, dont la fille, Rose, a épousé un Bronzini de Caraffa.

Conchyliculture

Selon Luc Bronzini elle est pratiquée depuis l’époque romaine. Des coquilles à trou carrés ont été retrouvées. Des vestiges datant du moyen-âge ont également été retrouvés. Des arrêtés du Gouverneur de Bastia interdiront même aux exploitants de vendre au-delà d’un certain pourcentage à l’étranger. Des légendes sont attachées à la conchyliculture comme celle qui prétend que Napoléon consommait des huîtres insulaires pour faire passer des messages dans les coquilles. L’activité est relancée par l’arrière-grand-père de Luc Bronzini en 1896. Son père exerce après la guerre, et Luc Bronzini prend la suite ne 1978.

Une convention de prêt a été signée entre l’Université de Corse, le CNRS et M. Luc Bronzini de Caraffa afin de procéder à la sauvegarde numérique du fonds Bronzini de Caraffa qui a été récupéré et dont la numérisation est achevée.

Il s'agit d'un fonds documentaire privé comprenant des divers éléments depuis la révolution à nos jours : lettres variées, dessins et cartes, cahiers d’exploitation de l’étang d’Urbinu et des étangs voisins de la plaine orientale.

Voici en quelques lignes la description succincte du fonds :

  • Document d’acte de vente à la Révolution
  • Documents de contestation de la vente
  • Documents relatifs à un procès à propos de saisie d’huîtres
  • Documents relatifs à l’activité économique de l’étang
  • Document sur l’état des dépenses de Saliceti
  • Contestation de la nature du bien

Louis XV concède ses grands domaines aux familles. Il y a eu la nationalisation, puis vente aux enchères. Les familles vont défendre l’idée que les concessions qu’avaient faites Louis XV n’étaient que des baux emphytéotiques, c’est-à-dire qu’ils avaient la possibilité d’exploiter, de donner un bail, de tirer revenu, mais qu’ils ne pouvaient pas aliéner le fonds. Ce que Saliceti a acheté ce n’est que le bail emphytéotique, et la seule chose que l’on demande dans ce cas-là, c’est d’exploiter.

  • Document sur les moyens de paiement
  • Document sur l’étang de Diana
  • Action en justice, après la Restauration
  • Document sur la gestion de l’étang : et notamment sur le partage entre propriétaires et pêcheurs (19ème siècle)
  • Inventaire des ressources de l'étang
  • Demande de papiers en Italie (1802)
  • Document familles exploitantes Muracciole et Pitti-Ferrandi
  • Rapport de 1950 sur l’avenir de l’étang, basé sur des données de 1943, notamment (le rapport Lambert)
  • Photo carte de l’étang (de l’époque du marquis de Potenziano, gendre de Saliceti)
  • Grand livre ancien de l’époque du grand-père de Luc Bronzini, au sujet des espèces de poissons (De piscibus)
  • Après Aleria, certains nationalistes contestent les propriétés privées des étangs. Réponse du père de Luc Bronzini à un article de Kyrn d’un nationaliste.
  • Copie d’un dessin sur toile cirée de la bordigue de l’étang de Diana
  • Baux
  • Articles de journaux
  • Document relatif à l’estimation du prix de l’étang
  • Pochette : documents relatifs à la polémique sur la propriété
  • Papiers d’octroi
  • Correspondances entre fournisseurs et clients
  • Calque de la carte du marquis de Potenziano (donne l’idée du comblement et de l’affaissement de l’étang) des étangs d’Urbinu et de Diana
  • Statut civil et criminel de 1602. Annoté, idée de jurisprudence et d’interprétation, trouvé dans une maison de Moltifao.
  • Courriers aux fournisseurs. Après 1871.
  • Livre de compte d’une étude notariale.
  • Un livret rapport avec onglets sur l’exploitation de l’étang de Diana. Avec le nom des familles bastiaises. Années 1895-1896. Liste des équipages. Relevés de consommation de nourritures et de vins.
  • Une carte sur toile cirée
  • Liasse compte de gestion de M. Nicolini, régisseur à Aleria.
  • Cartes diverses