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Identités et Cultures : les processus de patrimonialisation

Les chercheurs du thème « Identités, Cultures : les processus de patrimonialisation » travaillent à la découverte, la reconnaissance et la transmission des savoirs et savoir-faire identifiés en Corse, afin d’inscrire ce capital culturel dans un processus de « patrimonialisation », engageant ainsi des dynamiques de valorisation. La banque de données multidisciplinaire (« Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses ») constitue un outil fondamental de visualisation et d’aide à l’analyse des phénomènes culturels, anthropologiques, archéologiques, historiques, littéraires et linguistiques étudiés depuis plus de vingt ans à l’Université de Corse.

Axe 1. PASSAGES. Migrations linguistiques et littéraires, circulation des idées, des formes et des représentations

L’axe “Passages” regroupe les chercheurs en littérature française et comparée, sciences du langage, langues anciennes, études romanes, études anglophones, traductologie, philosophie, mythographie, anthropologie culturelle, histoire et théorie des arts, histoire du livre, études cinématographiques, intermédialité.

Il s’intéresse à l’histoire des langues, des idées et des représentations pour analyser ce qui se transmet et se transforme en traversant le temps et l’espace, avec pour objectifs :

  • de favoriser une meilleure compréhension des systèmes de pensée et d’expression hérités du passé ou venus d’ailleurs, et permettre une plus juste évaluation critique des effets de leur réappropriation ou de leur rejet.
  • de démontrer pratiquement la fonction sociale des arts et du langage, dont la diversité structurelle et opératoire se laisse difficilement appréhender par des approches mono-disciplinaires.
  • d’inscrire dans une continuité dynamique les concepts de tradition et de patrimoine immatériel.

La diversité des méthodes et des objets d’étude des chercheurs associés à cet axe permet une transversalité qui lui donne sa cohérence et favorise l’inter-relation croisée entre les disciplines, entre les époques, entre les langues et les territoires culturels, en invitant à transformer les frontières en lieux de passages et de circulation. Diverses manières de voir, de vivre et de penser sont ainsi mises en perspective selon la logique des “humanités”, tout en préservant l’autonomie de champs de recherche connexes qui se soutiennent et s’enrichissent mutuellement. 

Les opérations actuellement menées par les chercheurs et doctorants réunis dans cet axe sont articulées autour trois thématiques principales :

- Itinéraires linguistiques (lexicologie, intercompréhension, langues de contact)
- Traditions et représentations (oralité, mythes et histoire, insularité, exil, territoires littéraires)
- Echanges interculturels (frontières du politique, pensée de l’art, littérature et cinéma, musique et poésie, migrations de textes, de symboles et de langages)

Axe 2 : Transformation des savoirs et des pratiques culturelles

Opération 1 : Politiques linguistiques : les langues d’enseignement en contexte biplurilingue.

Les langues portent des traditions culturelles, religieuses, ethniques, vecteurs d’affirmation d’identités infranationales ou supranationales qui peuvent entrer en tension avec la constitution historique des États. Or, le choix des langues de l’administration, de la justice, d’enseignement, etc., relève des gouvernements nationaux. Dans ces conditions, les questions linguistiques sont souvent des questions socialement vives, qui posent difficulté dans les sphères d’activité où elles sont mobilisées. Les actions envisagées, publications, colloques, cycles de conférences, productions de données et d’outils, aide à la décision politique, ont pour objectif de mettre au jour les variants et les invariants des politiques linguistiques dans les espaces géopolitiques étudiés, leurs effets en termes de droits, en termes d’insécurité linguistique, et d’inégalités. Il s’agira notamment, en milieu scolaire, de déterminer les outils à mettre à la disposition des enseignants et des élèves afin de rendre opératoire l’offre d’éducation bi-plurilingue.

Opération 2 :

La diversité culturelle intègre la question des langues dans une perspective plus générale. En contexte multiethnique, multiculturel et plurilingue, comment sélectionner les savoirs étant appelés à constituer un bien commun culturel ? Les objets qui vont constituer le corpus de cette opération sont des pratiques culturelles désignées par les acteurs de la société civile à l’échelle du territoire. Ces acteurs peuvent être les médias, la vie associative ou sportive, les pratiques religieuses ou encore l’institution scolaire. L’objectif des recherches est de comprendre les conditions d’appropriation et d’échange des cultures. Les opérations de transfert vers la société civile devront favoriser l’accès à la diversité culturelle

Axe 3 : Paysages. Approche historique, archéologique et anthropologique de l’espace insulaire

Cet axe regroupe des historiens médiévistes et modernistes, des historiens du droit, des archéologues et des anthropologues autour de l’étude diachronique et pluridisciplinaire du territoire insulaire. La notion de « paysages » s’entend ici à la fois dans son versant objectif, puisqu’il s’agit d’éclairer l’occupation du territoire aux époques préhistorique, médiévale et moderne, en croisant sources archivistiques et vestiges archéologiques, et dans son versant subjectif puisque l’étude porte également sur les représentations de ce territoire. 

Cette approche croisée de l’espace insulaire vise ainsi à répondre à un triple objectif :

  • Reconstituer les strates historiques des paysages corses dans une perspective de patrimonialisation
  • Inscrire le lien entre territoire et identité dans une profondeur historique permettant de souligner les ruptures et les continuités
  • Replacer la Corse dans son contexte méditerranéen en s’interrogeant sur la connectivité des sociétés insulaires aux temps préhistorique, médiéval et moderne

En tant qu’île de la Méditerranée occidentale, la Corse s’offre ainsi comme un modèle opératoire pour éclairer la dimension historique de la notion d’insularité. Centrés sur la dialectique entre ouverture et fermeture propre aux espaces insulaires, les travaux porteront à la fois sur les paysages ruraux de l’intérieur de l’île et sur les villes littorales ; sur l’intégration de l’île aux réseaux d’échange méditerranéens (circulations des techniques, des produits et des idées) ; et sur les questions politiques (relations entre la Corse et les puissances méditerranéennes).