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La mise en place d’un ethnotype corse ?

Les habitants  de l’île sont décrits d’un point de vue moral essentiellement. Cette juxtaposition de traits de caractères  attribués sur leur origine géographique est appelé ethnotype. Est-il cohérent ? Peut-on tracer, à l’issue de la lecture de ces ouvrages, le portrait d’un Corse ?

Avant toute description, les relations entre les caractéristiques du pays et celui des habitants sont mises en avant : « Les manuels développent un discours selon lequel une longue familiarité avec le sol et le climat a forgé la caractère physique et moral des habitants »[1]. Les traits de caractères des habitants résultent donc des spécificités du pays. Ainsi, selon Jérôme Monti, auteur d’une Histoire de la Corse :

« Quel qu’il soit cependant, ce peuple, autochtone ou mélange de diverses races, il a vécu sur un sol particulier, et comme tel, il en a gardé l’empreinte. Tout ce que la terre a produit est en général conforme à la terre »[2]

Ou encore chez Ambrosi :

« Si les Corses différent des autres Français dans leurs activités, dans leurs genres de vie, ils le doivent à la terre où ils se sont fixés »

Photographies issues de la Bibliothèque Municipale d'Ajaccio

Une race corse ?

Selon les travaux de A.M. Thiesse, l’unité française est affirmée parallèlement à sa variété (…) la nouvelle définition de la nation énonce la singularité des entités locales tout en leur déniant un autre mode d’existence que celui de l’intégration dans la patrie.  [3] Cette idéologie se retrouve dans notre corpus

Formation de la population de la France

Nombreux sont les éléments qui ont contribué à former la race française : hommes préhistoriques ; Ligures et Ibères ; Celtes et Kymris appelés communément Gaulois ; Phéniciens et Grecs ; Romains ; Francs ; Arabes ; Normands.

Unité de la population  française  - La géographie du pays a permis la fusion de ces éléments en un seul peuple. (Dodu 1904,p 134)

Existe-t-il une race française ?

Il n’y a pas de race française car la nation française est le résultat du mélange du grand nombre de races, Celtes et anciens Gaulois, Romains, Francs, etc … Il y a encore aujourd’hui des types assez différents parmi les Français, par exemple le breton, le lorrain, le flamand, le franc-comtois, l’auvergnat, le méridional, etc … Mais les progrès de la civilisation et la facilité des communications tendent à uniformiser de plus en plus ces types variés.

La population corse, est également présentée comme un mélange.

La population de la Corse semble venir d’un mélange d’Ibères, de Ligures, de Phéniciens et d’Etrusques. (Guillot, p 116)

Elle est surtout considérée comme un peuple primitif, qui attendrait les lumières de la civilisation, venant de France. On ne peut s’empêcher alors d’établir un rapprochement avec les discours sur la colonisation, très en vogue à l’époque. 

La Corse, considérée en un bloc, est à peu près telle qu’elle sortit des mains du créateur. La physionomie générale  de l’île a quelque chose de si sauvage qu’on dirait, à la vérité, que les Corses ont toujours à peu près vécu seuls. A part quelques modifications, en effet, introduites dans les villes, et par-ci par-là dans les campagnes, vous trouverez chez les habitants la même manière de penser, de voir et d’agir qui caractérise les peuples au berceau.

La Corse, sur ce point, est considérée comme en retard par rapport à l’hexagone et ce, quel que soit la date d’édition du manuel.

En 1841 :

La civilisation a fait peu de progrès dans les campagnes (LC, p. 80, 1841)

En 1890 :

La Corse, dont les rudes et belliqueuses populations gardent encore leur langue (un dialecte italien) et une partie de leurs habitudes nationales, est un pays primitif, mal peuplé, sans industrie mais réservé à un brillant avenir (Pigeonneau, p. 118, 1890) Photo BNF

En 1904 :

Résumé : La Corse est pauvre et mal peuplée. Elle ne prend que lentement les mœurs et la langue de la France  (Ferrand p 34)

Le point de vue des habitants de l’île sur l’évolution des mœurs est radicalement différent et on sent poindre ici une forme de nostalgie : 

Aucun des traits essentiels du caractère insulaire ne s’est à vrai dire sensiblement modifié. La solidarité de la famille, le respect de l’autorité paternelle, remplacée par l’aîné quand le père a disparu, l’attachement au foyer et au sol natal, la fidélité conjugale, le culte des morts, l’hospitalité, le courage, la gravité, la sobriété y sont restée en honneur. (Hantz p 65)

Les traits physiques des insulaires

La description physique est présente uniquement chez Ambrosi-Rostino avec des descriptions, pour le moins, contradictoires.

Photographies issues de la Bibliothèque Municpale d'Ajaccio

La mise en place d'un ethotype corse ? > L'aspect linguistique


[1]THIESSE, A.M. Ils apprenaient la France, L’exaltation des régions dans le discours patriotique, Maison des sciences de l’Homme 1997, p 35

[2]MONTI, p 8

[3]THIESSE, Ils apprenaient la France, L’exaltation des régions dans le discours patriotique, Maison des sciences de l’Homme 1997, p 5